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Essais précoces : patients d’aujourd’hui et médecine de demain

Emilie Gillet
02/09/2019
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Les premières étapes de la recherche clinique sont indispensables pour envisager la tolérance et l’efficacité de nouvelles stratégies thérapeutiques. Ces dernières années, en France, le nombre d’essais précoces s’est multiplié, au profit d’un plus grand nombre de patients qui y participent.

En 2017, alors que j’étais en échec thérapeutique pour un cancer de la gorge, on m’a proposé de participer à un essai précoce d’immunothérapie. J’étais pleinement confiant dans le protocole. Et j’ai eu beaucoup de chance : je fais partie des 10 % de malades chez qui les résultats ont été positifs. Aujourd’hui, je suis en pleine forme !  

Roger L., 82 ans

Les essais précoces sont indispensables pour envisager la médecine de demain et d’après-demain », explique le Pr Steven Le Gouill, chef du service hématologie du CHU de Nantes. En France, ce domaine de recherche est extrêmement dynamique, et cela profite aux patients, qui sont ainsi plus nombreux à avoir accès à des thérapies innovantes. Réaliser un essai précoce, c’est en effet tester pour la première fois en conditions réelles chez des malades une nouvelle molécule, testée in vitro ou chez l’animal, ou bien un médicament déjà connu mais qui va être utilisé dans une nouvelle stratégie, par exemple dans un autre type de cancer (nouvelle indication), ou combiné avec une autre molécule (association). Concrètement, un essai de phase I permet de s’assurer de la sécurité et de la faisabilité d’un nouveau traitement et de déterminer la dose optimale en le testant chez quelques dizaines de personnes malades, souvent en rechute dans le cas du cancer. La phase II, quant à elle, s’intéresse plus particulièrement à l’efficacité de cette nouvelle approche thérapeutique, chez une, voire plusieurs centaines de patients. Parfois, ces deux étapes sont combinées en une seule, et l’on parle alors d’essai clinique de phase I-II.