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L’Institut Curie renforce son pôle urologie

Céline Giustranti
02/01/2018
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L’arrivée du Pr Yves Allory marque la volonté de l’Institut Curie de donner un nouvel essor à la prise en charge des cancers urologiques et de renforcer la recherche sur les cancers de la vessie et de la prostate.
Yves Allory

Depuis bientôt trois ans, sous l’impulsion du Dr Anne Vincent-Salomon, le pôle de médecine diagnostique et théranostique se transforme et se diversifie : afin d’anticiper les nouveaux enjeux de la cancérologie, il s’enrichit des nouvelles technologies de pathologie digitale, d’une unité de bioinformatique clinique, tout en poursuivant le développement de la génétique somatique et constitutionnelle et de l’immunologie clinique.

Le pôle se renforce également grâce à l’arrivée du Pr Yves Allory, nommé à la fois chef du service d’anatomopathologie du site de Saint-Cloud de l’Institut Curie et du service d’anatomopathologie de l’hôpital Foch. « Cette double affiliation va permettre de consolider les collaborations déjà existantes, en particulier en génomique, entre ces deux services mais aussi renforcer l’offre de soins dans l’ouest parisien et ainsi faciliter la prise en charge globale et les parcours coordonnés pour les patients atteints de cancers urologiques. » explique le Pr Yves Allory.

Déployer la recherche sur les cancers de la vessie et de la prostate

En plus de la mise en place de cette nouvelle organisation entre les deux sites, le Pr Yves Allory aura pour mission d’animer avec le chercheur François Radvanyi, chef de l'équipe oncologie moléculaire (CNRS/UPMC/Institut Curie) le programme médico-scientifique (PMS) dédié à l’urologie. En effet dans le cadre de son projet d’établissement, nommé MC21 pour Marie Curie au 21e siècle, l’Institut Curie ambitionne de devenir un comprehensive cancer center du 21e siècle. Ce projet d’une durée de 5 ans avec un budget de 153 millions d’euros s’articule autour de 10 PMS directement inspirés du modèle inventé par Marie Curie en 1909 : faire collaborer médecins et chercheurs pour amener au plus vite de nouveaux traitements aux patients.

« L’un des objectifs prioritaires de ce programme sera d’identifier puis de valider des biomarqueurs diagnostiques, pronostiques et prédictifs de la réponse au traitement pour les cancers de la prostate et les cancers de la vessie, » explique le Pr Yves Allory. On sait par exemple qu’une proportion non négligeable des cancers de la prostate s’avère être à faible risque d’évolution. Or, les médecins ne disposent pas, à ce jour, de moyen fiable pour déterminer si les patients sont atteints d’un cancer de la prostate de bon ou de mauvais pronostic. Une piste des plus intéressantes dans ce domaine est actuellement explorée par une équipe de l’Institut Curie dirigée par Antonin Morillon : elle repose sur un biomarqueur totalement innovant puisqu’il s’agit de molécules de long ARN non-codant, la matière noire en quelque sorte de la cellule dont on ne connait pas les fonctions à ce jour.

L’un des objectifs prioritaires de ce programme sera d’identifier puis de valider des biomarqueurs diagnostiques, pronostiques et prédictifs de la réponse au traitement pour les cancers de la prostate et les cancers de la vessie

Quant au cancer de la vessie, la collaboration entre Yves Allory et François Radvanyi a débuté bien avant l’arrivée du professeur à l’Institut Curie. Elle a déjà permis de mettre au jour une nouvelle piste thérapeutique pour un sous-groupe de cancers de la vessie infiltrant le muscle. « Le processus est long de l’identification d’une cible potentielle à sa validation, enchaîne Yves Allory. De plus, il faut disposer de biomarqueurs pour identifier les patients pouvant en bénéficier. » Et pour évaluer les pistes thérapeutiques et décrypter la résistance à certains traitements, il faut disposer de modèles pré-cliniques fiables. C’est l’un des autres objectifs figurant dans le PMS sur l’urologie auquel s’ajoute bien évidemment la formation et l’enseignement en recherche et en soins sur ces deux pathologies, gage d’une prise en charge optimale.