Laboratoire

Vers l'immunothérapie de précision

Catherine Brun
18/11/2019
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Il existe de très nombreuses variations entre les individus et entre les tumeurs, pour un
même type de cancer. L’immunothérapie doit idéalement être adaptée au profil immunitaire de la tumeur et au micro-environnement tumoral.

Jérôme Galon, directeur de recherche Inserm au Centre de recherche des Cordeliers, à Paris, a en effet découvert que plus le micro-environnement est infiltré par les cellules immunitaires (tumeur dite « chaude »), meilleure est l’espérance de vie du patient. Il a ainsi développé un test pronostique très fiable, l’Immunoscore®, commercialisé par la société HialoDx qu’il a fondée en 2014 : en quantifiant certaines populations de lymphocytes T dans ce micro-environnement, il prédit l’évolution de la tumeur et le risque de récidive, et permet d’adapter le traitement en conséquence ; le pouvoir pronostique de ce système de stratification immunitaire standardisé a été validé pour le cancer colorectal. Lorsque la tumeur est « froide », c’est-à-dire peu infiltrée par les cellules immunitaires, une stratégie qui combine thérapie génique et cellulaire peut être envisagée : la thérapie cellulaire adoptive. Il s’agit de réinjecter au patient ses lymphocytes T prélevés puis génétiquement modifiés en laboratoire de manière à reconnaître sa tumeur et la détruire. Ces « cellules-médicaments », appelées CAR-T cells sont déjà utilisées avec succès dans des cancers hématologiques (leucémies, lymphomes). Les chercheurs tentent actuellement d’améliorer cette technique personnalisée.

L’immunothérapie anticancéreuse n’en est qu’à ses balbutiements, mais est déjà prometteuse. Il est à parier que les outils en développement aujourd’hui permettront la prochaine révolution thérapeutique en oncologie.