Actualité - Parcours patient

Consultation d’oncogénétique : une étape à fort retentissement psychologique

Anne-Laure Lebrun
23/10/2019
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Une étude menée par des chercheurs de l’Institut Curie démontre qu’à l’issue des consultations oncogénétiques, les femmes à haut risque de cancer du sein et de l’ovaire sont préoccupées pour elle et leurs proches, et ce quel que soit le résultat du test génétique.
Consultation

Les avancées en matière de génétique permettent, à partir d’une simple prise de sang, de rechercher des anomalies dans des gènes de susceptibilité au cancer, et ainsi d’identifier les personnes à haut risque et de leur proposer un suivi médical approprié. Pour le cancer du sein, par exemple, les médecins onco-généticiens recherchent des mutations dans l’un des gènes BRCA1/2, mais aussi dans d’autres gènes de susceptibilité dans le cadre d’un test de panel de gènes. A la suite de ce test, le plus souvent aucune altération n’est retrouvée. Mais parfois, une anomalie est identifiée alors qu’on ne peut pas, à l’heure actuelle, l’associer à la survenue d’un cancer. Si la mise en évidence d’un facteur génétique peut avoir un important retentissement chez le patient et son entourage, ces autres types de résultats peuvent aussi susciter des préoccupations, rappelle une étude réalisée par des chercheurs européens, à laquelle l’Institut Curie a participé.

Ces travaux parus dans le British Medical Journal Open ont été réalisés auprès de 752 femmes françaises, allemandes et espagnoles à haut risque de cancer du sein et de l’ovaire, dont deux tiers souffraient d’un cancer du sein. Il leur a été demandé de remplir un questionnaire avant puis après la remise du résultat des tests génétiques afin d’évaluer les difficultés psychosociales qu’elles rencontraient.

Nous voulions savoir si la communication du résultat permettait de répondre aux attentes des femmes face à leurs besoins de comprendre le résultat de ce test, et ce qu’il implique pour elles et leur famille. Le questionnaire permettait aussi d’évaluer leurs appréhensions face au risque de récidive ou encore leur crainte de transmettre le gène malade à leur enfant

 décrit Anne Brédart, psychologue dans l’Unité de psycho-oncologie de l’Institut Curie, et enseignante-chercheuse au sein du Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé de l’Université Paris-Descartes.

Dans cette étude, les femmes avec une anomalie sans lien établi avec la survenu d’un cancer se sont avérées moins préoccupées que les autres femmes de l’étude.

Ce résultat nous a étonné. Alors qu’elles reçoivent un résultat complexe et ambigu, elles se sont montrées davantage rassurées en sortant de la consultation d’oncogénétique. Il se pourrait que l’attitude des cliniciens ait été différente. Ils prêtent, peut-être, plus d'attention à l’explication de ce résultat 

explique la psychologue.

Malgré tout, des inquiétudes persistent chez toutes les femmes, quel que soit le résultat de leur test génétique. Pour la psychologue, cela démontre qu’une aide psychologique doit toujours être proposée au cours des consultations d’oncogénétique.

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