Actualité - Publication

Les cellules cancéreuses persistantes : le défi des années à venir

Sabine D'Andrea
13/11/2020
Partager
Les cellules cancéreuses persistantes sont responsables des récidives survenant dans les cas de cancers métastatiques. Une revue, parue dans Cell jeudi 5 novembre 2020, fait le point sur les connaissances actuelles de ces cellules particulières qui sont encore mal étudiées et capables de mettre en échec les traitements les plus performants.
Stéphan Vagner

Que la réponse au traitement anti-cancéreux soit partielle ou complète, beaucoup de patients atteints de cancers métastatiques, malheureusement, récidivent. Ces rechutes peuvent survenir des mois, voire des années, après la fin de la thérapie et en l'absence de tumeurs détectables par les techniques d'imagerie les plus sophistiquées. Ce phénomène est dû à la présence indécelable dans l’organisme de cellules cancéreuses persistantes. Elles résistent aux traitements médicamenteux contre le cancer et constituent une cause majeure d'échec thérapeutique.

Une revue, publiée ce jeudi dans Cell et co-écrite par Stéphan Vagner, directeur de l’Unité intégrité du génome, ARN et Cancer (UMR3348 CNRS / Institut Curie / Université Paris Saclay) et chef de l’Equipe biologie de l’ARN, signalisation et cancer (U1278), et une équipe de l’Institut Gustave Roussy, dresse le bilan des dernières avancées sur le sujet.

Longtemps ignorées des scientifiques, on en sait un peu plus sur les caractéristiques de ces cellules cancéreuses persistantes : elles se distinguent par un ralentissement de la prolifération cellulaire, un ajustement du métabolisme énergétique cellulaire, une adaptation au microenvironnement tumoral et une plasticité phénotypique. Des traits qui leurs permettent de passer sous les radars. C’est pourquoi, le ciblage clinique des cellules cancéreuses persistantes reste encore à optimiser.

Pourtant, d'immenses progrès ont été réalisés dans la compréhension des mécanismes de persistance qui incluent divers processus comme la régulation épigénétiques, la transcription des gènes, la traduction des ARNm, ainsi que les interactions cellule-cellule.

Aujourd’hui, la difficulté réside dans le fait que toutes les approches thérapeutiques connues prennent en compte quelques-unes de ces caractéristiques, mais peu arrivent à les englober toutes, d’où leur manque d’efficacité. Le challenge pour les années à venir consiste donc toujours à trouver des solutions qui répondraient à l’ensemble des problématiques soulevées par ce type de cellules.

 

Vagner

 

Référence :

Persistent Cancer Cells: The Deadly Survivors. Shensi Shen, Stéphan Vagner, Caroline Robert. Cell (2020) Volume 183, Issue 4, 12 November 2020, Pages 860-874. 

 

Pour aller plus loin