Actualité - Cancers digestifs

Cancer du côlon : prendre 5 minutes pour le détecter

Nathalie Boissière
07/11/2016
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Deuxième cancer le plus meurtrier, le cancer du côlon se guérit pourtant dans 9 cas sur 10 s’il est détecté à un stade précoce. L’Institut national du cancer (INCa) lance une nouvelle campagne pour inciter au dépistage.
Consultation-generaliste

Chez les personnes de 50 ans et plus, le dépistage du cancer du côlon, basé sur la recherche d'un saignement occulte dans les selles, avant même l’apparition du moindre symptôme digestif, est un atout. Il permet de détecter des lésions précancéreuses et de les traiter, donnant alors toutes les chances de guérison au patient. Avec 42 000 nouveaux cas par an, le cancer colorectal se situe, tous sexes confondus, au 3e rang des cancers les plus fréquents : le 2e chez les femmes et le 3e chez les hommes. Il survient en grande majorité chez les personnes âgées de plus de 50 ans. "D’après les estimations, le nombre de cancers colorectaux devrait atteindre 45 000 nouveaux cas annuels en 2020", déplore l’INCa.

Un nouveau test basé sur une technique immunologique est désormais proposé aux personnes âgées de 50 à 74 ans, tous les 2 ans, dans le cadre du dépistage organisé. Le nombre de tests réalisés chaque semaine a augmenté au printemps 2016 mais une baisse estivale a été constatée. Profitant de l’automne, période propice aux consultations médicales, l’Inca, en partenariat avec le ministère de la Santé, lance en novembre 2016 un dispositif d'information sur le dépistage organisé du cancer colorectal. Ce dispositif complète la campagne diffusée habituellement en mars et désormais reconnaissable au ruban bleu.  La campagne rappelle l'enjeu majeur de ce dépistage, "2e cancer le plus meurtrier", et son bénéfice : détecté tôt, le cancer colorectal se guérit dans 9 cas sur 10. Elle conclut sur la nécessité d'aborder le sujet avec son médecin, dès l'âge de 50 ans.

Depuis juin 2015, dans l’Ouest parisien, les hôpitaux Ambroise-Paré (AP-HP) et René-Huguenin de l’Institut Curie mettent en commun leurs compétences et leurs moyens pour dépister et traiter les patients atteints de cancers digestifs, dont les cancers colorectaux, en couvrant tous les domaines de la prise en charge.

  • L’hôpital Ambroise-Paré (Boulogne-Billancourt) assure le dépistage endoscopique qui intervient après le test immunologique pour poser le diagnostic, le traitement chirurgical des tumeurs digestives, l’adaptation des stratégies thérapeutiques aux sujets âgés ainsi que la radiologie diagnostique et interventionnelle.
  • L’hôpital René-Huguenin (Saint-Cloud) assure l’imagerie nucléaire et prend en charge les patients pour les traitements par radiothérapie et chimiothérapie sur des plateformes des plus perfectionnées et selon des protocoles qui englobent les derniers acquis des thérapies ciblées sans oublier l’accès à l’immunothérapie. L’Institut Curie est également centre de référence en oncogénétique (dépistage et prise en charge).

Depuis novembre 2015, l’Institut Curie assure une consultation "hors les murs" à l’hôpital Ambroise-Paré. "Ce partage de compétences et cette complémentarité efficace sont gages d’une meilleure prise en charge pour les patients", se réjouit le Dr Wulfran Cacheux, oncologue digestif et médecin responsable dans la prise en charge des cancers digestifs à sur le site de Saint-Cloud de l’Institut Curie et à Ambroise-Paré. "Cette filière structurée entre nos deux hôpitaux a déjà permis de prendre en charge plus de 300 patients et de réaliser plus de 2000 consultations depuis la mise en place de cette collaboration. Elle offre une prise en charge rapide et des rendez-vous coordonnés entre les deux hôpitaux."

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