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Cancer du col de l’utérus : l’ADN de papillomavirus suggéré comme biomarqueur pour prédire les rechutes

Rémy Fauvel
05/08/2021
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Des chercheurs de l’Institut Curie en collaboration avec d’autres instituts français et européens ont démontré que l’ADN d’HPV circulant pouvait-être utilisé comme biomarqueur pour prédire les rechutes des patientes ayant suivi un premier traitement contre le cancer du col de l’utérus. Ces résultats sont publiés dans la revue Clinical Cancer Research.
Manipulation

Le cancer du col de l’utérus, causé par l’infection au papillomavirus humain (HPV), est actuellement la seconde cause de mortalité chez les femmes atteintes de cancer gynécologique dans le monde. Il représente ¾ des cancers diagnostiqués chez les femmes de moins de 65 ans selon Santé publique France. Des recherches précédentes ont montré qu’il était possible de détecter dans le sang de l’ADN circulant (ADNtc) provenant des cellules tumorales. Dans cette étude, l’objectif était d’évaluer la pertinence d’HPV comme marqueur d’ADNtc pour détecter de manière précoce les rechutes des patientes atteintes d’un cancer du col.

Le consortium européen RAIDs* coordonnée par le Dr Suzy Scholl, oncologue médical, spécialiste des cancers féminins et Maud Kamal, PhD., manager scientifique du D3i (Department of Drug Development and Innovation) en collaboration avec Emmanuelle Jeannot, PhD., praticien scientifique au PMDT (Pôle de Médecine Diagnostique et Théranostique) et Els Berns, PhD, chercheuse à ERASMUS à Rotterdam ont investigué quel était le meilleur marqueur de l’ADNtc entre le gène E7 d’HPV, la mutation PIK3CA et le site d’intégration du virus au génome humain en étudiant les prélèvements des patientes de l’essai Européen BioRAIDs**. Leurs résultats ont prouvé que le gène E7 est le meilleur marqueur des trois. Grâce à cette découverte, il a été montré que les patientes avec de l’ADNtc détectable à la fin de leur traitement ou réapparaissant au cours du suivi présentent un risque élevé de faire une rechute. A l’inverse, l’absence d’ADNtc a été associée à une longue période sans rechute pour une majorité de patientes.

 

l’ADN de papillomavirus suggéré comme biomarqueur pour prédire les rechutes

 

Le déploiement de cette analyse par détection de l’ADNtc ne nécessite qu’un prélèvement de sang de la patiente dans lequel la présence d’HPV sera identifiée et quantifiée par PCR digitale.

 

Cette technique de détection de l’ADNtc facile à mettre en place et rapide pour donner des résultats a été accréditée par le Cofrac (comité français d’accréditation) et est déjà appliquée à l’Institut Curie selon l’appréciation des médecins, pour les cancers ano-génitaux associés à HPV.

Souligne le Dr Emmanuelle Jeannot.

Cette méthode de détection pourrait également être mise en œuvre pour sélectionner les traitements les plus adaptés pour les patientes après une rechute. D’autres études sont actuellement menées à l’Institut Curie pour évaluer la pertinence de l’usage d’HPV circulant comme indicateur d’efficacité de nouveaux traitement.  Elles serviraient également à valider son utilisation pour la détection précoce des rechutes chez les patients atteints d’un cancer associé au papillomavirus humain.

 

Référence : Circulating HPV DNA as a marker for early detection of relapse in patients with cervical cancer.

Jeannot E, Latouche A, Bonneau C, Calméjane MA, Beaufort CM, Ruigrok-Ritstier K, Bataillon G, Larbi Chérif L, Dupain C, Lecerf C, Popovic M, de la Rochefordière A, Lecuru F, Fourchotte V, Jordanova ES, von der Leyen H, Tran-Perennou C, Legrier ME, Dureau S, Raizonville L, Bello Roufai D, Le Tourneau C, Bieche I, Rouzier R, Berns EMJJ, Kamal M, Scholl S.Clin Cancer Res. 2021 Jul 1:clincanres.0625.2021. doi: 10.1158/1078-0432.CCR-21-0625. Online ahead of print. PMID: 34210686

 

*Le consortium RAIDs coordonne la première étude européenne de grande ampleur avec collecte d’échantillons et analyses moléculaires de cancers du col de l’utérus. Piloté par l’Institut Curie, le projet s’est déroulé dans sept pays européens et a permis la caractérisation moléculaire du cancer du col pour mieux mettre en place des essais thérapeutiques selon les altérations identifiées.

 

**BioRAIDs est l’infrastructure de collecte de tous les prélèvements tumoraux dans les pays européens participants à RAIDS. 741 patientes ont été incluses dans cette biobanque.

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