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Recherche sur le cancer : progrès, promesses et politique

Céline Giustranti
04/05/2016
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Prix Nobel de Médecine 1989, Harold Varmus a passé la journée du 3 mai à l’Institut Curie. A l’initiative de la Fondation Nobel et avec le financement d’Astrazeneca, discussions, échanges et conférence étaient au rendez-vous avec ce biologiste du cancer, grand spécialiste des enjeux politiques de la recherche sur le cancer.
Harold Varmus

Harold Varmus

 

© Uriel Chantraine-Cécile Charré / Institut Curie

Harold Varmus, un grand nom de la recherche du cancer. De 1970 à 1993, il consacre ses recherches, menées à l’université de San Franscico en collaboration avec Michael Bishop, au rétrovirus et à leur implication dans le développement des cancers. Le succès est au rendez-vous et les deux scientifiques se voient couronnés par le prix Nobel de Médecine 1989 pour la découverte de l'origine cellulaire des oncogènes rétroviraux.

Dès le début des années 1990, Harold Varmus commence à s’intéresser à la politique scientifique, ce qui lui vaut d’être nommé à la tête du National Institute of Health (NIH), l’agence de recherche médicale américaine. Il y restera jusqu’en 2000, avant de devenir pendant 10 ans président du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center, le centre de lutte contre le cancer de New-York, puis de prendre la tête du National Cancer Institute de 2010 à 2015. En plus d’être un scientifique de renommée internationale, Harold Varmus est aussi un expert des enjeux de la recherche contre le cancer. L’un et l’autre se nourrissant mutuellement.

Cancers : l’art de la complexité

Comme il l’a rappelé, « le cancer se caractérise par un processus évolutif complexe et pas encore entièrement compris. Il reste beaucoup à découvrir d’un point de vue fondamental. »

Harold Varmus

Harold Varmus

Malgré les progrès récents et le développement du séquençage, il est encore difficile de comprendre comment les différents profils d’altérations vont influer la réponse aux traitements chez les patients.

Pour faire face au cancer et sa complexité, le Dr Harold Varmus évoque deux pistes prioritaires : la santé publique à travers notamment la prévention et le développement de traitement pour les formes avancées de la maladie.

Aujourd’hui, le Dr Harnold Varmus se consacre toujours à la recherche. Son laboratoire à l’université de Cornell (Etats-Unis) cherche notamment à comprendre les liens entre deux gènes « star » de la cancérologie : EGFR et KRas. Pourquoi les mutations de ces deux gènes ne peuvent-elles pas co-exister ? Alors que des prémisses de réponse se dévoilent, une possible nouvelle approche thérapeutique se profile. En altérant le gène qui ne l’est pas dans les tumeurs, le Dr Harnold Varmus espère bien pouvoir détruire les cellules tumorales. Autre histoire qui intéresse fortement son laboratoire : les liens entre l’épissage – l’une des étapes nécessaires à la production des protéines à partir de l’ADN – et le développement de cancer.

Pour conclure, le Prix Nobel a tenu à prodiguer un conseil à l’assistance venue nombreuse : pour appréhender la complexité du cancer, recherchez des solutions simples.