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- Movember 2026 : L’Institut Curie accélère l’innovation pour mieux soigner les cancers des hommes
Les cancers qui touchent spécifiquement les hommes représentent plus de 63 000 nouveaux cas par an en France, celui de la prostate étant le plus fréquent. A l’Institut Curie, médecins et chercheurs sont engagés au quotidien dans la lutte contre les cancers masculins avec des programmes de recherche innovants et des prises en charge de plus en plus personnalisées, notamment grâce à des radiothérapies de pointe. Movember, mois de sensibilisation à la santé masculine, est l’occasion de faire le point.
Le plus fréquent est le cancer de la prostate, avec près de 60 000 cas recensés en 2018 en France. Généralement rare avant 50 ans, son pronostic est favorable si le diagnostic est réalisé tôt. Il reste le 3e en nombre de décès.
A contrario, le cancer du testicule touche principalement les hommes jeunes (2 769 nouveaux cas en 2018). Avec une incidence en augmentation, son pronostic demeure relativement optimiste. Avec un diagnostic précoce, ce cancer peut être soigné avec les traitements les moins lourds. Aujourd’hui, les efforts portent sur l’amélioration des protocoles de chimiothérapie et des critères de choix thérapeutiques pour les cancers avancés et métastatiques.
Quant au cancer du pénis, il est le plus rare avec près de 450 cas recensés en 2018. Il touche principalement les hommes âgés et son pronostic est moins favorable.
Source : INCa

Une prise en charge de plus en plus personnalisée du cancer de la prostate
Pour les patients atteints de cancer de la prostate, les traitements de références sont la radiothérapie, la chirurgie, la curiethérapie1 et l’hormonothérapie.
L’un des enjeux de la prise en charge est de préserver cette glande de l’appareil génital masculin afin d’éviter les risques d’incontinence urinaire et de troubles sexuels. Cela est possible quand le cancer est très localisé et c’est alors le traitement par radiothérapie (ou curiethérapie) qui est privilégié.
Avec 15 salles de traitement (6 à Paris, 5 à Saint-Cloud et 4 à Orsay), l’Institut Curie dispose du plateau technique de radiothérapie le plus complet d’Europe. Tous les types de radiothérapie y sont pratiqués. Plus de 97 000 séances de radiothérapie sont effectuées chaque année à l’institut.
La radiothérapie stéréotaxique2 est une nouvelle option thérapeutique dans les cancers de prostate localisés non opérés. Il s’agit d’une technique de radiothérapie de très haute précision permettant d’administrer de fortes doses de rayons tout en préservant les tissus sains. La dose nécessaire pour guérir peut ainsi être concentrée en quelques séances, au lieu d’être étalée quotidiennement sur plusieurs semaines. Elle comprend 5 séances délivrées 1 jour sur 2, sur 2 semaines. Elle est aussi efficace, avec des toxicités similaires à une radiothérapie conventionnelle. D’ici 2027, l'Institut Curie prévoit d’en faire bénéficier les patients porteurs d'un cancer localisé non opéré (80% des cas).
Radiothérapie stéréotaxique et radiothérapie interne vectorisée en plein essor pour traiter les rechutes et les formes métastatiques
Dans plus de 80% des cas ces cancers sont localisés au diagnostic et accessibles à un traitement pouvant inclure une ablation chirurgicale de la prostate (prostatectomie radicale).
Malgré la chirurgie, des cellules cancéreuses peuvent avoir parfois déjà franchi la capsule prostatique ou avoir envahi la graisse ou les ganglions autour de la prostate, ce qui entraine inévitablement une rechute dans 10 à 50% des cas sur 10 ans.
La radiothérapie de rattrapage des zones à risque permet de vivre sans rechute dans 75 à 85% des cas. Ce traitement de rattrapage est un standard, parfois complété par un traitement hormonal de 6 mois. La radiothérapie est délivrée sur 6,5 à 7,5 semaines en 33 à 37 séances consécutives, délivrées du lundi au vendredi, ce qui entraine une contrainte importante pour les patients, une fatigue psychique et de possible effets secondaires en cours de radiothérapie, à supporter pendant la dernière moitié du traitement.
Jusqu’à présent la radiothérapie stéréotaxique ne concerne pas les patients opérés en rechute qui restent les seuls à ne pas pouvoir bénéficier de cette technique de pointe en routine.
Après plusieurs études préliminaires concluantes, l’essai français HyPORT-01, coordonné par le Pr Gilles Créhange à l’Institut Curie, sera le premier essai randomisé à comparer une radiothérapie en 33 séances (traitement standard) à la radiothérapie stéréotaxique en 5 séances (traitement expérimental) chez les patients opérés en rechute.
Cette étude prévoit d’inclure 450 patients dans 35 centres français, maitrisant la radiothérapie en conditions stéréotaxiques, sur 3 ans. L’objectif principal de cette étude est de démontrer que le traitement en 5 séances offre un bénéfice thérapeutique identique à un traitement en 33 séances sans toxicités significatives. L’ouverture de l’étude est prévue au 2e semestre 2027.
« Cette étude devrait permettre à moyen terme de proposer la radiothérapie stéréotaxique aux patients opérés en rechute. Cela aura un impact très positif sur la qualité de vie des patients ainsi que des impacts médico-économiques significatifs. » explique le Pr Gilles Créhange, chef du département d’Oncologie radiothérapie à l’Institut Curie.
La radiothérapie interne vectorisée (ou RIV), qui figure également parmi les options thérapeutiques pour les cancers de la prostate métastatique, est en plein essor. Contrairement à la radiothérapie externe conventionnelle, cette technologie de médecine nucléaire consiste en des injections par voie intraveineuse de molécules radiopharmaceutiques qui se fixent spécifiquement aux cellules tumorales pour les détruire.
L’Institut Curie, pionnier mondial en pathologie numérique
Depuis plus de trois ans, la pathologie est 100 % numérique à l’Institut Curie : toutes les lames issues des prélèvements de tumeurs des nouveaux patients sont numérisées. Les avantages sont nombreux parmi lesquels : l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour affiner le diagnostic et faciliter les choix thérapeutiques mais également développer des projets de recherche. L’Institut Curie fait partie des premiers laboratoires universitaires au monde à utiliser ces solutions d’IA en pathologie : depuis plus d’un an, les équipes de l’Institut Curie utilisent en routine l’IA pour le diagnostic du cancer de la prostate.
«L’implémentation de ces outils dans notre service permet à nos équipes de gagner du temps, de fiabiliser nos résultats, de cibler les zones d’intérêt et renforcer l’exactitude de nos diagnostics, sans pour autant remplacer les médecins», précise le Pr Yves Allory, médecin dans le service de pathologie de l’Institut Curie, site de Saint-Cloud, et chef d’équipe de recherche dans l’unité IRIS Imagerie Radiothérapie Innovante et médecine des Systèmes (Inserm/CNRS/Université Versailles Saint Quentin/Institut Curie).
Vers des méthodes diagnostiques moins invasives
Aujourd’hui, il n’existe pas de dépistage systématique du cancer de la prostate. C’est l’apparition de symptômes, comme les difficultés à uriner qui conduisent au dépistage, par dosage de l’antigène prostatique spécifique (PSA). En fonction des résultats, les patients doivent subir une biopsie, procédure douloureuse et anxiogène. Beaucoup d’effort de recherche vont vers le développement de méthodes moins invasives, pour améliorer la qualité de vie des patients lors de ces premières étapes.
Ainsi, parmi les pistes de recherche à l’Institut Curie, un projet sur l’imagerie IRM est mené par le Pr Yves Allory et la Dre Fanny Orlhac, chercheuse au sein du Laboratoire Imagerie, Radiothérapie Innovante et médecine des Systèmes (Inserm/CNRS/Université Versailles Saint-Quentin/Institut Curie) dirigé par la Dre Irène Buvat. L’objectif de ce projet est double. « Le premier objectif vise à mettre au point une méthode pour identifier précisément, à partir des données d’imagerie IRM, le site à biopsier au niveau de la prostate. Aujourd’hui, pour maximiser la probabilité de bien biopsier la zone touchée par le cancer, l’aiguille prélève à plusieurs endroits différents (généralement plus de 5, parfois une dizaine), procédure stressante et inconfortable pour les patients », explique la Dre Irène Buvat.
L’identification de la zone à biopsier par l’imagerie, déjà utilisée dans d’autres types de cancer, simplifierait ce geste invasif tout en garantissant la pertinence de l’échantillon prélevé pour statuer sur la maladie. Le deuxième objectif de ce projet ambitieux consiste à identifier une signature IRM des cancers, en utilisant plusieurs mesures réalisables par IRM. Sur le long terme, ces travaux pourraient permettre d’éviter la biopsie physique, et procéder ainsi à une biopsie virtuelle par IRM.
Les autres cancers qui touchent majoritairement les hommes : rein, vessie
Cancer du rein
Le nombre de nouveaux cas de cancer du rein en 2018 en France était estimé à 15 323, dont 67 % chez l’homme. Ce cancer, qui touche deux fois plus les hommes que les femmes, est en forte augmentation. « Pour le cancer du rein, les facteurs de risque identifiés sont principalement l’obésité et les troubles métaboliques, ainsi que le tabac dans une moindre mesure. Les traitements proposés sont désormais une combinaison d’immunothérapie ou d’immunothérapie associée à un traitement anti-angiogénique », précise le Dr Mostefa Bennamoun, oncologue médical à l’Institut Curie. La radiothérapie stéréotaxique est également en développement dans cette localisation (3 séances). Peu invasive, entrainant peu de toxicités, cette technique permet un contrôle local de la tumeur total à 5 ans.
Qu’est-ce que le cancer du rein ?
Cancer de la vessie
On estime à environ 13 000 le nombre de nouveaux cas de cancers de vessie invasifs diagnostiqués en France en 2018, dont 81 % chez l’homme. « Nous savons aujourd’hui que le principal facteur de risque pour le cancer de la vessie est la consommation de tabac. Cela pourrait expliquer l’atteinte prédominante des hommes, même si aujourd’hui ces tendances s’inversent, comme cela a été le cas pour les cancers du poumon », précise le Dr Mostefa Bennamoun. Dans le cas d’un cancer localisé agressif ou métastatique, le traitement standard a changé très récemment. Les patients reçoivent désormais une immunothérapie associée à un anticorps drogue-conjugué qui permet de délivrer le médicament au cœur de la tumeur, avec une plus grande efficacité.
Dans le cadre de la reprise de l'Institut Montsouris (IMM) par l'Hôpital Foch et l'Institut Curie, depuis le 1er novembre 2025, le renfort des collaborations sur l'urologie est une des priorités. L’Institut d'Onco-urologie Curie-IMM dédié aux cancers urologiques qui sera lancé en novembre 2026 proposera aux patients des parcours de soins ciblés, fluides et intégrés à l’échelle du territoire francilien, tout en renforçant leur accès aux innovations thérapeutiques et aux essais cliniques. Il s'appuie sur la grande complémentarité d'expertises entre les deux instituts.
[1] La curiethérapie est une technique d’irradiation, qui consiste à placer une source radioactive forte proche ou à l’intérieur d’une tumeur.
[2] La radiothérapie stéréotaxique est une technique de radiothérapie de très haute précision est de plus en plus privilégiée pour traiter des cancers localisés. En faisant converger de multiples faisceaux sur un petit volume, elle permet d’irradier à haute dose la tumeur tout en limitant la zone d’irradiation afin d’épargner les tissus sains environnants.

