Actualité

Les microtubules ont presque 50 ans ... Et ils se portent bien !

Céline Giustranti
02/05/2016
Partager
La prestigieuse revue Nature a toujours un temps d’avance... A un an du cinquantenaire de la découverte des microtubules, elle fait le point avec six spécialistes – dont Carsten Janke de l’Institut Curie – sur le passé et le futur sur ses constituants du squelette.
Les microtubules

En préambule de l’article, Carsten Janke, directeur de recherche CNRS, chef de l’équipe Régulation de la dynamique des microtubules et de leurs fonctions (CNRS/Institut Curie) se souvient qu’il est « entré dans le monde des microtubules par la porte de derrière ». Mais de fil en aiguille il est devenu l’une des références de ce que certains considèrent comme les rails de la cellule et que d’autres décrivent comme le squelette de la cellule. En réalité, c’est un peu les deux.

Les microtubules, une cible thérapeutique...

Ces molécules s'assemblent et se désassemblent comme un mécano au cours de la vie de la cellule assurant le maintien de la structure cellulaire. Elles servent aussi aux déplacements des vésicules ou des complexes moléculaires, indispensables à la communication à l’intérieur des cellules. « En résumé, les microtubules jouent participent à nombre d’étape de la vie de la cellule. Ces 50 dernières années n’ont cessé de nous éclairer sur leur fonctionnement et leurs fonctions, notamment grâce aux développements de la microscopie », souligne le chercheur. Si ces molécules ont suscité tant d’intérêt, c’est aussi parce qu’elles constituent une cible privilégiée pour les chimiothérapies. Carsten Janke ajoute d’ailleurs : « Les dérivées du taxol et les Vinca-alcaloïde qui ciblent les microtubules représentent un tiers de chimiothérapies utilisées à ce jour. »

... dont le potentiel n’est pas encore totalement connu

Il existe toutefois plus d’un bémol à ces traitements. Efficaces sur la tumeur, ces chimiothérapies s’attaquent à tout l’organisme et en conséquence entraînent beaucoup d’effets secondaires. A cela il faut ajouter les résistances développées par certains cancers à ces chimiothérapies. « Aujourd’hui les efforts de recherche se consacrent à l’identification de nouvelles générations de molécules ciblant les microtubules pour pallier ces défauts, précise le biologiste. Et, selon lui, le potentiel des molécules qui ciblent les microtubules est largement sous-estimé en cancérologie, mais aussi pour d’autres pathologies. Pour y arriver, le retour à la paillasse s’impose pour continuer à décrypter les microtubules.

L’équipe de Carsten Janke s’intéresse à la brique fondamentale des microtubules : la tubuline. Son rêve est décodé ce qu’il nomme le code tubuline, sorte de source de renseignement sur les différentes fonctions des microtubules dans la cellule. Car les tubulines ne s’assemblent pas n’importe comment. Il en existe plusieurs types, et après avoir été produites dans la cellule, elles subissent des modifications, dites post-traductionnelle de la tubuline. Ces subtiles modifications influent sur l’assemblage des microtubules et leur comportement. En couplant des approches allant de la biochimie aux modèles animaux, Carsten Janke s’est lancé sur les traces de ce nouvel « Enigma ».