Actualité - Immunothérapie

Prédire l’efficacité des immunothérapies

Céline Giustranti
15/05/2017
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Les promesses de l’immunothérapie vont de pair avec la mise au point de biomarqueurs prédisant leur efficacité. Un rôle que semble pouvoir tenir l’ADN tumoral circulant, isolé à partir d’une simple prise de sang.
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Savoir rapidement si un traitement est efficace est un enjeu majeur. D’autant plus avec les dernières-nées des immunothérapies de types anticorps anti-PD-L1 et PD-L1. Car si on observe des résultats très efficaces chez 10 à 20% des patients avec ces immunothérapies, tous types de cancers confondus et ce, pendant plusieurs mois ou années, certains patients, quant à eux, ne répondent pas, et parfois une progression tumorale est même constatée.

> L’immunothérapie, une révolution à mieux appréhender

« L’imagerie n’apporte pas toujours une réponse suffisamment tôt et précise de la réponse au traitement, explique le Dr François Clément Bidard, oncologue médical à l’Institut Curie. Nous nous sommes donc penchés sur le potentiel de l’ADN tumoral circulant (ADNtc). »

Lors de son développement, une tumeur « rejette » dans le sang certaines de ses cellules et du matériel génétique, de l’ADN. On parle alors de cellules tumorales circulantes et d’ADNtc. Grâce notamment aux travaux des Pr Jean-Yves Pierga et François-Clément Bidard à l’Institut Curie, on sait que repérer l’un ou l’autre semble être un indicateur :

  • des risques de risque de rechute et de survenue de de métastases
  • de l’efficacité thérapeutique

L’ADNtc, indicateur de la réponse aux immunothérapies

« Nous avons voulu savoir si l’évolution du taux d’ADNtc dans le sang des patients traités par des anticorps anti-PD-L1 et PD-L1 pouvaient prédire l’efficacité du traitement », complète le médecin-chercheur. Chez les patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules, de mélanome de l’uvée ou d’un type de cancer du côlon, le taux d’ADNtc semble un bon indicateur de la réponse aux traitements et en outre être étroitement lié à la taille de la tumeur. D’ailleurs, dès lors que l’ADNtc n’est plus repérable chez un patient, celui-ci présente une réponse durable au traitement.

C’est la première étude qui met en évidence le potentiel de l’ADNtc pour prédire la réponse aux toutes nouvelles immunothérapies. « Cette preuve de concept est extrêmement importante car l’un des enjeux autour des immunothérapies est désormais de trouver des biomarqueurs afin d’identifier les patients qui répondent des autres, et ainsi éviter des traitements inutiles à ces derniers », ajoute François-Clément Bidard.

Parallèlement, les recherches sur l’immunothérapie doivent donc se poursuivre pour :

  • Découvrir d’autres nouveaux biomarqueurs prédictifs de la réponse au traitement.
  • Comprendre les mécanismes d’action des immunothérapies et pourquoi certains patients y répondent ou d’autres pas.

C’est notamment l’un des enjeux du Centre d’immunothérapies des cancers de l’Institut Curie.

Au-delà des immunothérapies, c’est aussi une preuve supplémentaire de l’importance des biomarqueurs circulants, qu’ils s’agissent des cellules tumorales circulantes et de l’ADNtc, en cancérologie. En savoir plus sur un cancer, son évolution ou la réponse au traitement à partir d’une simple prise de sang, est une promesse qui devient de plus en plus souvent réalité.

 

Circulating tumor DNA changes for early monitoring of anti-PD1 immunotherapy: a proof-of-concept study.
Cabel L, Riva F, Servois V, Livartowski A, Daniel C, Rampanou A, Lantz O, Romano E, Milder M, Buecher B, Piperno-Neumann S, Bernard V, Baulande S, Bieche I, Pierga JY, Proudhon C, Bidard FC.
Ann Oncol. 2017 Apr 29. doi: 10.1093/annonc/mdx212. [Epub ahead of print]