Actualité - Cancers de l'enfant

Soigner plus de cancers à haut risque

Emmanuelle Manck
13/02/2018
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Chaque année en France, près de 2 500 enfants et adolescents se voient diagnostiquer un cancer. Si les trois-quarts d’entre eux guérissent, certaines formes de cancers dites "de haut risque" sont plus difficiles à soigner : les rechutes sont fréquentes et les cellules cancéreuses peuvent développer une résistance aux traitements.
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Pour ces jeunes patients, il est primordial de disposer, le plus tôt possible, d’informations précises sur les caractéristiques de leur tumeur afin de choisir le meilleur traitement et de réagir rapidement s’ils deviennent inefficaces.

A l’occasion de la Journée Internationale du Cancer de l’Enfant du 15 février, l’Institut Curie, centre de référence des cancers pédiatriques, présente des innovations prometteuses et lance l’étude nationale MICCHADO pilotée par le Dr Gudrun Schleiermacher à l’Institut Curie pour mieux comprendre et mieux traiter ces cancers à haut risque.

Des espoirs rendus possibles grâce notamment à l’analyse de matériel tumoral directement accessible avec une prise de sang.

L’étude MICCHADO vise à améliorer la compréhension des mécanismes de progression tumorale et de résistance aux traitements, explique le Dr Gudrun Schleiermacher, pédiatre et chercheur à l’Institut Curie. A terme, l’objectif est d’identifier les patients dont le cancer risque de devenir résistant pour adapter au mieux les traitements et gagner ainsi la course contre la montre avec la maladie.

Pour cela, la présence de biomarqueurs, comme l’ADN tumoral circulant, sera recherchée à l’aide d’une simple prise de sang, dans l’objectif d’établir des liens avec le niveau d’agressivité de la tumeur.

« C’est une première car cette évaluation du risque à partir de l’ADN tumoral circulant durant le suivi du patient n’a encore jamais été pratiquée pour les tumeurs pédiatriques », souligne le Dr Schleiermacher.

Pilotée par l’Institut Curie, cette étude nationale, menée en collaboration avec Gustave Roussy (Villejuif) et le Centre Léon Bérard (Lyon), va associer 30 centres d’oncologie pédiatrique en France. Ainsi, 600 jeunes patients (enfants, adolescents et jeunes adultes) atteints de tumeurs à haut risque seront inclus à partir de février 2018 pour une durée de 6 ans.

Cette étude est financée par l’association Imagine for Margo – Children without cancer, à hauteur de 1,2 millions d’euros, l’association Hubert-Gouin Enfance & Cancer (200 000 euros), et a obtenu le soutien du Fonds KiCa, hébergé par la Fondation Roi Baudouin, et de KickCancer (200 000 €).

Elle est également soutenue par l’entreprise pharmaceutique Bristol-Myers Squibb.

Cancers à l’adolescence : Une prise en charge dédiée à l’âge des transitions

800 cas de cancer par an chez les 15-19 ans en France : la maladie est rare à l’adolescence, mais lorsqu’elle survient à cette période de transformation physique, psychique et sociale intense, les patients doivent bénéficier d’une prise en charge adaptée. C’est la vocation des services AJA (adolescents-jeunes adultes) des centres de lutte contre le cancer tels que l’Institut Curie.

Les cancers de l’adolescent se situent entre deux âges : « Pour les plus jeunes, il s’agit plutôt de cancers pédiatriques comme les leucémies aiguës, les lymphomes ou les tumeurs cérébrales et avec l’avancée en âge, les cancers de type adultes apparaissent », explique le Dr Valérie Laurence, chef du Service Adolescents-Jeunes Adultes (AJA) du centre d’oncologie SIREDO à l’Institut Curie. « Certains cancers cependant, comme les sarcomes osseux et les tumeurs germinales gonadiques, sont spécifiques de l’adolescence ». Même s’ils sont majoritairement curables, de nombreux cancers de l’adolescent ont un moins bon pronostic que ceux des enfants : « Est-ce lié au délai au diagnostic souvent plus long chez les jeunes, aux traitements différents, à l’observance? Toutes ces pistes sont actuellement à l’étude ».

La maladie et les traitements bousculent l’évolution naturelle du jeune patient. Cela nécessite une prise en charge spécifique, comme c’est le cas à l’Institut Curie depuis 2013, qui est en développement actuellement en France.

L’écoute, la confiance et la complicité que nous établissons avec les patients, associée à un cadre de fermeté dont ils ont besoin à cet âge, améliorent le vécu de la maladie et la compliance aux traitements, explique Marie-Cécile Lefort.

Infographie SIREDO 1
Infographie SIREDO 2
Infographie SIREDO 3