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Les causes et facteurs de risque des cancers ORL

Maria Lesnik
25/03/2020
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La majorité des cancers ORL sont dus à une consommation excessive d’alcool et au tabagisme. Le cumul des deux est encore plus délétère, l’un augmentant l’effet de l’autre.

La majorité des cancers de la sphère ORL sont dus à une consommation d’alcool et au tabagisme. Le cumul des deux est encore plus délétère, l’un augmentant l’effet de l’autre, mais peuvent également être d’origine virale. Certaines expositions professionnelles (poussières de bois, solvants…) peuvent également être en cause.

L'alcool 

L’alcool est un cancérogène reconnu par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Il est même la deuxième cause évitable de décès par cancer, après le tabac. 10 % des cancers, toutes localisations confondues, seraient liés à une consommation régulière d’alcool. Cette proportion monte à 50 % pour les cancers de la bouche et du larynx, et même 80 % pour les cancers du pharynx et de l’œsophage.

Tous les alcools sont en cause dans le développement de cancers, fermentés ou distillés : bière, vin, apéritifs, digestifs… Ce qui compte, c’est la quantité d’alcool pur ingérée et elle est la même dans un verre de whisky (4cl, mais très concentré en alcool) que dans un verre de vin (12 cl, moins concentré). Le risque apparaît dès un verre par jour et augmente avec la dose totale ingérée.

La molécule d’alcool présente dans les boissons, l’éthanol, agit à plusieurs niveaux. Elle est transformée par l’organisme en acétaldéhyde, qui réagit fortement avec l’ADN et provoque des mutations. Cette transformation provoque aussi la libération dans le corps de radicaux libres, une forme de l’oxygène qui attaque les cellules. Il diminue aussi les performances du système immunitaire.

Enfin, la molécule d’alcool irrite sur son passage les muqueuses avec lesquelles elle est en contact, dans la bouche, la gorge, l’œsophage, ce qui les rend plus perméables à d’autres cancérogènes, notamment liés au tabac.

La consommation importante d’alcool en France explique que ces cancers y soient particulièrement fréquents.

Le tabac

Le tabac est le plus connu et le plus important des facteurs de risque de cancer. C’est également un facteur de risque évitable. La cigarette contient du tabac, qui lui-même contient de la nicotine, mais aussi des agents de saveur et de texture. Au total, chaque cigarette est faite de plusieurs milliers de composés chimiques. En se consumant, ils dégagent encore dans la fumée une multitude de substances.

L’acétone, l’acide cyanhydrique et l’ammoniac, notamment, irritent les voies respiratoires et favorisent la pénétration d’autres substances nocives. Parmi elles, les goudrons (acétaldéhyde, acrylonitrile, benzène, formaldéhyde, nitrosamines), produits de combustion, sont particulièrement cancérogènes. Le tabac contient aussi des métaux lourds (arsenic, cadmium, chrome, plomb, nickel) également cancérogènes.

Cigares ou pipes ne sont pas moins nocifs du point de vue des cancers ORL. Le cannabis serait également en cause.

Les virus

Les papillomavirus humains (HPV), virus connus pour leur implication dans les cancers du col de l’utérus, sont aussi en cause dans la survenue de cancers de l’oropharynx.

Les cancers faisant suite à une infection HPV (Human Papilloma Virus) touchent essentiellement l’oropharynx, en particulier les amygdales et la base de la langue. Contrairement aux autres cancers ORL, les hommes et les femmes sont concernés à proportion égale par ces cancers dus à l’HPV. Alors que généralement les cancers ORL surviennent autour de 60 ans, ceux survenant suite au virus HPV, se développent dès 40-45 ans, mais ils sont de meilleur pronostic.

Le virus d’Epstein-Barr (EBV), de la famille de l’herpès, est également incriminé dans des cancers du cavum, rares en France mais plus répandus au Maghreb et en Asie du Sud-Est et parmi les populations originaires de ces régions du monde vivant en France.

Les expositions professionnelles 

Certains cancers rares, les adénocarcinomes ethmoïdaux, sont favorisés par l’exposition professionnelle à certaines substances, notamment les poussières de bois. Des mesures de prévention dans les scieries ont permis de les faire reculer.

Puisqu’alcool et tabac sont de gros facteurs de risque, une consommation modérée d’alcool et l’évitement ou l’arrêt du tabac sont des facteurs protecteurs contre ces cancers. L’arrêt du tabac et/ou de l’alcool est également souhaitable en cas de cancer déclaré, dès que possible, pour limiter les complications de la maladie et des traitements et réduire les risques de récidives.

 

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