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Mars bleu : l’Institut Curie offre une prise en charge sur mesure aux patient atteints de cancers du côlon

Sabine D'Andrea
01/03/2021
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Le cancer colorectal est le deuxième plus meurtrier en France (après celui du poumon). Pourtant, quand ce cancer est diagnostiqué tôt, il peut être guéri dans 90 % des cas. À l’Institut Curie, les cancers digestifs, et les cancers colorectaux en particulier, sont soignés sur les deux sites, Saint-Cloud et Paris.
Mars Bleu
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À travers l’opération Mars Bleu, le mois de mars est avant tout l’occasion de sensibiliser le public aux dangers du cancer colorectal et à l’importance de son dépistage.

43 000
nouveaux cas sont diagnostiqués annuellement
95 %
surviennent après 50 ans.

Toute la population française de 50 à 74 ans est invitée à participer au dépistage généralisé : une visite chez son médecin traitant et un petit échantillon de selles peuvent sauver des vies !

Il est d’ailleurs recommandé de consulter son médecin à tout âge si un ou plusieurs parents, oncles, tantes, frères, sœurs ou grands-parents ont déjà souffert de ce cancer digestifs ou si des symptômes tels que diarrhée, constipation, sang dans les selles, envie constante d’aller à la selle ou douleurs apparaissent...

L’accès à l’innovation : une priorité de l’Institut Curie

A l’hôpital de Saint-Cloud, grâce à un partenariat mis en place en 2015, les patients des Hauts-de-Seine bénéficient également de l’expertise de l’hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne-Billancourt.

L’hôpital Ambroise Paré assure les actes d’endoscopie digestive, de radiologie interventionnelle et de chirurgie. A l’Institut Curie, ils reçoivent les traitements de chimiothérapies et radiothérapies, les soins de support qui accompagnent ces traitements, et ont accès aux traitements les plus innovants dans le cadre d’essais cliniques.

Détaille le Dr Cindy Neuzillet, oncologue et responsable du parcours digestif à l’hôpital de Saint-Cloud.

Actuellement, deux études cliniques, appelées Perspective et Destiny, offrent à des patients porteurs d’anomalies génétiques tumorales rares (détectées en réalisant un portrait moléculaire de la tumeur) des traitements ciblés particulièrement prometteurs. L’Institut Curie vient aussi d’obtenir le soutien d’un Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) financé par le Ministère de la santé et de la solidarité qui permet aux malades les plus fragiles et fatigués de bénéficier, à domicile, d’une aide nutritionnelle et d’activité physique adaptée qui doivent leur permettre de se renforcer musculairement et ainsi de moins souffrir des effets secondaires des traitements et d’améliorer leur qualité de vie. Près de 300 personnes bénéficieront de ce programme dans les années à venir.

Un parcours de soins constamment amélioré

A l’hôpital de Paris, les patients opérés pour une tumeur primitive du côlon sont pris en charge avec un protocole RAC (réhabilitation améliorée en chirurgie). Ce protocole nécessite une collaboration étroite avec le département d’anesthésie. Il combine des mesures pré, per et post opératoires pour limiter le stress opératoire des patients induit par le traitement chirurgical.

Dans ce parcours, on privilégie un traitement chirurgical mini-invasif (cœlioscopie), on évite les drains post-opératoires et on limite l’usage de la morphine qui accentue l’ileus post-opératoire, c’est-à-dire l’arrêt du fonctionnement intestinal consécutif à la chirurgie.

Cet ensemble de mesures permet de remettre les malades sur pied le plus vite possible et dans les meilleures conditions possibles. Outre de raccourcir leur durée d’hospitalisation, des publications internationales récentes ont montré que cela améliorait la survie des patients atteints d’un cancer colorectal.

Explique le Dr Pascale Mariani, chirurgienne viscérale à l’Institut Curie.

Depuis peu, sur le site de Paris, on propose à certains patients dont le cancer s’est propagé à la cavité abdominale une « chimiothérapie intra-péritonéale pressurisée par aérosols » (ou PIPAC) délivrée lors d’une cœlioscopie. En diffusant la chimiothérapie au plus près de la maladie péritonéale, et sous une forme nébulisée, cette technique récente permet d’améliorer les symptômes digestifs.

Elle nécessite une grande collaboration entre chirurgiens, oncologues médicaux, pharmaciens... Peu de centres peuvent l’offrir.

Note le Dr Pascale Mariani.

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