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Et après... un programme européen dédié au mélanome de l'uvée

Céline Giustranti
26/03/2017
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Le mélanome de l'uvée est une priorité pour l'Institut Curie. Pour preuve, plusieurs programmes de recherche lui sont dédiés.

UM cure 2020, c’est le nom du projet européen H2020 que coordonne Sergio Roman-Roman, chef du département de recherche translationnelle à l’Institut Curie. Sa mission : encourager la recherche sur le mélanome de l’uvée et identifier des pistes thérapeutiques pour les formes métastatiques.

 

UM Cure pour lutter contre les métastases

UM Cure 2020 doit analyser des prélèvements tumoraux pour y trouver des cibles thérapeutiques et des biomarqueurs pour identifier les patients les plus à risque de développer des métastases, ainsi que ceux susceptibles de bénéficier des nouvelles approches thérapeutiques.

Coordonné par l’Institut Curie, et impliquant 11 autres partenaires européens, UM Cure 2020 a reçu un financement de 6 millions d’euros dans le cadre du programme-cadre de l’Union européenne pour la recherche et l'innovation. Son objectif est d'identifier dans un délai de 5 ans de nouvelles approches thérapeutiques.

Notre ambition avec ce projet est d’augmenter de manière significative la survie des patients atteints de mélanome uvéal métastatique. Aucun progrès n’a été réalisé dans ce domaine au cours des dernières décennies. Nous sommes pleinement conscients que c’est un projet ambitieux. Mais, compte-tenu des avancées cognitives récentes sur cette pathologie et des travaux de recherche prévus dans le cadre du projet, nous pensons que c’est totalement réalisable, poursuit le coordinateur du projet, Sergio Roman-Roman. Notre objectif est donc d'initier un essai clinique dès 2018.

A terme, les médecins et les chercheurs ambitionnent de valider au niveau préclinique de nouvelles approches thérapeutiques contre les formes métastatiques de ces cancers.

 

Un PIC3i pour comprendre la formation des métastases

L'Institut Curie finance par ailleurs sur fonds propres et pour grande partie par la générosité publique un programme de recherche, un PIC3i. Son objectif est de décrypter un nouveau mode dissémination tumorale. 

"On soupçonne désormais l’existence d’un autre mode de dissémination pour ce cancer", rapporte Filippo Del Bene, chef de l’équipe Développement des circuits neuronaux (CNRS/Inserm/Institut Curie)et coordinateur de ce programme. En effet, Claire Lugassy et Raymond Barnhill (Institut Curie) ont démontré, dans les mélanomes de la peau, l’existence d’une autre voie de métastases par migration progressive de cellules cancéreuses le long de la paroi externe des vaisseaux (angiotropisme), sans entrer dans la circulation sanguine. Ils ont donné le terme de "migration métastatique extravasculaire" à ce mode de migration, par opposition à la dissémination intravasculaire. Récemment, ces mêmes chercheurs, pionniers de la migration extravasculaire, ont montré que ce mode de propagation pouvait également exister dans les mélanomes de la choroïde.La finalité de ce projet est de mieux comprendre les conditions de migration métastatique dans ce cancer.