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Qu'est-ce que le système immunitaire ?

Céline Giustranti
23/03/2017
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Confronté aux assauts de l’extérieur (infection virale ou bactérienne), l’organisme se défend en activant son système immunitaire. Souvent comparé à une armée, ce dispositif est très complexe. Il est capable de mobiliser plusieurs types de cellules et de produire des molécules pour défendre notre organisme.

Le système immunitaire dispose de deux lignes de défense. La première est l’immunité innée : dépourvue de mémoire, elle veille en permanence afin de détecter les cellules anormales, tumorales ou infectées par un virus.

La deuxième, plus longue à mettre en place, est l’immunité adaptative, spécifiquement dirigée contre l’ennemi. Elle nécessite une phase "d’apprentissage" de 5 à 7 jours au cours de laquelle les lymphocytes T et B – et tout particulièrement les cellules-tueuses de l’organisme, les lymphocytes T CD8+ – apprennent à reconnaître la cible à éliminer.

Grâce à cet apprentissage, le "profil" de l’ennemi est gardé en mémoire et l’organisme est prompt à réagir lors d’une seconde rencontre. C’est donc au fil du temps que se développe une immunité adaptative performante, ce qui explique que les jeunes enfants soient particulièrement sensibles aux infections. Progressivement ils acquièrent une mémoire et donc la capacité de réagir aux agents infectieux. La vaccination se base sur cette capacité du système immunitaire à mémoriser un ennemi pour réagir promptement.

 

Le long processus d’apprentissage

Pour déclencher cette réponse immunitaire adaptative, il faut tout d’abord repérer l’adversaire et en isoler un fragment caractéristique, un antigène. Ce sont les cellules dendritiques qui assurent ce double rôle. Après avoir détecté une cellule potentiellement dangereuse car par exemple infectée par un virus, elles l’ingèrent partiellement et la décomposent.

C’est parmi ces "morceaux" que se trouve l’antigène qui servira à caractériser le virus et à être reconnus par le système immunitaire. Il s’agit généralement d’un fragment de protéine. L’antigène est ensuite véhiculé vers un compartiment cellulaire (réticulum endoplasmique), où il s’associe avec des molécules transporteuses (Complexe Majeur Histocomptabilité, CMH). Il est alors amené vers la surface des cellules dendritiques pour être présenter au système immunitaire.

En possession de ce morceau caractéristique de l’intrus, les cellules dendritiques migrent ensuite vers les ganglions lymphatiques, le quartier général du système immunitaire, où se trouvent les lymphocytes T.

L’antigène sert à apprendre aux lymphocytes T à reconnaître l’ennemi qu’ils devront éliminer. La rencontre entre une cellule dendritique et un lymphocyte T et la reconnaissance de l’antigène niché dans une molécule du CMH et le récepteur du lymphocyte T va déclencher la multiplication et l’activation des lymphocytes T. Une fois informés, ces derniers déclenchent des hostilités ciblées, afin de débarrasser l’organisme des bactéries, des cellules tumorales ou des cellules infectées par un virus.

Notre système immunitaire peut ainsi éliminer tout intrus étranger à notre  organisme, puisque sa fonction première est de combattre les microbes (virus, bactéries...). Ce qu’il sait très bien faire, puisqu’en 48 heures il est capable d’éliminer un virus sans aucune aide extérieure. Il rencontre parfois des difficultés et échoue. C’est notamment le cas avec les cellules tumorales.