Chirurgie reconstructrice à l'Institut Curie

Cancer du sein : se faire reconstruire ou pas ?

Mathilde Regnault
26/03/2017
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Après une ablation du sein, les patientes peuvent décider de se faire reconstruire.

Aujourd’hui, la reconstruction mammaire est le plus souvent réalisée à l’issue des traitements, même si les médecins tentent de plus en plus, lorsque c’est possible, de proposer une reconstruction immédiate au moment de l’ablation. Plusieurs options existent. "Nous tenons compte du morphotype, des désirs, des antécédents et du parcours de soin [de la patiente]", explique le chirurgien Fabien Reyal.

  • La pose d’un implant mammaire constitue l’une des solutions les plus courantes.
  • Le lipomodelage peut également s’avérer une alternative intéressante : il s’agit de prélever de la graisse sur d’autres parties du corps telles que l’abdomen, les hanches ou la face interne des cuisses. Cette graisse est centrifugée puis réinjectée au niveau du sein. Les cellules ainsi réinjectées peuvent contribuer à la régénération des tissus abîmés par les traitements.
  • La microchirurgie consiste à prélever l’excédent de graisse voire des muscles peu utiles sur le plan fonctionnel et à « rebrancher » leurs vaisseaux sur ceux de la paroi thoracique. Les résultats esthétiques sont bons.

Quelle que soit la méthode choisie, la reconstruction mammaire exige souvent deux à trois interventions, étalées sur plusieurs mois.
En France, seule 1 femme ayant subi une ablation du sein sur 4 choisit de se faire reconstruire. Au-delà du choix personnel d’accepter son nouveau corps tel qu’il est, parmi les raisons invoquées pour ne pas se faire reconstruire, 60% des patientes évoquent le manque d’information sur le sujet.

A l’Institut Curie, pour pallier ce manque, le Dr Séverine Alran, chirurgienne, et Lydie Wintz, cadre en chirurgie, ont créé un groupe de travail nommé Info-Sein. Patientes et soignants ont ainsi élaboré ensemble des outils d’information, dont un livret  de questions-réponses mis à disposition des patientes. Toutes les questions médicales, pratiques, esthétiques y sont abordées. Un documentaire, primé plusieurs fois, a également vu le jour "Guérir le regard".