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- L'Institut Curie engagé dans quatre grands programmes de recherche de l’Université PSL pour relever les défis de la biologie et de la santé
Comprendre la plasticité cellulaire, décrypter les interactions au sein des tissus, concevoir des systèmes vivants artificiels ou encore développer les technologies de demain : ces ambitions sont au cœur des quatre grands programmes de recherche de l'Université Paris Sciences et Lettres (PSL) auxquels contribuent les équipes de huit unités de recherche de l'Institut Curie. Dotés d'un financement d'environ 3 millions d'euros chacun, ils donnent aux chercheurs les moyens de mener des projets interdisciplinaires autour de ces grands défis scientifiques.
Les grandes avancées scientifiques reposent autant sur l'excellence des chercheurs que sur les collaborations qu’ils construisent. Depuis plusieurs années, l'Université PSL soutient ces dynamiques interdisciplinaires à travers différents dispositifs de recherche, comme les Laboratoires d'excellence (LabEx), auxquels participaient de nombreuses équipes de l'Institut Curie. À l’issue des LabEx, fin 2024, 14 grands programmes de recherche ont émergé.
Réunissant près de 1 000 chercheuses et chercheurs issus de plusieurs établissements et partenaires de PSL, dont l’Institut Curie, ils représentent un investissement global de 36,5 millions d'euros et couvrent les sciences de la vie, la physique, la chimie, l'ingénierie ainsi que les sciences humaines et sociales.
Aujourd’hui, les équipes de huit des treize unités de recherche de l'Institut Curie contribuent activement à quatre de ces programmes.
ChemCellState : comprendre comment les cellules changent d'état
Une cellule n'adopte pas toujours le même comportement. En réponse à son environnement, elle peut changer de fonction, devenir plus mobile ou encore développer une résistance aux traitements. Cette capacité d'adaptation, appelée plasticité cellulaire, intervient dans de nombreux processus biologiques et joue un rôle majeur dans la progression des cancers, notamment lors des métastases ou des rechutes.
À l’Institut Curie, le Dr Raphaël Rodriguez1 est le porteur du programme ChemCellState (Chemistry of Cell States). Celui-ci réunit des spécialistes de la chimie, de la physico chimie, de la chémobiologie, de la biologie cellulaire, de la microbiologie et de l'immunologie afin de mieux comprendre les mécanismes moléculaires qui gouvernent ces changements d'état. Le programme développe également de nouveaux outils biologiques et chimiques ainsi que des molécules capables de contrôler cette plasticité, avec l'objectif d'ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques.
DEVINE : décrypter le dialogue entre les cellules des tissus
Les tissus ne sont pas de simples assemblages de cellules. Leur développement, leur fonctionnement et leur renouvellement reposent sur des interactions permanentes entre cellules souches, cellules spécialisées et cellules immunitaires. Pourtant, ces échanges restent encore imparfaitement compris.
Le programme DEVINE (Development and Immunology Network to unravel tissue biology) compte parmi ses porteurs les Drs Ana-Maria Lennon-Duménil2 et Yohanns Bellaïche3. Il fait dialoguer biologistes du développement et immunologistes afin d'étudier ensemble ces interactions tout au long de la vie. En reliant développement, homéostasie, vieillissement et transformation des tissus dans des maladies comme le cancer, il ambitionne d’explorer la biologie des tissus sous un angle inédit et d’en proposer une vision plus intégrée.
EnLife : reconstruire le vivant pour mieux le comprendre
Comprendre le vivant ne consiste plus seulement à l'observer. Les scientifiques cherchent désormais à reconstruire certains de ses mécanismes afin d'en révéler les principes fondamentaux.
Les Drs Pascal Hersen4 et Franck Perez5 portent, pour l’Institut Curie, le programme EnLife (Engineering Life). Ce dernier s’appuie sur les expertises de biologistes, physiciens et ingénieurs autour d'un objectif commun : concevoir des systèmes vivants artificiels, des cellules synthétiques aux tissus artificiels, afin de mieux comprendre l'émergence des fonctions du vivant. Ces modèles permettront également de développer de nouveaux outils pour la recherche.
IPGG : la microfluidique au service des découvertes de demain
Les approches micro et nanofluidiques permettent de manipuler de faibles volumes dans des environnements contrôlés. Elles offrent de nouveaux moyens d’explorer des questions fondamentales sur le vivant, d’accélérer la découverte de médicaments et de développer des alternatives à l’expérimentation animale.
À l’Institut Curie, le Dr Stéphanie Descroix6 porte le grand programme IPGG (Institut Pierre-Gilles de Gennes). Réunissant chimistes, physiciens, biologistes et ingénieurs, il développe et mobilise ces approches au service de la recherche fondamentale et appliquée. Sa thématique la plus récente étudie, dans une démarche interdisciplinaire, les interactions des micro et nanoplastiques avec le vivant. Le programme aborde aussi les transitions énergétique et écologique.
1 Directeur de recherche CNRS, directeur adjoint de l’unité Chimie biologie des cancers (Inserm U1339 / CNRS UMR3666) et chef de l’équipe Biomédecine au sein de cette unité, à l’Institut Curie.
2 Directrice de recherche Inserm, directrice de l’unité Immunité innée et cancer (Inserm U932) et cheffe de l’équipe Dynamique spatio-temporelle des cellules du système immunitaire au sein de cette unité, à l’Institut Curie.
3 Directeur de recherche CNRS, directeur de l’unité Génétique et biologie du développement (CNRS UMR3215 / Inserm U934 / Sorbonne Université) et chef de l’équipe Polarité, division et morphogenèse au sein de cette unité, à l’Institut Curie.
4 Directeur de recherche CNRS, directeur de l’unité Physique des cellules et cancer (CNRS UMR168 / Sorbonne Université) et chef de l’équipe Contrôle Dynamique de la Signalisation et de l'Expression Génétique au sein de cette unité, à l’Institut Curie.
5 Directeur de recherche CNRS, directeur de l’unité de recherche Biologie cellulaire et cancer (CNRS UMR144 / Sorbonne Université) et chef de l’équipe Transport intracellulaire : ingénierie et mécanismes au sein de cette unité, à l’Institut Curie.
6 Directrice de recherche CNRS, directrice adjointe de l’unité Physique des cellules et cancer (CNRS UMR168 / Sorbonne Université), cheffe de l’équipe Macromolécules et microsystèmes en Biologie et en Médecine (MMBM) au sein de cette unité, à l’Institut Curie, et directrice de l’Institut Pierre-Gilles de Gennes.

