Innovation

Cancers féminins résistants : le projet prometteur du Dr Raphaël Ceccaldi récompensé

29/06/2026

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Raphael Ceccaldi

Félicitations au Dr Raphaël Ceccaldi, chef d’équipe de recherche à l’Institut Curie, dont le projet vient d’être récompensé par la Fondation pour l’Innovation Thérapeutique Béatrice Denys, placée sous l’égide de la Fondation pour la Recherche Médicale. Le chercheur et son équipe ont identifié une enzyme clé du mécanisme de réparation de l’ADN. Cette découverte prometteuse a mené à la création d’Unguard Therapeutics, spin-off de l’Institut Curie. À la clé ? De nouvelles stratégies thérapeutiques contre les cancers du sein et de l’ovaire, particulièrement agressifs et résistants aux traitements conventionnels.

« Cette distinction vient saluer le rôle crucial de la recherche fondamentale. Comprendre les mécanismes de la vie à l’échelle moléculaire, sans viser d’emblée une application médicale, permet de faire émerger des pistes thérapeutiques concrètes. C’est une belle reconnaissance pour la science, et un vrai espoir pour les patientes. »

Dr Raphaël Ceccaldi, chef de l’équipe Mécanismes alternatifs de réparation de l'ADN dans les cancers (Unité Chimie biologie des cancers (Inserm U1339 / CNRS UMR3666) à l'Institut Curie.

En 2022, l’Organisation mondiale de la santé estimait à près de 2,3 millions le nombre de nouveaux cas de cancers du sein et le cancer de l’ovaire dans le monde[1]. Ces cancers, agressifs et au pronostic souvent défavorable, restent difficiles à traiter en raison de leur grande instabilité génomique, qui limite les options thérapeutiques. En cause : dans la moitié des cas, ces cellules cancéreuses présentent des défauts dans les mécanismes de réparation de l’ADN, principalement liés à des mutations des gènes BRCA. Incapables de réparer efficacement leur ADN, ces cellules s’appuient sur des voies de réparation alternatives pour maintenir leur survie.

Lauréat de la Fondation pour l’Innovation Thérapeutique Béatrice Denys[2], le Dr Raphaël Ceccaldi s’est vu attribuer une subvention de 100 000 euros pour son projet DISARM, dédié au ciblage de ce défaut de réparation de l’ADN. Placé sous l'égide de la Fondation pour la Recherche Médicale et soutenue par Turenne Capital , ce programme soutient des projets scientifiques d’excellence destinés à apporter un bénéfice thérapeutique aux patients, aux professionnels de santé et aux systèmes de soin dans les domaines du cardiovasculaire, de l’oncologie et de la neurologie.

Le projet DISARM s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’Institut des Cancers des femmes, porté par l’Institut Curie, l’Université PSL et l’Inserm, dont l’ambition est de développer des approches thérapeutiques innovantes, ciblées et personnalisées pour guérir toujours plus de patientes atteintes de cancers féminins. 

Unguard Therapeutics : de nouvelles stratégies thérapeutiques contre les cancers résistants

Le Dr Ceccaldi et son équipe ont montré que la présence d’uracile dans le génome altère fortement la survie des cellules tumorales dans un sous-type de cancers du sein et de l’ovaire. 

« Les cellules tumorales porteuses de mutations BRCA1/2 sont déjà fragilisées sur le plan de la réparation de l’ADN.  Forcer l’incorporation d’uracile dans le génome permet d’éliminer sélectivement les cellules cancéreuses, et notamment celles résistantes aux traitements actuels, tout en préservant les cellules saines, » explique le chercheur.

Si cette stratégie s’avère particulièrement prometteuse pour traiter les cancers du sein et de l’ovaire résistants aux traitements conventionnels (comme les inhibiteurs de PARP ou la chimiothérapie), elle pourrait également s’appliquer à d’autres formes de cancer présentant les mêmes anomalies dans les mécanismes de réparation de l’ADN. Cette approche unique, accompagnée par les équipes de la direction de la Valorisation et des partenariats industriels de l’Institut Curie, a conduit à la création d’Unguard Therapeutics, spin-off de l’Institut Curie cofondée par le Dr Raphaël Ceccaldi.

Le financement obtenu va permettre de valider l’efficacité de molécules d’intérêt développées par le laboratoire en phase préclinique, afin d’identifier les candidats les plus prometteurs. Ces molécules seront ensuite transférées à Unguard Therapeutics afin d’accélérer leur passage vers les essais cliniques et de porter cette innovation jusqu’aux patients atteints de cancers résistants.
 

Lire le communiqué de presse de la fondation Béatrice Denys

[1]https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/breast-cancer

[2] Créée en 2006 et entièrement animée par les équipes Turenne Santé, la Fondation Béatrice Denys a vocation à soutenir financièrement et bénévolement des initiatives issues de la recherche académique médicale, composées autour d’un ou deux chercheurs, afin de constituer une entreprise.