Cancer du sein et dépistage organisé

Cancer du sein : en France, un dépistage organisé pour les femmes entre 50 et 74 ans

Mathilde Regnault
25/03/2017
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Le cancer du sein se soigne bien s’il est détecté tôt. C’est dans cette optique que les autorités sanitaires proposent désormais à toutes les femmes entre 50 et 74 ans de se faire dépister tous les 2 ans.

Si le cancer du sein peut survenir à tout âge, il touche le plus fréquemment les femmes après la ménopause. C’est pourquoi le dépistage organisé est proposé à toutes les femmes, en France métropolitaine et Outre-mer, entre 50 et 74 ans. Tous les deux ans, elles reçoivent une lettre de l’Assurance maladie, les invitant à prendre rendez-vous pour un dépistage, pris en charge à 100% par l’Assurance maladie.

Ce dépistage comprend deux examens.

  • La palpation des seins, pour détecter d’éventuelles anomalies.
  • La mammographie, une véritable radiographie des seins. Dans le cadre du dépistage organisé, la mammographie bénéficie d’une double lecture, par deux radiologues, pour encore plus de sécurité.

Il est bien sûr possible de bénéficier de mammographies en dehors du dépistage organisé. Elles peuvent ainsi être proposées au femmes ayant des facteurs de risques (antécédents familiaux par exemple) avant l’âge de 50 ans ou peuvent également être réalisées plus fréquemment, y compris lorsque l’on bénéficie en parallèle du dépistage organisé. Dans ces cas de figure, les patientes doivent se rapprocher de leur gynécologue.

Suite à la mise en place du dépistage organisé, la proportion de cancers du sein intra-canalaires (c’est-à-dire à un stade très précoce) a augmenté de 5% à 20% entre 1980 et aujourd’hui. Lorsqu’elles sont prises à un stade très précoce, ces tumeurs ne font pas de métastases et le taux de survie à 5 ans est de 100%. Mais leur traitement par tumorectomie ou mastectomie, suivie d’une radiothérapie, peut être lourd en termes d’effets secondaires et de séquelles. D’où un débat qui resurgit régulièrement sur le dépistage, source potentielle de sur-traitements. "Peut-on et doit-on s’abstenir de traiter [ce type de cancer, ndlr], s’interroge Roman Rouzier, directeur médical du pôle sénologie de l’Institut Curie. Les interrogations sur le sur-dépistage plaident pour une désescalade thérapeutique dans le cancer intra-canalaire in situ. Mais l’attitude à adopter (intervention ou surveillance) doit être  évaluée de façon scientifique. Une étude très encadrée est nécessaire sur 10 à 15 ans, avec suffisamment de patientes et un suivi rapproché pour limiter au maximum le risque de laisser évoluer un cancer in situ vers un stade infiltrant." L’étude LORD, qui poursuit cet objectif, devrait bientôt être lancée. Coordonnée par l’European Organisation for Research and Treatment of Cancer, elle prévoit de suivre 1842 patientes sur 13 ans.

La surveillance des femmes à très haut risque

Acté le 1er septembre 2016, le remboursement (en secteur 1) des frais d'imagerie mammaire des femmes à haut risque de cancer du sein était attendu depuis longtemps. Les premières recommandations nationales de surveillance des femmes porteuses d'une altération des gènes BRCA1 ou BRCA2 datent en effet de 1995.

En 2014, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande une surveillance des femmes selon leur niveau de haut risque, c'est à dire lié à la présence d'une altération génétique, d'antécédents familiaux, d'antécédents d'irradiation thoracique ou encore du fait de la présence d'un risque histologique.

Le suivi par imagerie des femmes à très haut risque (facteur génétique, antécédents familiaux marqués sans explication génétique, antécédents d'irradiation, ...) est relativement contraignant et anxiogène. Il conjugue de façon annuelle, et dès l'âge de 30 ans le plus souvent, IRM, mammographie et échographie.