Actualité - Sarcomes

Sarcomes : des nanoparticules pour optimiser la prise en charge

Céline Giustranti
09/11/2016
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Spécialiste des sarcomes des tissus mous, la chirurgienne Sylvie Bonvalot révèle les résultats d’un essai clinique qui utilisait pour la première fois des nanoparticules d’hafnium activées par radiothérapie avant la chirurgie. Les résultats viennent d’être publiés dans Clinical Cancer Research.
Interview Sylvie Bonvalot - Sarcomes

Les sarcomes des tissus mous se développent dans les tissus de soutien qui relient les différentes structures du corps ou constituent la paroi des organes. Ce cancer peut donc survenir dans de nombreuses parties de l’organisme. "Le traitement de référence de ces tumeurs au stade initial est la chirurgie, explique le Dr Sylvie Bonvalot, spécialiste mondialement reconnue de la chirurgie très spécifique des sarcomes. Elle peut être très lourde : les tumeurs à retirer sont en effet généralement très volumineuses, car restées longtemps asymptomatiques. Quand les tumeurs se développent dans l’abdomen, il est même parfois nécessaire d’enlever des organes avoisinants pour éviter les rechutes." Afin de limiter l’importance du geste opératoire, une radiothérapie peut être pratiquée avant la chirurgie pour réduire la taille tumorale et stériliser les alentours. Toutefois, ce traitement est limité par la proximité d’autres organes, ce qui empêche d’augmenter la dose d’irradiation et donc son efficacité.

Des nanoparticules pour augmenter l’efficacité de la radiothérapie

Les nanoparticules, une fois injectées dans la tumeur, peuvent démultiplier l’effet des rayonnements sans atteindre les tissus avoisinants. C’est notamment le cas des nanoparticules d’hafnium (NBTXR3) développées par Nanobiotix.

"Chez des patients atteints d’un sarcome localement évolué des membres et des parois, nous venons de finir un essai de phase I/II, promu par Nanobiotix, dont l’objectif était d’évaluer l’impact et la tolérance de l’injection de nanoparticules d’hafnium (NBTXR3) dans la tumeur avant la radiothérapie", souligne la chirurgienne, coordinatrice de cet essai. La veille de la première séance de radiothérapie, ces particules étaient injectées dans la tumeur du patient. Un scanner permettait ensuite de vérifier qu’elles étaient bien positionnées.

25 patients ont été inclus dans cet essai qui a permis de déterminer la dose optimale de NBTXR3 à injecter avec le minimum d’effets secondaires. "A la fin du traitement, les résultats de l’association nanoparticules-radiothérapie était évalués par IRM, afin de pouvoir ensuite établir le protocole chirurgical, enchaîne le Dr Sylvie Bonvalot. Bien que cet essai ne permette nullement de conclure sur l’efficacité de cette association thérapeutique, à l’issue du traitement, en moyenne, les trois-quarts de la zone tumorale étaient nécrosés, ce qui est plutôt encourageant."

D’ailleurs, un essai clinique International de phase III coordonné par l’Institut Curie a déjà débuté pour évaluer par une étude randomisée l’efficacité de ces nanoparticules. Trente-six pays participent. En outre, au vu de leurs résultats, ces nanoparticules sont en cours d’évaluation dans d’autres localisations tumorales, telles que la prostate, le canal anal, les tumeurs ORL, et le foie.