Actualité - Epigénétique et génétique

Congrès sur les télomères

Céline Giustranti
19/10/2016
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Quel est le point commun entre le vieillissement, le cancer et la progeria ? Les télomères. Malgré leur rôle majeur, l’extrémité des chromosomes, n’avait pas encore de grand rendez-vous international.
télomères

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Du 19 au 21 octobre 2016, les plus grands spécialistes mondiaux des télomères se donnent rendez-vous à l’Institut Curie à l’initiative d’Arturo Londoño-Vallejo, chef de l’équipe Télomères et cancer (CNRS/Institut Curie) et de la Société française de génétique. Les télomères sont des séquences répétées d’ADN qui se situent à l’extrémité des chromosomes. Tels une horloge biologique, ils s’érodent à chaque division de la cellule et indiquent ainsi son âge. Dès lors qu’ils atteignent une taille critique, la cellule doit arrêter ses divisions afin d‘éviter que l’érosion ne touche le matériel génétique contenant l’information nécessaire à son bon fonctionnement, qui se trouve juste après les télomères. 

Des embouts qui comptent

"Lors de ce congrès, il sera question du fonctionnement des télomères, de leur maintien et de leur dégradation dans les cellules, mais aussi de vieillissement puisque les embouts des chromosomes sont étroitement associés à ce mécanisme, et de cancer, explique Arturo Londoño-Vallejo. Dans une cellule normale, la présence de télomères anormalement courts bloque la croissance et entraîne un vieillissement cellulaire. En revanche, dans les cellules tumorales, les mécanismes qui commandent cet arrêt ne fonctionnent pas. Il s’en suit une accumulation de télomères trop courts et une multiplication d’anomalies dans les chromosomes."

Depuis 1970 et les premières évocations de l’existence des télomères, les découvertes et la compréhension des mécanismes autour des télomères se multiplient. Ils ont même été auréolés du Prix Nobel de médecine en 2009, décerné à Elizabeth Blackburn, Jack Szostack et Carol Greider pour l'identification de la télomérase en 1985. Cette protéine assure notamment dans les cellules souches le maintien des télomères. Depuis lors, d’autres mécanismes assurant la bonne conservation de ces embouts ont été découverts. "Il reste encore beaucoup à découvrir autour de ces structures, enchaîne le chercheur. Bien évidemment, nous collaborons déjà entre spécialistes, à l’image d’Elizabeth Blackburn qui vient régulièrement en séjour sabbatique à l’Institut Curie. Mais ce congrès va nous permettre de renforcer encore les liens existants et ainsi d’accélérer les avancées sur ces extrémités des chromosomes aux rôles multiples et sources d’espoir pour lutter contre le vieillissement et de nombreuses pathologies."