Octobre Rose

Cancer du sein chez les femmes jeunes : il est urgent d’accélérer la recherche et d’adapter la prise en charge

27/09/2026

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Cancer du sein chez les femmes jeunes

À l’occasion d’Octobre Rose 2026, alors que l’incidence des cancers du sein chez les femmes jeunes ne cesse d’augmenter, l’Institut Curie présente les avancées de ses équipes sur la compréhension de ces cancers et le développement d’approches thérapeutiques toujours plus adaptées. Il met également en lumière son modèle de prise en charge autour d’un parcours dédié aux patientes jeunes.

Plus de 61 000 nouveaux cas de cancers du sein sont diagnostiqués chaque année en France et parmi eux, environ 5% concernent des femmes de moins de 40 ans, soit plus de 3 000 femmes 1. L’incidence du cancer du sein chez les femmes jeunes ne cesse par ailleurs d’augmenter avec une accélération notable ces dernières années 2.

Face à des formes souvent plus agressives, des diagnostics tardifs et des répercussions profondes sur la fertilité, la sexualité, la vie professionnelle et sociale, et sur l’image de soi, ces cancers représentent un véritable enjeu de santé publique.

« En tant que 1er centre européen de lutte contre les cancers du sein en nombre de patients traités, l’Institut Curie dispose d’une expertise de référence notamment dans la prise en charge des femmes jeunes. Nos médecins et soignants ont très tôt pris conscience de la nécessité d’une démarche transversale centrée sur la femme et pas seulement sur la maladie. En 2027, nous allons franchir une nouvelle étape en mettant en place un parcours totalement dédié tenant compte des spécificités de la population jeune et des particularités des cancers qui les touchent », explique le Pr Steven Le Gouill, directeur des hôpitaux de l’Institut Curie.

Les enjeux sont multiples : mieux comprendre, mieux diagnostiquer, mieux suivre et traiter les patientes, avec le moins de toxicités possibles, et prendre en compte les répercussions sur la vie intime, familiale et sociale.

La spécificité de ces cancers est bien établie : ils sont souvent découverts à un stade plus avancé, avec des tailles tumorales plus importantes et un envahissement ganglionnaire plus fréquent. Ce qui est notamment lié au fait que les femmes jeunes ne sont pas concernées par le dépistage organisé, qui vise les plus de 50 ans. De plus, chez les femmes de moins de 40 ans, la proportion de cancers triple négatif est deux fois plus élevée que la moyenne (22 % contre 11 %), de même que la proportion de cancers liés à des prédispositions génétiques (15 % contre 5 à 7 %).

Les cancers du sein chez les femmes jeunes nécessitent plus souvent des traitements intensifs, notamment une chimiothérapie, et pour les tumeurs hormonosensibles, une hormonothérapie, avec des effets indésirables qui peuvent peser fortement sur la qualité de vie.

« Chez les femmes jeunes, le cancer du sein et ses traitements peuvent altérer fortement la qualité de vie, avec des répercussions spécifiques, notamment sur la fertilité et les projets de grossesse, la sexualité, mais aussi une fatigue importante ou des symptômes de ménopause induite. À cela s’ajoutent les conséquences sur la vie sociale et professionnelle, à un âge où celles-ci sont souvent en pleine construction.Tous ces enjeux doivent être intégrés à la prise en charge dès le diagnostic », précise la Dre Florence Coussy, gynécologue médicale et oncologue à l’Institut Curie.

Pour y faire face, les équipes de l’Institut Curie, notamment à travers l’Institut des Cancers des Femmes, ont mis sur pied un parcours dédié aux femmes jeunes atteintes d’un cancer du sein qui verra le jour début 2027, incluant une consultation consacrée à la reprise du travail.

Mieux comprendre les risques pour adapter les stratégies de prévention et de prise en charge

Identifier les causes et comprendre les facteurs de risque est un des objectifs majeurs des équipes de l’Institut Curie. Les prédispositions génétiques sont présentes chez 20% des patientes de moins de 30 ans. Ces mutations, qui concernent un panel de gènes, dont BRCA1 et 2, peuvent faire grimper très fortement le risque de cancer du sein à 70%, alors qu’il est de 10% pour la population générale. Etant donné que de nombreuses situations demeurent actuellement inexpliquées, des projets sont en cours pour identifier de nouveaux facteurs de prédisposition.

Différentes pistes sont à l’étude telles que l’exposition à certains facteurs épigénétiques et plus largement sur l’ensemble des expositions environnementales auxquelles est soumise la personne au cours de sa vie, comme divers polluants (microplastiques, perturbateurs endocriniens, cadmium, phtalates, BPA…). Le projet Exposome va s’intéresser aux mécanismes d’action des microplastiques et visera également à étudier d’un point de vue national le rôle des contaminants environnementaux, notamment grâce à une vaste cohorte de femmes de moins de 30 ans atteintes d’un cancer du sein, déjà constituée à l’Institut Curie.

« Pour mieux comprendre les cancers du sein, et en parti culier ceux des femmes jeunes, et pouvoir analyser leurs différences, leur hétérogénéité et leur réponse au traitement, nous mettons actuellement en place une vaste base de données à partir d’échantillons numérisés de tumeurs ainsi que d’analyses de l’expression de l’ARN (transcriptomique spatiale) et de séquençage de l’ADN, précise la Pre Anne Vincent-Salomon, pathologiste à l’Institut Curie, directrice de l’Institut des Cancers des Femmes. Ce projet d’envergure est mené sur 15 000 échantillons en collaboration avec la fondation MSD Avenir. Et avec l’aide de l’IA, nous devrions construire des nouveaux modèles prédictifs d’ici 2030 ».

Plus largement, l’ensemble des recherches sur le cancer du sein mené à l’Institut Curie intègre de plus en plus les problématiques des femmes jeunes. Leurs objectifs sont multiples : décrypter les mécanismes d’initiation et d’invasion tumorale, comprendre l’hétérogénéité intra-tumorale et les mécanismes de résistance aux traitements, tester de nouveaux médicaments et prédire les réponses thérapeutiques. Telles sont certaines des ambitions des chercheurs qui mènent des études dans des domaines porteurs d’espoir à l’aide d’outils de pointe tels que les tumeurs sur puce, de nouveaux radiotraceurs, ou encore la détection de l’ADN tumoral circulant dans le cancer du sein triple négatif (une forme qui touche particulièrement les patientes jeunes).

« Comprendre les mécanismes biologiques qui gouvernent l’initiation, l’évolution et la dissémination des cancers est l’un des grands défis de la recherche en cancérologie, souligne la Dre Claire Rougeulle, directrice du Centre de recherche de l’Institut Curie. À l’Institut Curie, nos équipes mènent une recherche fondamentale de pointe pour décrypter l’hétérogénéité des cellules tumorales, leur prolifération et leurs réponses aux traitements. Grâce à des approches scientifiques et technologiques innovantes, telles que les organoïdes, les modèles sur puce ou les analyses à l’échelle de la cellule unique, elles font émerger de nouvelles connaissances qui ouvrent la voie aux diagnostics et aux thérapies de demain. En collaboration étroite avec les médecins de l’Institut Curie, certaines de ses approches vont faire l’objet d’essais cliniques dès 2027. »

L’Institut Curie se mobilise fortement pour que ces avancées se traduisent en bénéfice réel pour les femmes atteintes de cancer du sein. C’est tout l’enjeu du modèle Curie, ce continuum entre recherche et soins qui, depuis plus d’un siècle, permet de progresser en associant chercheurs et médecins pour guérir toujours plus de patientes avec le moins d’effets secondaires possibles.

« Dans les cancers du sein triple négatif, deux essais cliniques phares sont en cours : l’essai SKYLINE doit permettre de prédire la résistance à l’immunothérapie et à en comprendre les causes. Et l’essai CUPCAKE, très novateur, dont le but est la détection précoce de la récidive au niveau moléculaire pour la prendre en charge avant l’apparition des symptômes. C’est un enjeu majeur pour les femmes concernées et nous attendons avec impatience les premiers résultats de SKYLINE en 2027 », explique la Dre Fatima Mechta-Grigoriou, directrice de recherche à l’Inserm, directrice de l’unité Chimie biologie des cancers (Institut Curie / Inserm / CNRS) de l’Institut Curie.

 

 


1 Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018 - Rapport FRANCIM, Santé Publique France, INCa

2 Increasing incidence of breast cancer in young women overtime - The Breast, Octobre 2025

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