Actualité - Immunothérapie

L’immunothérapie, une révolution à mieux appréhender

Webmaster
04/05/2017
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L’immunothérapie, cette nouvelle piste de traitement contre le cancer, doit être mieux comprise pour pouvoir être proposée au maximum de patients. Une étude menée à l’Institut Curie remet l’accent sur ce point. 
Recherche Clinique à l'Institut Curie - Consultation du Dr Christophe LE TOURNEAU

Recherche Clinique à l'Institut Curie. Consultation du Dr Christophe LE TOURNEAU, oncologue médical, responsable des essais précoces à l'Institut Curie. La recherche clinique désigne l’ensemble des…

Notre système immunitaire, qui assure notre défense contre la maladie, paraissait désarmé il y a encore quelques années pour combattre le cancer. Les recherches en immunothérapie permettent de corriger cette déficience : il est désormais possible d’apprendre au système immunitaire à reconnaitre et à détruire les cellules cancéreuses. Les lymphocytes retrouvent leur capacité initiale à combattre la tumeur au lieu de la protéger.

Actuellement, parmi les immunothérapies, ce sont les anticorps qui ciblent la voie de signalisation PD1/PD-L1 qui semblent les plus prometteurs.

Ces molécules sont très efficaces chez 10 à 20% des patients, tous types de cancers confondus et ce, pendant plusieurs mois ou années. Ce résultat est toutefois à nuancer car une majorité de patients ne répondent pas au traitement. En effet, une étude menée par le Pr Christophe Le Tourneau, oncologue médical et responsable des essais précoces à l’Institut Curie, parue dans la revue Annals of Oncology, révèle que sur une minorité non négligeable des cancers ORL, le traitement induit même une accélération de la croissance tumorale. Une publication similaire portant sur l’ensemble des cancers avait préalablement démontré que ce phénomène d’accélération existe chez 9% des patients tous cancers confondus.

D’après Christophe Le Tourneau : cette progression tumorale observée chez 30% des patients atteints de cancers ORL traités par immunothérapie survient principalement chez des patients ayant une récidive locale sur une zone traitée par radiothérapie, sans que l’on puisse donner aujourd’hui une explication.

L’immunothérapie a montré de formidables capacités pour traiter certains patients. Néanmoins, ce résultat démontre l’importance de poursuivre la recherche afin d’identifier notamment les patients qui vont répondre à l’immunothérapie de ceux susceptibles de mal réagir. « Il s’agit donc de trouver des biomarqueurs afin d’identifier ces patients hyperprogresseurs » ajoute l’oncologue médical.

C’est notamment l’un des défis du tout nouveau Centre d’Immunothérapie qui vient de voir le jour en France. Les 140 médecins, chercheurs et soignants qui œuvrent dans ce centre unique en son genre, se sont en effet engagés à mettre en place des essais précoces et à étudier des associations de traitements qui pourraient augmenter l’efficacité thérapeutique.

  • Découvrir de nouveaux biomarqueurs prédictifs de la réponse au traitement.
  • Comprendre les mécanismes d’action des immunothérapies et pourquoi certains patients y répondent ou d’autres pas.

Hyperprogression during anti-PD-1/PD-L1 therapy in patients with recurrent and/or metastatic head and neck squamous cell carcinoma
E. Saâda-Bouzid, C. Defaucheux, A. Karabajakian, V. Palomar Coloma, V. Servois, X. Paoletti, C. Even, J. Fayette, J. Guigay, D. Loirat, F. Peyrade, M. Alt, J. Gal, C. Le Tourneau
Annals of Oncology DOI: https://doi.org/10.1093/annonc/mdx178, 13 April 2017

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