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Dr Fanny Orlhac, nouvelle cheffe d’équipe dans l’unité IRIS

05/05/2026

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Dr Fanny Orlhac, nouvelle cheffe d’équipe dans l’unité IRIS

Depuis janvier 2026, le Dr Fanny Orlhac, spécialiste en imagerie médicale, est à la tête d’une équipe dans la nouvelle unité Imagerie, Radiothérapie Innovante et médecine des Systèmes (IRIS – Institut Curie / CNRS UMR9029 / Inserm U1353 / Université Versailles Saint-Quentin) à l’Institut Curie, dirigée par le Dr Irène Buvat.

Le Dr Fanny Orlhac, chargée de recherche Inserm, est à la tête d’une nouvelle équipe appelée Radiomique intégrative pour la médecine de précision (RADIOME) à l’Institut Curie. Elle y explore comment mieux exploiter les images médicales des patients durant leur prise en charge. 

Depuis janvier 2026, cette équipe est rattachée à la nouvelle unité Imagerie, Radiothérapie Innovante et médecine des Systèmes (IRIS – Institut Curie / CNRS UMR9029 / Inserm U1353 / Université Versailles Saint-Quentin), dirigée par le Dr Irène Buvat.

 

Interview

Question : Dr Fanny Orlhac, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Dr Fanny Orlhac : J’ai effectué ma thèse de physique, spécialité imagerie médicale, dans le laboratoire du Dr Irène Buvat, du temps de son rattachement à l’Université Paris-Sud. C’est à cette occasion que je me suis intéressée à l’imagerie TEP, une technique qui permet notamment de quantifier l’activité métabolique de différentes régions de l’organisme, dont les lésions tumorales, renseignant de la dynamique de progression de la maladie.  En pratique clinique, les images sont analysées visuellement par les médecins nucléaires, et peu d’indicateurs sont disponibles sur leur console d’imagerie pour capturer toutes leurs complexités. Mon travail consistait donc à développer et tester de nouvelles métriques pour en extraire davantage d’informations. Après ma soutenance en 2015, j’ai poursuivi dans cette direction avec deux postdoctorats : un à l’Université Paris-Saclay, dans le cadre du Lidex PIM - Physique et ingénierie pour la médecine, en partenariat avec Gustave Roussy, puis un second à l’Inria Sophia Antipolis-Méditerranée, près de Nice, où je me suis formée à la modélisation mathématique et aux méthodes d’intelligence artificielle. J’ai ensuite obtenu le concours Inserm en 2019 pour devenir chargée de recherche, et j’ai rejoint le laboratoire du Dr Irène Buvat.

 

Question : Pouvez-vous nous expliquer l’organisation de votre travail à l’Institut Curie ?

Dr Fanny Orlhac : Depuis 2020, j’ai rejoint l’Institut Curie avec l’équipe du Dr Irène Buvat, où nous avons développé nos recherches dans un cadre structuré autour de plusieurs axes complémentaires. Début 2026, avec la mise en place de la nouvelle unité IRIS, ces axes se sont organisés en différentes équipes spécialisées, réunissant des expertises variées pour progresser dans la compréhension et le traitement du cancer à l’échelle de l’organisme entier. J’ai ainsi pris la responsabilité de l’équipe Radiomique intégrative pour la médecine de précision (RADIOME), qui s’inscrit pleinement dans cette dynamique collective, en lien étroit avec les autres domaines de l’unité comme l’imagerie, la radiothérapie et les approches translationnelles.

 

Question : Quels sont les axes de recherche principaux que vous souhaitez développer ?

Dr Fanny Orlhac : Nos travaux au sein de l’équipe s’appuient sur des travaux déjà engagés avant la création de la nouvelle unité, autour de l’analyse avancée des images médicales. L’objectif global, c’est de mieux exploiter ces images, qu’elles soient obtenues par scanner, IRM, TEP ou ultrasons. Pendant leur parcours de soins, les patients en font un certain nombre. Celles-ci sont sous-exploitées dans la pratique actuelle. Notre travail consiste à extraire de nouveaux indicateurs, quantitatifs et reproductibles, qui traduisent des informations cliniquement pertinentes, notamment pour mieux caractériser les tumeurs, comprendre leur évolution et anticiper la réponse des patients aux traitements.
 

Question : Comment faites-vous cela ?

Dr Fanny Orlhac : Nous utilisons des algorithmes d’intelligence artificielle pour extraire des informations, les caractériser et les combiner avec d’autres données telles que les indicateurs cliniques, les résultats d’analyses biologiques, histologiques ou génomiques. Cela nous permet de construire des modèles prédictifs ou pronostiques pour aider à la prise en charge des patients. Par exemple, nous pouvons identifier certains facteurs qui aident à la stratification des patients, c’est-à-dire à les classer selon leur profil ou leur réponse probable aux traitements.

 

Question : Vous travaillez donc en grande proximité avec les médecins ?

Dr Fanny Orlhac : Tout à fait, et c’est cela qui est aussi passionnant à l’Institut Curie. Pour l’instant, notre équipe est basée à Orsay, mais nous allons prochainement déménager à Saint-Cloud, nous rapprochant de l’activité clinique avec laquelle nous sommes très imbriqués. C’est aussi la particularité de la nouvelle unité IRIS, qui comprend beaucoup de médecins. Les allers-retours entre nos différentes disciplines sont riches pour nos recherches. Nous gardons toujours en vue les applications cliniques, pour améliorer la prise en charge des patients.

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