Cancer du sein et de l’ovaire : des cellules saines empêcheraient l’action de certains médicaments

Valérie Devillaine
14/03/2019
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Fatima Mechta-Grigoriou, de l’Institut Curie a été invitée au Congrès de l’American association for cancer research. Elle y présentera les résultats de deux publications majeures concernant les cancers du sein et de l’ovaire.
Fatima Mechta

Les fibroblastes sont des cellules non cancéreuses, présentes naturellement dans le tissu mammaire et ovarien, mais qui joueraient un rôle dans les cancers de ces organes. Fatima Mechta-Grigoriou, avec son équipe Stress et Cancer, à l’Institut Curie (Unité Inserm U830, équipe labélisée Ligue nationale contre le cancer), les étudie de près. En mars 2018, elle publiait dans le réputé Cancer Cell la découverte de quatre sous-groupes de ces fibroblastes, associés au carcinome mammaire. L’un de ces sous-groupes, CAF-S1 (pour carcinoma-associated fibroblasts), crée un environnement immunosuppresseur, ont aussi révélé les chercheurs. Ainsi, ces cellules empêchent les défenses naturelles du patient de lutter contre la tumeur. Elles empêcheraient ainsi l’action d’une nouvelle classe de traitements, les immunothérapies, sensés aider l’organisme à combattre le cancer.

Dans le même temps, une autre revue prestigieuse, Nature communications, publiait ses découvertes similaires dans le cancer de l’ovaire : les mêmes sous-groupes de fibroblastes et un phénomène d’immunosuppression similaire. Ces révélations constituent donc un premier pas fondamental pour espérer contrer l’action de ces fibroblastes. Des résultats que la chercheuse partagera avec la communauté mondiale de la recherche contre le cancer fin mars à Atlanta, en Géorgie.

Cancer de l'ovaire