Actualité - Distinction

Déborah Bourc’his, lauréate du Grand Prix 2021 de la Fondation pour la Recherche Médicale

Sabine D'Andrea
18/11/2021
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Déborah Bourc’his, directrice de recherche à l’Inserm et cheffe de l’équipe Décisions épigénétiques et reproduction (CNRS UMR3215 / Inserm U934) à l’Institut Curie, a reçu ce lundi 15 novembre, le Grand Prix de Fondation pour la Recherche Médicale pour ses travaux exceptionnels sur les mécanismes épigénétiques qui influencent la reproduction des mammifères.
Deborah Bourc'his

Je suis très honorée de recevoir le Grand Prix de la FRM, une fondation dont j’admire l’engagement et la vision de la recherche en France. Ce prix est une reconnaissance de la recherche fondamentale que nous menons, et met la lumière sur un domaine de la biologie souvent délaissé des agences de financement, la biologie de la reproduction. Ce prix va permettre à mon équipe d’explorer de nouveaux concepts, et en particulier l’organisation tridimensionnelle de la chromatine des cellules reproductrices, en relation avec les éléments transposables.

Déborah Bourc'his, directrice de recherche à l’Inserm et cheffe de l’équipe Décisions épigénétiques et reproduction (CNRS UMR3215 / Inserm U934) à l’Institut Curie

 

Arrivée à l’Institut Curie en 2009 pour prendre la tête de l’équipe Décisions épigénétiques et reproduction (CNRS UMR3215 / Inserm U934), Déborah Bourc’his travaille depuis plus de 20 ans dans le domaine de l’épigénétique et étudie notamment le rôle de la méthylation de l’ADN dans le fonctionnement des gamètes, les cellules reproductrices des mammifères.

Ses travaux cherchent à identifier comment les profils de méthylation de l’ADN sont déterminés et comment ces profils confèrent aux spermatozoïdes et aux ovules la capacité d’orchestrer le développement complet d’un individu et de transmettre fidèlement le matériel héréditaire d’une génération à l’autre.

Pour se faire, la chercheuse et son équipe associent des approches génétiques, de biologie cellulaire et de biochimie à des stratégies génomiques à grande-échelle.

Elle a ainsi à son actif trois découvertes majeures sur le rôle de la méthylation dans les mécanismes qui régulent l’activités des gamètes mâles et femelles des mammifères :

 

  • La taille des individus à l’âge adulte est déterminée dès les premiers jours de développement par la méthylation indélébile d’une séquence d’ADN particulière.
  • L’identification de deux des cinq ADN méthyltransférases connues à ce jour : DNMT3L et DNMT3C.
  • Le rôle décisif de la méthylation de l’ADN dans la protection de la fertilité contrôle l’activité des éléments transposables

 

Dates clés

1996–2000 Doctorat à l’hôpital Necker à Paris, sur le syndrome ICF, une pathologie immunitaire liée à un défaut de méthylation de l’ADN.

2000–2005 Post-doctorat à l’université Columbia à New York, sur le rôle de la méthylation de l’ADN en reproduction chez les mammifères

2005–2009 Chargée de recherche Inserm à l’université Paris-Diderot à Paris

2009 Cheffe de l’équipe Décisions épigénétiques et reproduction chez les mammifères, unité Génétique et biologie du développement de l’Institut Curie à Paris

2017 Prix Liliane-Bettencourt pour les sciences du vivant

2021 Grand Prix de la Fondation pour la Recherche Médicale

 

Pour en savoir plus sur le grand prix de la Fondation pour la Recherche Médicale

Créé à l’initiative de la Fondation pour la Recherche Médicale, le Grand Prix, d’un montant de 120 000 €, est décerné chaque année. Il rend hommage à une personnalité du monde scientifique de renommée internationale pour sa contribution exceptionnelle au progrès de la connaissance scientifique dans le domaine médical.

Le lauréat du Grand Prix est désigné par un jury composé des membres du Comité de la recherche et du président du Conseil scientifique de la Fondation pour la Recherche Médicale.

 

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