Cancer du sein

Sexualité après un cancer du sein

Sophie FRANCK, gynécologue-oncologue, Institut Curie
02/01/2019
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La sexualité est souvent perturbée le long du parcours d’une patiente atteinte d’un cancer du sein, pour des raisons physiques aussi bien que psychologiques.

Tout au long du parcours, des troubles de l’image du corps se mêlent aux troubles du désir.

L’image du corps est atteinte en premier lieu par la maladie elle-même qui peut déjà modifier l’aspect du sein (modification du volume, du galbe, du mamelon) ou son toucher (nodule palpable). De plus, les traitements vont également le modifier

  • La chirurgie : cicatrice, changement de volume, douleurs postopératoires, troubles de la sensibilité…
  • La radiothérapie : douleurs, changement de volume, troubles de la sensibilité, point(s) de tatouage
  • La chimiothérapie :perte de cheveux, de pilosité, pose d’une chambre implantable
  • L’hormonothérapie :sécheresse vaginale, bouffées de chaleur...

Cette nouvelle image de soi doit être apprivoisée, d’abord par soi-même, avant de pouvoir envisager la rencontre avec son/sa partenaire. Certains maux physiques pourront être soulagés, comme la sécheresse vaginale.

A ces troubles physiques s’ajoutent des troubles du désir, ayant trait à la part psychologique. Le sein est un organe complexe au croisement de plusieurs fonctions : identité, sexualité, maternité. L’atteinte de cet organe est donc fortement symbolique. 

Au début, le choc psychologique de l’annonce du cancer domine les préoccupations, mettant souvent le désir de côté (« le corps malade envahit la vie psychique »*). Par la suite, la fatigue, les effets secondaires du traitement prennent souvent la place première. A cela peuvent venir s’ajouter les difficultés conjugales et les inquiétudes du ou de la partenaire (crainte de faire mal par exemple).

La sexualité est un élément du bien-être global souvent difficile à aborder avec les soignants. Pourtant, la parole est probablement le premier pas pour trouver de l’aide : dans son corps, dans son couple, ou dans sa relation de soin. De nombreuses solutions peuvent être envisagées avec les soignants pour soulager les symptômes douloureux, et un travail peut être entrepris pour se réconcilier avec son image et retrouver du désir.

 

*Andrée Lehmann, « L’atteinte du corps, une psychanalyste en cancérologie », éditions Erès, 2014