Actualité - Radiothérapie

Cap sur la radiothérapie de demain

Mathilde Regnault
25/05/2016
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La radiothérapie pour traiter le cancer est née à l’Institut Curie. Aujourd’hui, les activités cliniques et de recherche s’inscrivent résolument dans cet héritage pour améliorer encore ce traitement. Avec un projet d’entreprise qui prévoit efforts et investissements jusqu’en 2020, l’Institut Curie veut construire le futur de la radiothérapie pour le plus grand bénéfice des patients.
 Traitement par radiothérapie conformationnelle 3D avec modulation d'intensité

Séance de radiothérapie conformationnelle avec modulation d'intensité. Le masque assure un positionnement identique d'une séance à l'autre.

"Pour améliorer la radiothérapie, il nous faut mieux comprendre les mécanismes mis en jeu [...]", déclare Mounira Amor-Guéret, chercheuse (Institut Curie-CNRS-Université Paris Sud) et directrice déléguée du Centre de Recherche de l’Institut Curie pour le site d’Orsay (Essonne). La radiothérapie a fortement évolué et progressé. Comme le rappelle le Dr Alain Fourquet, chef du Département de radiothérapie à l’Institut Curie, "la radiothérapie est utilisée maintenant dans plus de 60 % des traitements initiaux. Et plus de 85 % des patientes atteintes d’un cancer du sein en bénéficient lors du traitement initial." C’est une discipline en plein développement tant en termes des techniques utilisées que de protocoles de traitement. "Dans les années 1990, c’est la disponibilité accrue des différentes méthodes d’imagerie qui a permis à la radiothérapie une évolution majeure", se souvient le Pr William Gillies McKenna, professeur de radiobiologie à la prestigieuse université d’Oxford (Grande- Bretagne) et membre du Conseil scientifique international de l’Institut Curie.

De nombreux projets et programmes liés à la biologie des radiations et à l’innovation en radiothérapie sont prioritaires à l’Institut Curie au titre de son Projet d’entreprise 2015-2020. Mais comment mieux soigner avec la radiothérapie ? "C’est la question centrale de notre programme, explique Celio Pouponnot, chercheur CNRS (Signalisation normale et pathologique : de l'embryon aux thérapies innovantes des cancers ; Institut Curie / CNRS / Inserm) et coordinateur du programme PIC3i "Radiorésistance et toxicité de la radiothérapie dans les tumeurs pédiatriques du système nerveux central" de l’Institut Curie, financé par la générosité du public. C’est crucial chez l’enfant à qui l’on veut proposer de nombreuses années de vie après son traitement sans effets secondaires." La technique des "flashs" de radiothérapie est une piste prometteuse pour les limiter. Vincent Favaudon, radiobiologiste à l’Institut Curie, poursuit : "Nous disposons de l’équipement pour délivrer des doses élevées sur un temps très court. Et une nouvelle technologie va permettre de passer très vite aux essais cliniques."

Ainsi, à l’Institut Curie, la protonthérapie à modulation d’intensité (ou IMPT) devrait permettre de traiter plus d’enfants d’ici la fin de l’année : "Avec cette nouvelle technique, nous allons pouvoir étendre la prise en charge à l’ensemble du volume cérébral et de l’axe médullaire tout en épargnant les tissus sains des organes intra-thoraciques et abdominaux des enfants", explique le Dr Claire Alapetite, radiothérapeute à l’Institut Curie.

C’est par ailleurs pour découvrir des molécules radio-sensibilisantes ou radio-protectrices que l’Institut Curie a lancé le programme de recherche translationnelle Charisma pour Criblage à HAut débit du potentiel Radio-Sensibilisant-protecteur de Molécules et d’Agents pharmacologiques. Objectif : analyser des milliers de molécules candidates susceptibles d’améliorer l’efficacité et-ou la sécurité de la radiothérapie.

Les autres news du Journal de l’Institut Curie

  • Toutes les actus marquantes du trimestre écoulé et les événements à venir : le point sur l’oncologie pédiatrique à l’Institut Curie, le futur Centre d’immunothérapie des cancers, la recherche en épigénétique ainsi que des actions de générosité au profit de l’Institut Curie comme le bilan de la belle opération qu’est Une Jonquille pour Curie.
  • La fiche Info pratique de prévention ou de dépistage des cancers du col de l’utérus, avec un rappel des précautions et actions de vaccination d’une part et de frottis pour dépister les lésions d’autre part. Chaque année, en France, 3000 nouveaux cas de cancers du col de l’utérus sont diagnostiqués chez les femmes.
  • Sans oublier la page Rétrospective sur Irène Curie, fille aînée de Marie Curie, qui eut également un parcours exceptionnel en tant que scientifique et citoyenne. En mai 1936, elle créait en effet à la demande de Léon Blum le premier sous-secrétariat à la Recherche scientifique.
Le journal de l'Institut Curie "Radiothérapie: l'innovation en héritage"