protonthérapie

Le mélanome de l'uvée, des pronostics très variables

Emilie Gillet
08/01/2020
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Le mélanome de l’uvée est le cancer de l’oeil le plus fréquent chez l’adulte, avec 500 à 600 nouveaux cas par an diagnostiqués en France.

Il se développe dans les mélanocytes de l’uvée, ces cellules qui contiennent de la mélanine, un pigment qui protège contre les rayons UV du soleil. Dans près de 90 % des cas, les mélanocytes atteints sont situés au niveau de la choroïde, la partie postérieure de l’uvée qui recouvre la rétine. Au début, le développement d’un mélanome de la choroïde ne s’accompagne d’aucun symptôme, et il n’est découvert que de façon fortuite lors d’un examen banal de type fond de l’oeil.

Par la suite, ce sont les symptômes du décollement de la rétine provoqué par la tumeur, tels qu’une baisse d’acuité visuelle, des flashs lumineux ou une tache dans le champ visuel, qui inciteront le patient à consulter. En Europe, le traitement conservateur actuel repose beaucoup sur la protonthérapie, une forme de radiothérapie ultra-précise qui permet d’épargner les tissus sains à proximité.

les cancers de l'oeil

 

 Il faut un très grand niveau d’expertise et les installations adéquates pour la réaliser

 précise le Dr Ann Schalenbourg

A Lausanne, il collabore avec l’Institut Paul Scherrer de Villigen pour la mise en oeuvre de ce traitement. En France, seuls l’Institut Curie avec le centre de protonthérapie d’Orsay et l’Institut Lacassagne de Nice sont capables de traiter ainsi les mélanomes de l’uvée. « Cela permet un contrôle local de la tumeur primaire dans 95 à 98 % des cas, et le risque de récidive locale à 10 ans est extrêmement faible. Des traitements complémentaires doivent cependant être mis en oeuvre pour limiter au maximum la perte de vision de l’oeil soigné. » Reste que pour 30 à 50 % des malades, des métastases peuvent se développer, le plus souvent au niveau du foie, parfois plus de 10 ans après le traitement initial. Or la découverte de ces tumeurs secondaires est associée à un mauvais pronostic car les traitements actuels sont peu efficaces pour les contrôler.