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- Journée mondiale contre le cancer 2026 : L’Institut Curie alerte sur les inégalités territoriales d’accès aux soins et à l’innovation en cancérologie
Plus de 3 Français sur 4 estiment qu’il existe des inégalités face au cancer mais surtout, perçoivent des inégalités territoriales d’accès aux soins qui persistent, s’aggravent et deviennent structurelles, témoignant aujourd’hui d’un véritable enjeu de santé publique. C’est ce que révèle, à la veille de la journée mondiale contre le cancer, le baromètre "Curie Cancer 2026" réalisé par l’Institut Curie avec l’institut Viavoice.* Alors que le nombre de nouveaux cas de cancer a doublé depuis 1990, et que l’incidence mondiale pourrait augmenter de 75 à 90 % d’ici 25 ans**, il est aujourd’hui urgent de repenser et transformer profondément l’accès aux soins, pour mettre l’innovation à la portée de tous les patients. À l’heure où s’ouvre la campagne des municipales, et face à la 1ère cause de mortalité en France, l’Institut Curie appelle à un sursaut politique immédiat pour empêcher que ces inégalités, déjà profondes, ne deviennent irréversibles et exhorte les décideurs à repenser d’urgence le financement et l’organisation de la cancérologie.
Le cancer semble de plus en plus présent dans le quotidien des Français
Le baromètre "Curie Cancer 2026" révèle une anxiété forte et largement partagée : sept Français sur dix se déclarent préoccupés par le cancer. Cette inquiétude s’explique notamment par une proximité directe ou indirecte avec le cancer qui représente aujourd’hui la première cause de mortalité en France : plus de huit Français sur dix connaissent dans leur entourage une personne touchée. Près de sept répondants sur dix estiment que l’incidence du cancer augmente par rapport aux années précédentes. Le cancer ne se vit plus seulement comme une pathologie grave, mais comme un phénomène omniprésent, touchant toutes les générations et tous les territoires.
Plus de trois Français sur quatre affirment qu’il existe des inégalités face au cancer
Le baromètre met en lumière un sentiment de plus en plus prononcé d’injustice face à la maladie : 77 % des Français ont le sentiment qu’il existe des inégalités face au cancer, une perception croissante depuis 2019. Le lieu de résidence apparaît comme le principal facteur d’inégalité (38% des répondants), devant le niveau d'information (33% des répondants), et les revenus (32% des répondants). Ces trois dimensions, durables et profondes, traduisent une fracture sanitaire qui touche particulièrement les populations les plus vulnérables, les jeunes et les classes populaires, souvent moins informés et moins proches des structures hospitalières.
« Cette perception de fracture met en évidence une urgence de santé publique qui dépasse largement le cadre strictement médical. Elle interroge l’équité républicaine sur le territoire et réaffirme la nécessité d’offrir à chacun, quels que soient son lieu de vie et ses ressources, un accès effectif à la prévention, au dépistage, à l’accompagnement et aux innovations thérapeutiques », explique le Pr Alain Puisieux, président du Directoire de l’Institut Curie.
La perception durable d’un accès aux soins inégalitaire à travers le territoire et un sentiment de difficulté généralisé dans la prise en charge des patients
L’accès aux soins spécialisés demeure un enjeu majeur pour les Français, qui expriment un sentiment généralisé de difficulté. Près de la moitié des personnes interrogées (49%) considère complexe l’accès à des équipements médicaux de pointe, et l’entrée dans un établissement hospitalier ou encore la possibilité d’obtenir un rendez-vous avec un médecin spécialiste apparaît difficile pour respectivement 55% et 65% des Français. Pour la plupart des répondants, ces démarches essentielles sont vécues comme un parcours d’obstacles.
Les disparités territoriales amplifient massivement ces difficultés. Les habitants des grandes agglomérations et de l’Île-de-France reconnaissent un accès facilité, tandis que ceux vivant dans les zones rurales ou périphériques témoignent d’une expérience bien plus contraignante. Ce clivage géographique, déjà documenté au fil des années, apparaît désormais comme l’un des marqueurs les plus structurants de l’inégalité face à la santé.
« Cette réalité se manifeste très concrètement à l’Institut Curie. Chaque année, le centre hospitalier accueille des patients venant de l’ensemble du territoire français, illustrant la concentration de l’offre de soins spécialisés dans quelques zones. En 2025, un patient pris en charge à l’Institut Curie sur cinq n’est pas francilien. Ce chiffre en augmentation témoigne d’un besoin croissant pour de nombreux Français de se déplacer loin de leur lieu de résidence. Ce phénomène, loin d’être marginal, souligne l’urgence d’une politique volontariste en matière d’accès à la santé et d’organisation territoriale », déclare le Pr Steven Le Gouill, directeur de l’Ensemble hospitalier de l’Institut Curie.
Un enjeu économique et organisationnel majeur pour l’avenir de la cancérologie
Au-delà du constat d’inégalités territoriales, l’évolution des pratiques en cancérologie fait émerger un autre défi : celui du modèle économique et de l’organisation du système de santé. Les innovations diagnostiques et thérapeutiques, comme la médecine adaptative fondées sur la biologie moléculaire, la biopsie liquide ou les outils de médecine personnalisée, nécessitent des investissements lourds dans des équipements spécialisés. Si ces technologies représentent un coût initial important, elles permettent à terme une véritable « épargne thérapeutique », en réduisant le recours à certains traitements lourds, en diminuant les effets secondaires, et en évitant des examens ou séjours hospitaliers coûteux.
« Avec un coût moyen de 40 milliards d’euros par an en France, du dépistage au suivi couplé à la perte de productivité du fait de la maladie, le cancer est un enjeu politique déterminant. Cette réalité impose donc une réflexion collective pour faire évoluer ces innovations : bâtir un modèle économique soutenable, pour déployer ces outils au-delà des centres d’excellence, afin qu’ils ne restent pas l’apanage de quelques établissements comme l’Institut Curie. Le développement de réseaux comme Unicancer et la création de parcours patients multi-sites, basés sur la complémentarité des expertises et l’accès mutualisé des équipements de pointe constituent des leviers essentiels pour diffuser l’innovation et la rendre accessible à tous », affirme le Pr Steven Le Gouill, directeur de l’Ensemble hospitalier de l’Institut Curie.
Repenser d’urgence l’organisation du système de santé dans un contexte électoral clé
Mais ces transformations nécessitent également de repenser en profondeur l’organisation du système de santé, aujourd’hui encore structuré autour de l’acte (chimiothérapie, scanner, hospitalisation), pour l’orienter autour du parcours de soins global du patient, en amont avec le dépistage et dans le suivi des rechutes ensuite. L’enjeu n’est donc pas seulement technologique ou économique : il est organisationnel, territorial et politique.
Et ces transformations concernent autant les infrastructures que la formation des soignants et leur appropriation des nouveaux outils et nouvelles pratiques.
Dans un contexte de défiance croissante envers la science et de lutte contre la désinformation, l’accompagnement des professionnels dans ces évolutions et le renforcement de la confiance dans le diagnostic constituent une priorité absolue.

L’ouverture de la campagne des élections municipales marque un moment déterminant pour répondre à ces enjeux. Les municipalités jouent un rôle fondamental dans l’accès aux soins : elles interviennent dans l’aménagement du territoire, les mobilités, le soutien aux dispositifs de prévention, l’organisation d’actions de dépistage ou encore l’information des habitants. En s’emparant de ces leviers, elles peuvent réduire concrètement les inégalités ressenties par les citoyens.
« C’est pourquoi l’Institut Curie appelle les futures équipes municipales ainsi que les pouvoirs publiques à inscrire la lutte contre les inégalités de santé et en particulier face au cancer au cœur de leurs engagements. Le cancer ne peut plus être abordé comme une problématique uniquement médicale ; il doit être considéré comme un défi social, territorial et politique, auquel les collectivités locales peuvent apporter une réponse concrète et essentielle », assène le Pr Alain Puisieux.
* Enquête réalisée par ViaVoice avec l’Institut Curie entre le 2 et le 5 janvier 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes agées de plus de 18 ans.
** Global cancer burden: progress, projections, and challenges - The Lancet
Face à un enjeu de santé publique, le déploiement nation d'une médecine adaptative et personnalisée
Porté par l’excellence de sa recherche fondamentale, translationnelle et clinique, l’Institut Curie est à l’avant-garde de la médecine adaptative et personnalisée : véritable changement de paradigme en cancérologie visant à ajuster la prise en charge des patients au plus près de la réalité de leur maladie. L’institut s’appuie sur des infrastructures de très haut niveau et sur des équipes dont l’expertise unique permet de proposer à chaque patient la stratégie la plus pertinente, au moment le plus opportun.
En développant ces innovations – du diagnostic au suivi personnalisé, en passant par des traitements de plus en plus ciblés – l’Institut Curie avance concrètement vers son ambition : contribuer à un monde sans cancers incurables.
Lire l'actualité "Journée mondiale contre le cancer 2026 : A l’Institut Curie, le tempo tumoral au cœur de la médecine adaptative et personnalisée".

