Manipulation des labos

L’équilibre immunitaire en ligne de mire

Catherine Brun
18/11/2019
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Philippe Pierre de poursuivre : « La clé de cette première réussite ? La découverte de freins naturels du système immunitaire, que les cellules tumorales détournent à leur profit. »

Il s’agit de protéines qui inhibent l’activité des lymphocytes T, les globules blancs chargés d’orchestrer la destruction des pathogènes et des cellules tumorales. Une fois activées, ces protéines, appelées « checkpoints » ont deux rôles essentiels : stopper la réponse immune une fois sa « mission » accomplie (comme la destruction d’un virus) pour éviter que le système ne s’emballe; et éviter que le système immunitaire ne se retourne contre lui-même (auto-immunité). Les cellules cancéreuses sont capables d’activer ces checkpoints, ce qui a pour conséquence d’endormir les défenses immunitaires qui auraient pu les éliminer. Ces avancées majeures ont été couronnées par le prix Nobel de physiologie et médecine en 2018, attribué conjointement à l’Américain James Allison et au Japonais Tasuku Honjo. Le premier s’est intéressé à une molécule baptisée CTLA-4 et le second PD-1, deux checkpoints situés à la surface des lymphocytes T. En bloquant l’un ou l’autre via un anticorps spécifique, ils sont parvenus à relancer l’activité du système immunitaire contre les cellules tumorales. Depuis, les recherches avancent à grands pas et d’autres modes d’inhibition de la réponse immunitaire ont été révélés. Tous ces mécanismes, qui régulent très finement le système immunitaire, sont les garants d’un subtil équilibre, entre défense contre les agressions et tolérance immune envers le « soi » (respect de l’intégrité de l’organisme).