Les cancers gynécologiques

Céline Giustranti
28/03/2017
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A l’Institut Curie, l’ensemble des pathologies cancéreuses touchant l’appareil génital féminin sont pris en charge : cancers de l’endomètre, du col de l’utérus, de l’ovaire, des trompes, de la vulve et du vagin.
Cancer Adulte - Cancer gynécologique
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Les différents types de cancers gynécologiques

Cancers de l’endomètre, du col de l’utérus et de l’ovaire ou des trompes sont les trois principales localisations de cancers de l’appareil génital féminin qui touchent près de 15 000 nouvelles femmes chaque année en France. Les cancers de la vulve et du vagin sont quant à eux beaucoup plus rares.

 

Cancer de l’endomètre

C’est le plus fréquent des cancers gynécologiques : il se développe au niveau du corps de l’utérus (par opposition au col). 7 300 femmes ont été diagnostiquées pour un cancer de l’endomètre en 2012 (dernier chiffre officiel de l’Institut national du cancer). Ce cancer survient le plus souvent entre 60 et 70 ans, avec un pic d’incidence à 68 ans.

L’obésité, le diabète et un taux d’œstrogènes supérieur à la moyenne (hyperœstrogénie relative) augmentent le risque de survenu du cancer de l’endomètre. Dans 6 % des cas, il survient dans un contexte familial associé à un syndrome de Lynch : les femmes atteintes de cette maladie génétique présentent un risque élevé de développer un cancer de l’endomètre, mais aussi de cancer du côlon, de l’ovaire et des voies biliaires et urinaires.

C’est un cancer de bon pronostic à un stade localisé et la mortalité liée à ce cancer tend à diminuer ces dernières années. Son traitement consiste en une chirurgie associée ou non à une radiothérapie selon le stade et une chimiothérapie pour les formes avancées.

 

Cancer de l’ovaire

Le cancer de l’ovaire a touché 4 600 femmes en 2012, à un âge médian de 65 ans. Dans 5 % à 10 % des cas, il survient dans un contexte de prédispositions génétique : Les femmes porteuses d’une mutation du gène BRCA 1 ou 2  ont un risque plus élevé de développer un cancer de l’ovaire. Dans ce cas, la maladie peut apparaître plus tôt, vers 50 ans. Un suivi adapté est proposé aux femmes prédisposées afin de détecter au plus tôt une lésion. Une ablation préventive des ovaires et des trompes peut également leur être envisagée.

Le cancer de l’ovaire est souvent diagnostiquée tardivement, à un stade avancé, car il est « silencieux » ou se manifeste par des symptômes peu spécifiques : douleurs, saignements, troubles du transit et pesanteur dans le bas-ventre. Il est diagnostiqué par un examen d’imagerie et le dosage d’un marqueur appelé CA 125 dans le sang, qui permet également de suivre l’évolution de la maladie. Lorsque la maladie est peu étendue, le traitement consistera en une chirurgie retirant les ovaires, l’utérus, les différentes chaînes ganglionnaires et toute autre lésion visible. Cette chirurgie est suivie dans la grande majorité des cas d’une chimiothérapie. Si le cancer est disséminé, une chimiothérapie peut être réalisée en première intention, pour réduire la taille et le nombre de lésions. Elle est suivie d’une chirurgie pour retirer toutes les lésions.

 

Cancer du col de l’utérus

3 000 femmes sont diagnostiquées pour un cancer du col de l’utérus chaque année. Sa fréquence est en diminution constante depuis 20 ans, grâce au dépistage régulier par frottis, qui permet de détecter des lésions précancéreuses. Dans 95 % des cas, ces lésions précancéreuses résultent d’une infection par un papillomavirus (HPV) transmise sexuellement 15 à 20 ans plus tôt. C’est pourquoi on propose désormais aux jeunes filles entre 11 et 14 ans une vaccination contre ce virus.

Toutefois ce cancer reste associé à une mortalité importante : 1 100 décès en 2012, alors que les lésions précancéreuses peuvent être retirées avant qu’elles ne deviennent cancéreuses par « conisation , soit l’ablation du cône du col portant les lésions .

Pour les cancers peu avancés, une chirurgie est pratiquée pour enlever l’utérus et les ganglions pelviens. Chez les femmes jeunes ayant un désir de grossesse et dont le cancer est peu évolué, on peut proposer un traitement préservant la fertilité.

Dans les formes avancées, le traitement repose sur l’association d’une radiothérapie et d’une chimiothérapie, parfois suivie d’une chirurgie.

 

Les cancers gynécologiques, plus rares

Le cancer de la vulve et du vagin représente moins de 5 % des cancers féminins. Il survient majoritairement chez les femmes ménopausées, vers 70 ans en moyenne. Il est généralement précédé par une phase précancéreuse, faisant suite à une maladie de peau préexistante, le lichen scléreux, ou à une infection par le virus HPV. Détectées précocement, les lésions précancéreuses peuvent être éliminées par une exérèse, ou des médicaments pour les infections par HPV. Le traitement des formes cancéreuses repose en première intention sur la chirurgie, parfois accompagnée d’une radiothérapie. La survie pour ce cancer est excellente si la maladie n’a pas atteint les ganglions lymphatiques.

 

La prise en charge des cancers gynécologiques à l’Institut Curie

L’Institut Curie traite environ 400 cancers gynécologiques par an, ce qui en fait l’un des plus premiers centres d’Île-de-France.

Depuis 2012, les patientes atteintes de cancers gynécologiques bénéficient d’un accueil dédié. Trois médecins sur le site de Saint-Cloud et autant à Paris accueillent les femmes et guident leur parcours de soins. Un chirurgien reçoit chaque patiente et complète si nécessaire les informations à sa disposition par de examens complémentaires d’imagerie. Les modalités de la prise en charge sont discutées en réunion de concertation pluridisciplinaire, réunissant l’ensemble des spécialistes.

Le plus souvent, les interventions chirurgicales sont réalisées par cœlioscopie, à partir d’une petite incision pratiquée dans l’abdomen. Cette chirurgie dite mini-invasive est plus sûre, entraîne moins de problèmes post-opératoires et les patientes se rétablissent plus vite qu’avec une chirurgie « traditionnelle ».

Quand la cœlioscopie n’est pas possible, les chirurgiens et anesthésistes de l’Institut peuvent proposer une opération plus lourde qui peut durer jusqu’à 8h : une péridurale ainsi qu’un monitoring cardiaque et vasculaire constant pendant l’opération sont alors nécessaires en plus de l’anesthésie générale. L’Institut Curie est ainsi amené à intervenir en chirurgie de recours, en cas de récidive.

Pour les cancers de la vulve, l’Institut travaille en partenariat avec des dermatologues spécialisés afin d’éviter des interventions mutilantes.

 

La recherche sur les cancers gynécologiques

L’Institut Curie permet aussi un large accès à l’innovation thérapeutique en matière de cancers gynécologiques. Des protocoles d’essais cliniques sont disponibles pour les cancers de l’ovaire, comme pour ceux de l’endomètre et du col.

Des équipes de recherche comme celle de Fatima Mechta-Grigoriou, directrice de recherche Inserm à l’Institut Curie, ou celle de Marc-Henri Stern participent à mieux comprendre ces cancers et à mettre au point de nouvelles stratégies thérapeutiques.