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- Journée internationale des cancers de l’enfant 2026 : S’adapter pour mieux soigner : une nouvelle ère pour les cancers pédiatriques à l’Institut Curie
Une même ambition guide les équipes de l’Institut Curie : sauver la vie des enfants tout en leur offrant la chance de grandir le mieux possible. Rares mais souvent agressifs, les cancers pédiatriques exigent une approche sur mesure, toujours plus humaine et plus douce. À l’Institut Curie, chercheurs et médecins unissent leurs forces pour adapter chaque traitement à l’enfant et à sa tumeur, du diagnostic le plus précoce jusqu’au suivi des effets secondaires. Biomarqueurs circulants, immunothérapies, étude de la plasticité cellulaire… autant de pistes d’espoir qui ouvrent une nouvelle ère du soin.
« Pour chacun de nos jeunes patients, initier le traitement le plus adapté, évaluer au plus vite son efficacité et réadapter l’approche thérapeutique si besoin, sont au cœur même des fondements de la médecine adaptative mise en œuvre à l’Institut Curie » explique le Dr Olivier Delattre, directeur du centre SIREDO de l’Institut Curie (Soins, Innovation, Recherche, en oncologie de l’Enfant, de l’aDOlescent et de l’adulte jeune). « Il est essentiel de suivre et comprendre l’évolution des cancers pédiatriques pour mieux les soigner. Ce suivi dynamique permet de traquer l’évolution de la maladie, d’agir le plus tôt possible en adaptant les traitements pour une efficacité maximale et des séquelles moindres. »
L'équipe de SIREDO
- 60 soignants
- 70 scientifiques
- 1 unité de recherche dédiée rassemblant 6 équipes de recherche
- 700 jeunes patients pris en charge chaque année dont 350 nouveaux cas
- 36 études cliniques menées en 2024 incluant 147 enfants, adolescents ou jeunes adultes
En France, environ 2 500 enfants sont diagnostiqués chaque année d’un cancer, parmi lesquels les leucémies, les cancers cérébraux et les tumeurs solides sont les plus fréquents. À l’Institut Curie, près de 700 d’entre eux sont pris en charge chaque année au sein du centre SIREDO, unique en France. Réunissant en un seul lieu la recherche, les soins et l’enseignement, ce centre incarne le continuum soin‑recherche et le déploiement de la médecine adaptative : ajuster sans cesse le diagnostic, les traitements et le suivi grâce aux innovations issues des laboratoires, comme l’immunothérapie ou les biopsies liquides, pour offrir à chaque enfant la réponse la plus personnalisée possible.
« En s’appuyant sur des technologies de pointe, les équipes de l’Institut Curie décryptent les mécanismes d’oncogenèse, de plasticité tumorale, l’environnement immunitaire, les biomarqueurs précoces… qui sont spécifiques des cancers pédiatriques - tels que les médulloblastomes, neuroblastomes, tumeurs rhabdoïdes et sarcomes d'Ewing. Guidées par un objectif : mieux comprendre les phénomènes biologiques en jeu pour faire émerger des stratégies de médecine adaptative et personnalisée pour les enfants », déclare le Dr Olivier Ayrault, directeur de recherche au CNRS et directeur de l’unité Mécanismes d’Oncogenèse des Tumeurs de l’Enfant (Institut Curie, Inserm).
Très récemment, il a d’ailleurs conduit des travaux qui ont mis en évidence un nouveau point de vulnérabilité dans certaines formes particulièrement graves de médulloblastome, tumeur cérébrale maligne parmi les plus fréquentes chez l'enfant (au niveau du cervelet)1.
La promesse de l’immunothérapie en pédiatrie
L’immunothérapie ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives dans la prise en charge des cancers pédiatriques, notamment du sarcome d’Ewing. Cette forme rare de cancer des os, diagnostiquée chaque année chez 80 à 100 enfants et adolescents en France, illustre parfaitement l’approche de la médecine adaptative : ajuster les traitements en fonction des caractéristiques propres de chaque tumeur et de la réponse de chaque patient. « L’une des difficultés de l’immunothérapie est de trouver la cible », explique le Dr Olivier Delattre, dont les travaux à l’Institut Curie ont permis d’identifier une protéine de fusion caractéristique du sarcome d’Ewing2.
« Une fois la cible identifiée, notre travail est de trouver comment renforcer l’organisme pour qu’il puisse la reconnaître et la combattre. Et là, on dispose d’une gamme de possibilités », ajoute le Dr Delattre.
Vaccins thérapeutiques, thérapies cellulaires… ces approches, explorées par le centre SIREDO, illustrent la promesse d’une médecine plus personnalisée, moins invasive et plus efficace.
Les biopsies liquides : pour un suivi régulier, moins invasif, au plus proche de l’évolution de la maladie
La médecine adaptative se déploie aussi dans le suivi dynamique et la compréhension des tumeurs solides pédiatriques, comme le neuroblastome, l’un des cancers solides les plus fréquents chez l’enfant qui se développe à partir de cellules embryonnaires. Le bénéfice des biopsies liquides pour la qualité de vie des patients est très net, compte tenu de l’âge médian des patients (18 mois). En plus d’avoir l’avantage d’être réalisée par une simple prise de sang, à la différence des biopsies classiques plus invasives, elles permettent de suivre l’agressivité de la tumeur et même de prévoir les rechutes. C’est ce qu’ont démontré les travaux du Dr Gudrun Schleiermacher, oncologue pédiatre et cheffe d’équipe de recherche à l’Institut Curie3. « Nous savons aujourd’hui que les biomarqueurs observés au diagnostic peuvent évoluer au cours du temps et que de nouvelles altérations associées à la résistance aux traitements peuvent apparaître. Suivre ces changements est indispensable pour ajuster la prise en charge », explique-t-elle.
D’autant que ces altérations, notamment sur le gène ALK, sont présentes chez 10 à 15 % des patients au diagnostic, mais sont retrouvées chez environ 25 % des patients en rechute. Les identifier ouvre la voie à des traitements ciblés adaptés.
Sur les 150 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France, près d’un sur deux correspond à une forme à haut risque, avec une survie à long terme inférieure à 50 %, malgré des traitements intensifs. « Avec des biopsies liquides régulières, nous pouvons intercepter la maladie et envisager un traitement ciblé au moment le plus pertinent », rappelle le Dr Gudrun Schleiermacher, qui participe notamment à des protocoles européens comme MONALISA4 avec comme objectif d’évaluer l’intérêt clinique de la biopsie liquide pour la détection des rechutes du neuroblastome par rapport aux méthodes standards et in fine, de développer un outil numérique d’aide à la décision thérapeutique.
Cancers pédiatriques : des identités cellulaires multiples et réversibles
La recherche sur la plasticité cellulaire illustre une autre dimension clé de la médecine adaptative : comprendre les transformations des cellules pour ajuster les traitements au bon moment. C’est ce que montrent les travaux du Dr Isabelle Janoueix-Lerosey , directrice de recherche à l’Inserm et cheffe de l’équipe Biologie et oncogenèse du neuroblastome au sein de l’unité Mécanismes d'oncogenèse des tumeurs de l'enfant (Institut Curie, Inserm) sur la dynamique des états cellulaires dans le neuroblastome. Ses recherches ont identifié dans plusieurs modèles cellulaires de neuroblastome différents états cellulaires réversibles, dont certains sont associés à une résistance accrue aux traitements par chimiothérapie.
« Ces états sont dynamiques. Leur réversibilité ouvre des fenêtres d’intervention thérapeutique. L’idée : cibler la tumeur au moment où elle est la plus vulnérable pour adapter plus finement l’intensité et la nature des traitements chez les enfants atteints de formes à haut risque », explique-t-elle.
L’excellence de la recherche pédiatrique à l’Institut Curie
Dans ce combat de près de cinquante ans contre les cancers de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte, l’Institut Curie conjugue recherche innovante, traitements de pointe et accompagnement sur mesure pour offrir aux jeunes patients la meilleure prise en charge et une qualité de vie optimale.
Dernier exemple en date : la création en janvier 2025 de l’unité mixtes de recherche Mécanismes d’oncogenèse des tumeurs de l’enfant (Inserm, CNRS, Institut Curie), dirigée par le Dr Olivier Ayrault, spécialiste des tumeurs cérébrales pédiatriques, au sein du centre SIREDO. Cette unité réunit six équipes dont les expertises couvrent l’oncogénétique, l’imagerie, la biologie cellulaire et la modélisation tumorale. Leur ambition commune : mieux comprendre les cancers pédiatriques pour concevoir des thérapies toujours plus ciblées, efficaces et mieux tolérées.

Cancers de l'enfant et de l'adolescent
[1] En savoir plus : Cancers pédiatriques : le talon d'Achille inattendu découvert dans les médulloblastomes les plus agressifs (Communiqué de presse 16 janvier 2026)
[2] En savoir plus : Congrès American Association for Cancer Research - Oncologie pédiatrique, vaccin anti-cancer : les résultats prometteurs de l’Institut Curie (communiqué de presse 10 avril 2024)
[3] En savoir plus : Congrès Advances in neuroblastoma research : Cancers pédiatriques : comment l’Institut Curie fait avancer la recherche dans le neuroblastome (communiqué de presse 26 mai 2025)
[4] En savoir plus : A SIOPEN pragmatic clinical trial to MOnitor NeuroblastomA relapse with LIquid biopsy Sensitive Analysis
[5] En savoir plus : Congrès Advances in neuroblastoma research 2025 - Cancers pédiatriques : comment l’Institut Curie fait avancer la recherche dans le neuroblastome (communiqué de presse 26 mai 2025)

