Actualité - Octobre rose

Cancer du sein triple-négatif : associer radiothérapie et inhibiteurs de PARP

Céline Giustranti
22/09/2016
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Cet automne à l’Institut Curie, une première patiente atteinte d’une forme de cancer du sein très agressive, le triple-négatif, va se voir proposer une nouvelle stratégie thérapeutique. Elle consiste à accroître l’efficacité de la radiothérapie et des inhibiteurs de PARP grâce à leur association.
Dr Youlia Kirova

Dr Youlia Kirova, radiothérapeute au département de Radiothérapie de l'Institut Curie.

Face aux cancers du sein triple-négatifs, les médecins sont souvent démunis. Cette forme qui représente 10% à 20 % des cancers du sein n’est ni sensible à l’hormonothérapie, ni à Herceptin. Elle se caractérise par ailleurs par une forte tendance à disséminer pour former des métastases. Cette forme est cancer est souvent retrouvée chez les patientes porteuses de mutations BRCA1 et BRCA2. Dans cette population de patientes, les inhibiteurs de PARP ont obtenu une autorisation de mise sur le marché dans le cadre des traitements des cancers de l’ovaire.

Augmenter l’efficacité de la radiothérapie grâce aux inhibiteurs de PARP

L’une des priorités thérapeutiques  est de trouver de nouvelles solutions pour traiter les patientes pour lesquelles la chimiothérapie néoadjvante – c’est-à-dire administrée avant la chirurgie – n’est pas assez efficace ou celles pour lesquelles la chirurgie n’est pas envisageable après ce premier traitement en raison de l’importance de l’extension tumorale ou de la présence d’une maladie métastatique. Tel est l’objectif de l’essai clinique de phase I, RadioPARP, coordonné par l’oncologue radiothérapeute Youlia Kirova et mené avec le soutien d'AstraZeneca, qui devrait débuter très prochainement à l’Institut Curie. Il vise dans un premier temps à évaluer la tolérance de l’association radiothérapie et Olaparib. Ce médicament appartient à la famille des inhibiteurs de PARP, une molécule connue pour son implication dans la réparation des dommages de l’ADN. L’idée sous-jacente à cette combinaison est d’empêcher la réparation des dommages induits pas les rayons dans les cellules tumorales et ainsi entraîner leur destruction. "L’olaparib est administré oralement aux patientes, explique le Dr Youlia Kirova. Ensuite on espère observer un effet radio-sensibilisateur au niveau du sein et des aires ganglionnaires." Le but de cette première phase clinique est d’observer la tolérance de cette association chez les patientes, mais aussi d’évaluer son efficacité.

A terme, l’espoir est de pouvoir proposer cette stratégie thérapeutique avant la chirurgie aux patients atteintes de cancer du sein triple-négatif pour :

  • augmenter les chirurgies conservatrices
  • améliorer le pronostic en réduisant les taux des récidives et métastases

Cette stratégie pourrait aussi être une option complémentaire chez les patientes qui voient leur cancer progresser après les premiers traitements. La première patiente devrait être incluse d'ici fin 2016.

Crédit : Pedro Lombardi / Institut Curie