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- Cancer du sein : une prise en charge personnalisée et innovante pour les femmes jeunes
Parce que les cancers du sein chez les femmes jeunes sont très spécifiques, un suivi personnalisé est indispensable, avec une écoute plus attentive sur certains aspects (fertilité, grossesse…), et une offre de soins de support adaptés. Grâce à la mobilisation des équipes, notamment dans le cadre de l’Institut des Cancers des Femmes, l’Institut Curie met en place des consultations dédiées à ces patientes et s’apprête à créer un nouveau parcours à leur intention. En parallèle, le développement de traitements médicamenteux et chirurgicaux personnalisés reste une priorité pour les médecins et les chercheurs de l’Institut Curie.
Selon le Baromètre Curie Cancer 2026 réalisé par l’Institut Curie avec l’institut Viavoice, 80 % des Français estiment que le cancer du sein se guérit de mieux en mieux, et 65 % pensent que les personnes atteintes vivent de mieux en mieux. Une perception que l’Institut Curie s’applique à concrétiser au quotidien, en particulier en améliorant la prise en charge des femmes jeunes. « L’Institut Curie a pris conscience très tôt de la nécessité d’une démarche transversale, centrée sur la femme et pas seulement sur la maladie, ce qui explique que nous soyons sept gynécologues médicaux spécialisés en oncologie », explique la Dre Anne-Sophie Hamy-Petit, gynécologue médicale, oncologue et chercheuse à l’Institut Curie qui est l’une d’entre eux et qui co-anime le groupe de travail dédié à la prise en charge des femmes jeunes au sein de l’Institut des Cancers des Femmes. Cet atout participe à un continuum fort entre recherche et pratique clinique, contribuant aux progrès dans la prise en charge et les traitements adaptés à diverses situations – par exemple lorsque le cancer du sein est détecté au cours de la grossesse.
« Il n’existait pas de prise en charge clairement protocolisée à l’Institut Curie pour ces cas, heureusement très rares. En 2025, nous avons donc créé un référentiel de prise en charge qui guide les soignants pour délivrer les meilleurs soins, conformément aux bonnes pratiques cliniques, et qui renvoie vers les professionnels locaux, poursuit la gynécologue médicale. De la même façon, nous manquions de données pour les femmes qui souhaitent faire une pause dans leur hormonothérapie afin d’avoir un enfant et mon équipe s’attache à combler ce vide avec des résultats scientifiques fiables. Notre objectif est d’évaluer précisément et de manière personnalisée le risque d’une interruption de traitement pour pouvoir mieux conseiller les patientes sur leur projet parental. »
Des consultations d’hormonothérapie et de sexologie
L’Institut Curie propose par ailleurs des consultations de thérapie orale. Elles s’adressent notamment aux patientes sous hormonothérapie associée à des thérapies ciblées, afin d’assurer le suivi optimal de ces jeunes femmes et d’identifier les soins de support qui pourront les aider à mieux supporter leur traitement.
« Nos recherches1, d’ailleurs citées en exemple par des équipes américaines de renom2, ont montré que le fait de soutenir une femme jeune dans la prise de son hormonothérapie lui faisait gagner plus de quatre points de survie sans récidive à cinq ans, souligne la Dre Anne-Sophie Hamy-Petit. Une telle progression correspond à celle observée par les médicaments innovants lors de leur mise sur le marché ; elle représente donc un enjeu extrêmement important ! »
Des consultations en sexologie sont également organisées pour les patientes qui le souhaitent, afin de trouver un endroit où être écoutées et conseillées quant à leurs préoccupations et aux répercussions des traitements, tel que l’impact des modifications corporelles des traitements médicaux et/ou chirurgicaux, sur leurs relations intimes.
Un nouveau parcours bientôt mis en place début 2027
L’Institut Curie va bientôt franchir une nouvelle étape en créant, à travers l’Institut des Cancers des Femmes et en collaboration avec l’association de patientes Jeune&Rose, un hôpital de jour pour les femmes jeunes atteintes d’un cancer du sein. Autrement dit, un parcours d’excellence standardisé pour ces patientes.
En pratique, d’ici début 2027, deux demi-journées organisées en hôpital de jour seront proposées, l’une au début de la prise en charge, l’autre en fin de traitement hospitalier. Lors de la première demi-journée, les patientes bénéficieront d’une consultation médicale dédiée avec une gynécologue médicale. Ce temps d’échange permettra d’anticiper les conséquences gynécologiques des traitements, de répondre aux questions liées à la sexualité, à la contraception ou à la fertilité, et d’identifier les besoins en soins de support. Elles participeront ensuite à un atelier collectif animé par une assistante sociale, consacré à leurs droits et aux aides disponibles.
Les patientes qui en ressentent le besoin pourront y recevoir des informations concrètes sur les dispositifs financiers, les démarches administratives et les questions liées au maintien ou au retour dans la vie professionnelle.
Enfin, chacune réalisera un bilan d’activité physique afin de construire un programme d’activité physique adaptée. « Cet aspect est tout aussi essentiel. Les études montrent que le niveau d’activité physique diminue souvent après un diagnostic de cancer, alors même que l’activité physique doit faire partie intégrante de la prise en charge : elle permet de mieux tolérer les traitements, de réduire la fatigue et, dans le cancer du sein, de diminuer le risque de récidive et d’améliorer les chances de guérison », insiste la Dre Florence Coussy, gynécologue médicale et oncologue à l’Institut Curie.
Lors de la deuxième demi-journée, organisée à la fin des traitements, les patientes bénéficieront d’une consultation médicale permettant de faire le point sur leurs besoins en soins de support, notamment pour faciliter le retour à la vie quotidienne et la reprise de l’activité professionnelle. Elles repartiront également avec un programme d’activité physique adaptée (APA) ainsi qu’avec un « Plan Personnalisé de l’Après-Cancer », véritable feuille de route pour leur suivi.
Accompagner les médecins, sur tout le territoire
« Notre objectif est d’établir une preuve de concept de l’efficacité de ce parcours dans l’amélioration de la qualité de vie des patientes de moins de 40 ans atteintes d’un cancer du sein, afin que cette innovation puisse être déployée au niveau national », annonce la Dre Florence Coussy.
C’est aussi dans l’optique de faire rayonner son expertise au service de ces patientes jeunes et d’améliorer la prise en charge sur tout le territoire que l’Institut Curie crée, fin 2026, une réunion pluri-professionnelle nationale « Gynécologie et Cancer ».
L’objectif : mettre les spécialistes de l’Institut Curie à la disposition de tous les médecins de France ayant des interrogations sur la prise en charge gynécologique des femmes atteintes d’un cancer, quels que soient leur âge et le type de cancer.
1Journal of Clinical Oncology, Elise Dumas, 5 mars 2025
2Journal of Clinical Oncology, Megan E. Tesch, 16 avril 2025

