Actualité - Innovation

Xosé Fernández fait parler les données pour aider les patients

Mathilde Regnault
21/08/2017
Partager
Xosé Fernández a rejoint l’Institut Curie en juin 2017, en tant que Directeur des Data. Sa mission ? Structurer la gestion et l’utilisation des bases de données de l’Institut, pour obtenir un nouvel éclairage sur les maladies et, ainsi, faire progresser les traitements.
Xose Fernandez

"L’objectif final, c’est toujours d’être utile pour les patients, de les traiter plus efficacement et avec moins d’effets secondaires", souligne Xosé Fernández. Cette application concrète, centrée sur le patient, c’est ce qui a décidé cet Anglo-Espagnol, à la fois universitaire et collaborateur de nombreuses compagnies pharmaceutiques et biotechnologiques, à quitter Cambridge, au Royaume-Uni, pour Paris. Spécialiste en biologie moléculaire et en bioinformatique, alumnus de l’EMBL, ce francophile de longue date n’a pas hésité longtemps avant de re-traverser la Manche, plus de 20 ans après avoir fait ses premières armes à Montpellier.

Ce qui l’a convaincu ? Le défi et l’espoir que représentent ces fameuses « big data », tant pour les chercheurs que pour les médecins et, surtout, les patients. "Et puis, bien sûr, la notoriété de l’Institut Curie. Pour moi, il est le parfait exemple de l’esprit européen, depuis sa création par Marie Curie, qui a tellement œuvré pour développer les collaborations, en interne mais aussi à l’international."

Mais au fait, qu’est-ce qui se cache derrière ce terme suremployé de "big data" ? "Ce sont les données brutes, explique Xosé Fernández. Elles proviennent aussi bien des résultats d’examens que des effets secondaires signalés individuellement par exemple." Avec l’avènement du numérique, la quantité de données de santé disponibles a explosé Ainsi, 90% des données aujourd’hui ont été collectées dans les deux dernières années, et seul 1% d’entre elles ont été analysées.

"L’objectif final, c’est toujours d’être utile pour les patients, de les traiter plus efficacement et avec moins d’effets secondaires"

L’Institut Curie ne fait pas exception à la règle : chaque jour, d’innombrables informations sont collectées. Avec une spécificité intéressante : il peut aussi bien s’agir de données cliniques, issues des patients, que de données issues de la recherche fondamentale. Une vraie mine, qu’il faut désormais structurer, agréger pour identifier des liens potentiels et en tirer des conclusions. C’est ce à quoi va s’attacher Xosé Fernández dans les prochains mois. "Il faut d’abord créer une gouvernance, faire communiquer les bases de données de l’Ensemble hospitalier et du Centre de Recherche, créer une charte d’utilisation…", développe Xosé Fernández. Sans perdre de vue l’objectif final : utiliser les « data » pour accélérer la découverte, améliorer les techniques de diagnostic et de traitement. "Les possibilités sont multiples. On pourra mieux stratifier les patients en fonction des biomarqueurs, trouver plus facilement la bonne thérapie ciblée mais aussi mieux anticiper le développement d’une résistance ou encore réduire les effets secondaires liés aux traitements et améliorer l’expérience globale du patient."

Et la sécurité des données dans tout ça ? "En France, la loi est très claire et protège le patient et ses données. Toutes les informations sont bien évidemment anynomisées, comme la législation l’exige, souligne Xosé Fernández. Et chaque patient pourra, à tout instant, demander le retrait de ses données."

A terme, lorsque la Direction sera parfaitement structurée, les collaborations industrielles pourront se développer, afin de transformer au plus vite en applications concrètes les conclusions issues des données.