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Chirurgie du sein : un essai clinique pour réduire les douleurs post-opératoires

Anne Coppola
19/02/2019
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L’équipe du Dr Aline Albi-Feldzer va participer à un essai clinique randomisé, multicentrique, en double aveugle, afin d’évaluer l’efficacité du bloc interpectoral (Pecs 1 et 2) versus placebo sur la douleur après chirurgie du sein.
Chirurgie du sein

Aline ALBI- FELDZER : « MIRs 04 : Essai clinique randomisé, multicentrique, en double aveugle, évaluant l’effet du bloc nerveux interpectoral (Pecs 1 et 2) avec la ropivacaine versus placebo sur la douleur aigue après chirurgie carcinologique du sein »

Chaque année, sur plus de 50 000 nouveaux cas de cancer du sein diagnostiqués, 80% de ces femmes sont opérées. Ces dernières années, le développement de nouvelles techniques analgésiques a modifié le traitement de la douleur post-opératoire, améliorant ainsi la prise en charge après chirurgie mammaire et le parcours patient. L'anesthésie générale est la technique de référence mais une anesthésie loco-régionale (avec injection d’un anesthésique local, en complément de l’anesthésie générale) est recommandée pour réduire la douleur postopératoire, la consommation d’antalgiques (dont la morphine) et leurs effets secondaires, tels que nausées et vomissements. Elle pourrait aussi être bénéfique à long terme pour diminuer les douleurs chroniques. Il existe plusieurs techniques d’anesthésie régionale, mais le manque d’études évaluant leurs bénéfices rend pour le moment difficile la mise en place de recommandations pour déterminer les indications selon le type de chirurgie.

L’équipe du Dr Aline Albi-Feldzer, anesthésiste à l’Institut Curie, mène depuis plusieurs années des études visant à comparer ces différentes techniques d’anesthésie. Aujourd’hui, trois sont utilisées : l’infiltration (efficace sur la douleur aiguë mais peu sur les douleurs chroniques), le bloc paravertébral thoracique ou BPV (plus difficile à réaliser, recommandé pour une chirurgie majeure du cancer du sein, efficace sur la douleur aiguë et chronique) et enfin le bloc interpectoral (Pecs de type I et de type II). Ce dernier, récemment développé dans la chirurgie du sein, est une technique peu invasive et facilement réalisable mais encore non évaluée sur un grand nombre de patientes. Grâce au financement du ministère de la Santé, obtenu dans le cadre du PHRC-K 2018, un vaste essai clinique randomisé multi-centrique va évaluer son efficacité pour réduire la douleur post-opératoire après chirurgie mammaire. Ce bloc pourrait être particulièrement indiqué dans le cas d’une chirurgie mammaire conservatrice avec technique du ganglion sentinelle, dans le cadre d’une prise en charge en ambulatoire. Evaluer ces méthodes permettra à terme d’établir des recommandations de prise en charge de la douleur postopératoire après chirurgie mammaire, selon le type de chirurgie.

Qu’est-ce que le PHRC-K ?

Chaque année, depuis 1993, la direction générale de l’offre de soins (DGOS) lance un appel à projets national de recherche permettant aux équipes hospitalières de déposer des dossiers en vue d’obtenir un important financement pour mener un programme de recherche clinique en cancérologie (PHRC-K), en recherche interventionnelle en santé des populations (RISP) ou en recherche translationnelle (PRT-K). La sélection des dossiers est organisée par la DGOS, sur proposition de l’Institut national du cancer (INCa). Le Programme hospitalier de recherche clinique en cancérologie (PHRC-K) finance des projets de recherche dont les résultats doivent directement permettre une modification de la prise en charge des patients. Ces recherches sont indispensables pour mieux comprendre, diagnostiquer et traiter les maladies.

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