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CAR-T cell optimisés, vaccinothérapie, super-répondeurs, suivi oncogénétique amélioré… les avancées prometteuses de l’Institut Curie au congrès de l’AACR 2026

15/04/2026

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CAR-T cell optimisés, vaccinothérapie, super-répondeurs, suivi oncogénétique amélioré…. les avancées prometteuses de l’Institut Curie au congrès de l’AACR 2026

Du 17 au 22 avril 2026 à San Diego (Etats-Unis), la communauté scientifique et médicale internationale se réunit pour le congrès annuel de l’American Association for Cancer Research, l’occasion pour les scientifiques de l’Institut Curie de présenter leurs avancées dans les différents domaines de la recherche contre le cancer.

L’EDITION 2026 EN BREF

Oncogénétique / une nouvelle approche pour prendre en charge les prédispositions génétiques au cancer du côlon

Cancer pédiatrique / des prises de sang pour améliorer la prise en charge des enfants atteints de neuroblastome à haut risque

Immunothérapies innovantes :

  • Les résultats très prometteurs de nouveaux CAR-T « optimisés » dans le lymphome oculo-cérébral primitif
  • Cancer du pancréas : une nouvelle famille de cellules immunitaires découverte chez les « super-répondeurs » : A venir, le 18 avril 2026
  • Vers un vaccin thérapeutique contre le mélanome uvéal métastatique
  • De nouveaux biomarqueurs pour prédire la réponse aux immunothérapies dans les cancers ORL

Oncogénétique : une nouvelle approche pour prendre en charge les prédispositions génétiques au cancer du côlon

Avec plus de 7 000 consultations par an, l’Institut Curie est le centre spécialisé réalisant le plus de consultations d’oncogénétique en France. Les recherches qui y sont menées dans ce domaine sont reconnues au plus haut niveau international ; pour preuve la communication orale du Dr Keltouma Driouch, ingénieure dans le service de génétique de l’Institut Curie.

Lorsqu’on suspecte une prédisposition génétique à un cancer, une prise de sang est le plus souvent réalisée pour détecter une mutation héritée de l’un des deux parents et transmise à toutes les cellules de l’organisme (mutation constitutionnelle). Si les analyses sanguines ne révèlent aucune altération génétique, une équipe de l’Institut Curie démontre l’importance de poursuivre l’analyse génétique par une approche tissulaire chez des patients présentant une polypose (pathologie caractérisée par la présence de très nombreux polypes, lésions précurseures du cancer du côlon) à la recherche d’altérations génétiques dites « en mosaïque » dans les tissus eux-mêmes. De telles altérations, acquises au début du développement embryonnaire de l’individu, plus ou moins précocément par rapport à la fécondation, sont dites « post-zygotiques ». Elles ne sont donc ni héritées des parents ni présentes dans toutes les cellules (échappant ainsi à l’analyse sanguine).

« Cette approche tissulaire requiert un travail complexe, long et fastidieux. Parmi les 120 patients inclus dans notre étude, 60 d’entre eux non pas pu obtenir de réponse sur une altération en mosaïque du fait d’un nombre d’échantillons reçus et analysables insuffisants. Cependant, nos efforts se sont révélés payants puisque, dans un tiers des cas « informatifs » (soit environ 20 personnes), une altération génétique en mosaïque a été identifiée », explique le Dr Bruno Buecher, gastro-entérologue et oncogénéticien à l’Institut Curie. 

Ces résultats ont un impact direct et majeur sur le suivi et la surveillance des patients (notamment sur le rythme des coloscopies). Ils redéfinissent également le conseil génétique aux familles : dans ces situations de « mosaïque », les ascendants et les collatéraux, (parents, frères, sœurs, oncles, tantes, neveux, nièces ou cousins…) peuvent être rassurés. En revanche, un test ciblé peut être proposé aux descendants qui devront faire l’objet d’un dépistage coloscopique spécifique si l’altération est détectée.

L’équipe de l’Institut Curie est allée encore plus loin dans l’analyse en montrant que dans certains polypes, la mutation génétique était due à une infection par la bactérie E. coli, capable de produire la colibactine (une substance génotoxique). « Les cancers du côlon peuvent être causés par des altérations génétiques constitutionnelles, des altérations en mosaïque et/ou être liées à une infection bactérienne, explique le Dr Keltouma Driouch. Mieux comprendre les origines génétiques (héritées ou non) ou infectieuses des polyposes adénomateuses colorectales nous permet une meilleure prise en charge, un meilleur suivi et une meilleure surveillance des patients et de leurs apparentés. »

 

COMMUNICATION ORALE APC mosaicism and colibactin-associated signature as key factors in unexplained colorectal polyposis - Bruno Buecher, Keltouma Driouch. - Mini-symposium Prevention / Early Detection / Interception.

En savoir plus sur l'oncogénétique

Cancer pédiatrique : des prises de sang pour améliorer la prise en charge des enfants atteints de neuroblastome à haut risque 

Avec 130 à 150 nouveaux cas recensés chaque année en France, le neuroblastome est la deuxième tumeur solide la plus fréquente chez l’enfant. Or l’efficacité des traitements demeure limitée, en particulier dans la forme à haut risque qui est très agressive.

Les équipes de l’Institut Curie ont acquis une expertise mondialement reconnue dans la recherche et la prise en charge du neuroblastome ; grâce notamment aux recherches menées par le Dr Gudrun Schleiermacher, pédiatre et directrice adjointe à la recherche translationnelle du centre SIREDO (Soins, Innovation, Recherche, en oncologie de l’Enfant, de l’adolescent et de l’adulte jeune) de l’Institut Curie. Elle développe notamment des approches combinant analyses multi-omiques (génomique, transcriptomique, protéomique, métabolomique…), à partir de la tumeur mais également de l’ADN tumoral circulant (ctDNA) pour mieux comprendre l’évolution de la maladie et les mécanismes de résistance afin d’adapter les traitements. Dans ce contexte, elle présentera les résultats issus de deux études européennes phares dans le neuroblastome à haut risque (BEACON-Bio et MICCHADO).

 

Suivre l’évolution tumorale et les résistances au traitement en temps réel

L’étude européenne BEACON-Bio vise à mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués dans les rechutes des jeunes patients atteints de neuroblastome à haut risque et traités dans l’étude BEACON (BEyACizumab added to temozolomide ± IrinOtecan for children with refractory/relapsed Neuroblastoma). Dans le cadre de cet essai de phase 2, les chercheurs ont montré que la quantité d’ADN tumoral circulant est associée à l’évolution clinique de la maladie. De plus, de nouvelles mutations d’une certaine voie de signalisation RAS/MAPK – marqueurs de la résistance au traitement - sont retrouvées chez environ un quart des patients et, chez certains, apparaissent au cours du traitement. C’est la première fois que ces mutations sont identifiées dans le sang des patients, révélant – en temps réel - des mécanismes de résistance qui étaient jusque-là imperceptibles et corrélés à un pronostic plus sombre. Ces données suggèrent qu’une analyse du plasma, réalisée tout au long du suivi des patients, pourrait devenir un indicateur utile de l’évolution clinique des tumeurs. D’autant que ces biopsies liquides, réalisées par simple prise de sang, ne sont pas invasives.

 

Mieux caractériser les tumeurs des jeunes patients dès le diagnostic 

Entre 2018 et 2024, la vaste étude européenne MICCHADO (Molecular and Immunological Characterisation of high risk CHildhood cancer At DiagnOsis), promue par l’Institut Curie, a inclus 599 patients dont 190 jeunes patients atteints de neuroblastome, avec pour objectif d’établir une caractérisation moléculaire et immunologique de ce cancer, puis d’identifier des biomarqueurs corrélés à la rechute. Les chercheurs ont analysé plusieurs types de biomarqueurs (tels que les taux et les altérations d’ADN circulant) ainsi que les populations de cellules immunitaires. 

Ils ont observé des taux plus élevés d’ADN tumoral circulant chez les patients atteints de neuroblastome à haut risque, comparés à ceux atteints de formes à bas risque. Les analyses ont également révélé des altérations spécifiques de l’ADN circulant au moment de la rechute, confirmant l’intérêt de cette approche pour adapter le traitement. Par ailleurs, ces travaux mettent en évidence des profils biologiques associés à un risque accru de rechute, notamment des variations dans les populations de cellules immunitaires.

« Nos recherches soulignent la complémentarité entre biopsie tumorale et biopsie liquide et ouvrent la voie à une médecine personnalisée et adaptative, orientant les patients vers des thérapies plus ciblées en fonction de l’évolution de leur maladie, affirme le Dr Gudrun Schleiermacher. Au-delà de fédérer les équipes de recherche et du soin, la force de l’Institut Curie est de promouvoir des études de grande envergure à l’échelle européenne et internationale pour ces cancers pédiatriques qui nécessitent une coordination accrue. Et c’est justement cette synergie qui nous conduit à accélérer les découvertes pour changer la prise en charge de nos jeunes patients. »

 

COMMUNICATION ORALE  Sequential cell free DNA analysis reveals genetic heterogeneity in patients with relapsed neuroblastoma enrolled in the SIOPEN-ITCC BEACON study – session Pediatric Cancer from Mechanism to Translation.Dr Gudrun Schleiermacher, 20 Avril 2026

POSTER Multi-omics profiling of neuroblastoma identifies immunological biomarkers associated with higher risk of relapse: Results from the MICCHADO studyDr Gudrun Schleiermacher, session Integrative Computational Approaches 20 Avril 2026

En savoir plus sur les cancers pédiatriques

Les résultats très prometteurs de nouveaux CAR-T « optimisés » dans le lymphome oculo-cérébral primitif

Les thérapies cellulaires et géniques, en particulier les cellules CAR-T (Chimeric Antigen Receptor T-cells), connaissent un essor considérable dans le traitement des cancers. Partie intégrante de l'arsenal thérapeutique contre certaines tumeurs hématologiques, des stratégies plus efficaces et des indications plus nombreuses sont explorées, y compris dans les tumeurs solides.

À l’Institut Curie, l’équipe menée par le Dr Marion Alcantara, hématologue et directrice médicale de la plateforme de thérapies cellulaires et géniques du PSCC à l’Institut Curie CellAction, a conduit des recherches, en collaboration avec Mnemo Therapeutics, sur une nouvelle forme de CAR-T cells « optimisés » dans un modèle préclinique de lymphome oculo-cérébral primitif, un cancer hématologique rare et agressif qui se développe au niveau du système nerveux central.

L’objectif de cette étude visait à évaluer ces CAR-T d’un genre nouveau basés sur une stratégie d’immuno-épigénétique développée depuis plus de dix ans par les équipes de l’Institut Curie. « Augmentation de la persistance fonctionnelle, meilleur contrôle tumoral et prévention des rechutes, les résultats précliniques obtenus dans nos modèles de lymphomes oculo-cérébraux primitifs sont excellents et révèlent l’efficacité de nos CAR-T optimisés, bien supérieure à celle des CAR-T classiques », déclare le Dr Marion Alcantara. 

Ces résultats très prometteurs ouvrent la voie au lancement d’un essai clinique de phase I/II chez des patients atteints de lymphome oculo-cérébral primitif en rechute ou réfractaire au traitement. Si cette étude clinique valide la preuve de concept de cette nouvelle approche, de futures applications cliniques, dans d’autres cancers, pourraient être envisagées.

 

POSTER Epigenetic and signaling-based engineering enhances CAR-T cell function in oculo-cerebral lymphoma – Dr Marion Alcantara, Dr Jaime Fuentealba, session Adoptive Cell Therap 20 avril 2026

En savoir plus sur le lymphome

Cancer du pancréas : une nouvelle famille de cellules immunitaires découverte chez les « super-répondeurs » 

A venir

 

POSTER Invigorating pre-existing tumor-infiltrating expandable (TIE) T cell clonotypes in exceptional responders with dual PARP-PD-1 blockade in homologous recombination deficient (HRD) pancreatic cancer  – Dr Marc Hilmi, session Late-Breaking Research: Clinical Research- 22 avril 2026

Qu’est-ce que le cancer du pancréas ?
 

 

Vers un vaccin thérapeutique contre le mélanome uvéal métastatique

Avec 500 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France, le mélanome uvéal est la tumeur maligne de l’œil la plus fréquente chez l’adulte. Dans 30 à 40 % des cas, elle devient métastatique, notamment au niveau du foie. 

En dehors du tebentafusp*, un nouvel anticorps bispécifique (réservé à une certaine catégorie de patients), l’immunothérapie n’est à ce jour pas très efficace dans le traitement du mélanome uvéal métastatique.

A l’Institut Curie, centre national de référence pour ce cancer rare, les équipes s’attèlent à comprendre les facteurs génétiques impliqués et à identifier des molécules spécifiques aux cellules tumorales (appelés « neo-antigènes ») qui pourraient être utilisées pour le développement de vaccins thérapeutiques et d'autres formes d'immunothérapies.

Dans ce contexte, des chercheurs de l’Institut Curie sont parvenus à une caractérisation très approfondie d’une certaine famille de cellules immunitaires : les lymphocytes T CD8+ dans le sang des patients et au niveau des métastases. Ces cellules T CD8+, sont capables de reconnaître et de détruire les cellules tumorales qui présentent des antigènes spécifiques. Ils ont découvert que les CD8+ infiltrent, proliférent dans les tumeurs et circulent dans le sang des patients métastatiques du groupe M3 (ceux dont les cellules tumorales ont perdu une copie du chromosome 3, particulièrement métastatiques). 

« Cette étude met en lumière une réponse immunitaire spécifique contre les tumeurs, détectable à la fois dans le foie et dans le sang. La question étant de savoir quels sont les antigènes reconnus par les CD8+ qui pourraient être exploités pour développer des traitements ciblés contre les métastases, déclare le Dr Sol Yanel Nunez, postdoctorante à l’Institut Curie, dans l’unité Immunité et cancer (Institut Curie, Inserm). Nous avons réussi aujourd'hui à établir une liste de candidats néo-antigènes spécifiques au mélanome uvéal et communs à tous les patients. Nous poursuivons nos travaux pour démontrer que les lymphocytes T CD8+ sont capables de reconnaître ces néo-antigènes et de détruire les cellules tumorales du mélanome uvéal in vitro. Cela nous permettrait de valider notre liste de candidats et in fine de développer un vaccin thérapeutique ou des thérapies cellulaires qui pourraient bénéficier à l’ensemble des patients ».
 

POSTER Anti-tumor antigen CD8 T cells infiltrating M3 uveal melanoma metastases are detectable in the blood. Dr  Sol Y. Nunez, Dr Ana I. Lalanne – session Adaptive Immunity in Cancer - 21 avril 2026

* A noter que des travaux, impliquant le Dr Sophie Piperno-Neumann, oncologue médicale à l’Institut Curie, sur les résultats de survie à 5 ans avec tebentafusp pour les patients atteints de mélanome uvéal métastatique seront présentés à l’oral au congrès de l’AACR le 19 avril, lors de la session Advanced Cellular and Immune-Based Therapeutics. 
 

De nouveaux biomarqueurs pour prédire la réponse aux immunothérapies dans les cancers ORL

Sixième cancer le plus fréquent dans le monde, le cancer ORL touche 19 000 nouveaux patients par an en France. Si les traitements progressent notamment grâce à l’immunothérapie, celle-ci n’est efficace que pour environ 20% des patients. L’identification de biomarqueurs prédictifs de la réponse ou de la résistance à l’immunothérapie dans les cancers ORL est donc un enjeu primordial. 

Pour cela, l’Institut Curie coordonne une étude multi-omiques, en collaboration avec le Centre Léon Bérard, Gustave Roussy, l’Institut universitaire du cancer de Toulouse Oncopôle, l’Institut de biologie Valrose et Unicancer. 

Les chercheurs ont analysé 183 échantillons issus de tumeurs de patients atteints de cancers ORL avancés (issus de deux essais cliniques promus par Unicancer - TOPNIVO et CHECK-UP).

Au congrès seront présentés pour la première fois les résultats préliminaires de cette étude sur les deux premières omiques : la génomique et la transcriptomique. « Nos analyses génomiques révèlent un lien entre les mutations des gènes FAT-1 et TERT, et la survie des patients.

De plus, l’analyse du transcriptome nous a permis de mettre en évidence deux signatures constituées d’une vingtaine de gènes chacune corrélée à la réponse à l’immunothérapie », explique le Pr Ivan Bièche, responsable de l’unité Génomique tumorale dans le service de génétique de l’Institut Curie. 

C’est la première fois que de telles signatures ADN et ARN sont identifiées dans les cancers ORL, ouvrant ainsi des perspectives cliniques de personnalisation des traitements par immunothérapie et de désescalade thérapeutique pour les patients.
Ces travaux initiés en 2021 sont menés dans le cadre de l’appel à projets SIGN’IT financé par la fondation ARC.

 

POSTER Transcriptomic and genomic signatures associated with response or resistance to immunotherapy (IO) in locally advanced/metastatic (LA/M) head and neck squamous cell carcinoma (HNSCC) patients. Dr Elodie Girard, Dr Ivan Bièche - session Biomarkers Predictive of Therapeutic Benefit 2 - 19 avril 2026

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