Les cancers urogénitaux

Nathalie Oudar
29/03/2017
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Les cancers urogénitaux (prostate, rein, vessie, testicule) sont pris en charge par les équipes médicales de l’Institut Curie. En réunion de concertation pluridisciplinaires, un plan personnalisé de soins est proposé à chaque patient diagnostiqué avec dès que possible un accès à l’innovation.
Cancer Adulte - Cancer urogénital
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Les cancers urogénitaux

Les cancers urogénitaux sont variés car regroupent les atteintes tumorales notamment du rein et de la vessie, et chez l’homme, de la prostate et du testicule. Ils recouvrent des réalités très différentes. Les stratégies de prise en charge sont adaptées à chaque patient et déterminées en réunion de concertation pluridisciplinaires.

  • Le cancer de la prostate est le plus fréquent (70 000 nouveaux cas / an en France). Il survient chez les hommes le plus souvent après 65 ans mais sa mortalité reste faible avec l’obtention fréquente de la guérison ou d’un contrôle prolongé d’une maladie dont l’évolution est devenue chronique. Il est suspecté lors d’une augmentation du taux d’antigène spécifique prostatique (PSA) dans le sang, puis diagnostiqué par des examens complémentaires (biopsies et IRM). Ces éléments, couplés à l’examen clinique, permettent aussi de préciser le stade et l’agressivité de la tumeur.
    Selon ces critères, l’intensité des symptômes, l’état de santé général et l’âge du patient, il peut être proposé plusieurs attitudes, allant de la simple surveillance vers un traitement d’intention curative par chirurgie, radiothérapie et-ou hormonothérapie. La chimiothérapie étant plutôt indiquée dans les formes évoluées et/ou métastatiques. Parfois, il peut exister un choix entre les différents traitements et les préférences du patient sont prises en compte.
  • Autre cancer masculin, beaucoup plus rare, le cancer du testicule (un peu plus de 2 300 cas/an en France) est le plus fréquent chez l‘homme jeune entre 20 et 30 ans. La guérison définitive est obtenue dans plus de 96 % des cas. C’est l’apparition d’une tuméfaction ou de l’augmentation de volume de l’un des testicules qui amène le patient à consulter. Le médecin procède pour le diagnostic à la palpation des testicules, à une échographie des testicules et une recherche de marqueurs sanguins. Le retrait chirurgical du testicule atteint est le traitement initial. Avant cette intervention, il sera proposé par précaution d’effectuer un recueil de sperme avec sa conservation « en banque » après congélation. D’autres thérapies peuvent compléter le plan de traitement : chimiothérapie, voire radiothérapie ou chirurgie des masses abdomino-pelviennes ou des ganglions résiduels.
  • Le cancer du rein (environ 10 500 cas / an) touche deux fois plus les hommes que les femmes et le plus souvent après 65 ans. Il est parfois diagnostiqué de façon fortuite, lors d’un examen d’imagerie pratiqué pour une autre raison. Le médecin établira le diagnostic après un examen clinique et un scanner abdominal. Les traitements font appel à la chirurgie et à la chimiothérapie.
    Il existe des formes familiales de cancer du rein ; une analyse génétique est donc souvent pratiquée lorsque la maladie est diagnostiquée chez une personne de 30 ou 40 ans. Si une prédisposition héréditaire est repérée, les membres de la famille pourront être étroitement surveillés.
  • Le cancer de la vessie (près de 12 000 cas/an en France) est en grande partie lié au tabagisme et à l’exposition à certains produits toxiques utilisés dans l’industrie. Il touche quatre fois plus les hommes que les femmes, majoritairement autour des 70 ans. La part des femmes concernées croît en raison de l’augmentation de leur tabagisme.
    L’élément qui fait souvent suspecter un cancer de la vessie est la présence de sang visible dans les urines. L’envie d’uriner fréquemment et les brûlures urinaires sans infection urinaire ni calculs, sont des signes plus tardifs.
    Les examens de diagnostic sont l’échographie de l’appareil urinaire, l’analyse d’urines et l’exploration de la vessie par cystoscopie qui peut être suivie d’une résection chirurgicale par les voies naturelles, dans un but diagnostique et parfois de traitement.
    Plusieurs types de traitements sont disponibles selon chaque cas : chirurgie (retrait de la vessie, confection d’une néo-vessie ou mise en place d’une poche extérieure), chimiothérapie ou des traitements plus ciblés par immunothérapie ou encore radiothérapie.

La prise en charge des cancers urogénitaux à l’Institut Curie

L’innovation, priorité stratégique à l’Institut Curie, avec notamment l’implication forte des médecins-chercheurs en immunothérapie dans le cadre d’essais cliniques, et le plateau technique de radiothérapie parmi les plus complets en France, font de l’Institut Curie un centre hospitalier habilité à proposer des parcours de soins complets ou en partenariat avec les équipes chirurgicales d’hôpitaux franciliens comme l’Institut mutualiste Montsouris (Paris) ou l’Hôpital Foch (Suresnes).

  • Cancer de la prostate
    • L’arc-thérapie volumétrique (avec l’évolution vers une radiothérapie hypofractionnée) ou la curiethérapie par implants de grains d’iode 125 sont parmi les radiothérapies proposées aux patients atteints de formes localisées.
    • L’hormonothérapie permet de traiter efficacement et durablement les patients présentant un cancer avancé.
    • Un séquençage de la tumeur permet d'envisager éventuellement, en réunion de concertation pluridisciplinaire moléculaire, une thérapie médicamenteuse ciblée spécifique dans le cadre d’un essai thérapeutique dédié.
    • La recherche clinique en immunothérapie ouvre de nouvelles pistes prometteuses pour les patients notamment ceux en situation métastatique.
  • Cancer du rein
    • La radiologie interventionnelle est un véritable plus dans les domaines du diagnostic (biopsies) et du traitement, curatif ou palliatif (cimentoplastie, radiofréquence). Elle permet de combiner des gestes peu invasifs d’une grande précision.
  • Cancer de la vessie
    • Un séquençage de la tumeur permet d'envisager éventuellement, en réunion de concertation pluridisciplinaire moléculaire, une thérapie médicamenteuse ciblée spécifique dans le cadre d’un essai thérapeutique dédié.
    • En cas d’impossibilité pour la chirurgie, une radiothérapie chimio-potentialisée est proposée.
    • Contre les formes agressives s’accompagnant le plus souvent d’une extension tumorale en dehors de la vessie, principalement au niveau des ganglions, il est proposé une radiothérapie postopératoire.

La recherche sur les cancers urogénitaux

A l’Institut Curie, la collaboration avec les médecins et les chercheurs permet de proposer des études précliniques indispensable avant de proposer des protocoles innovants aux patients.

Les travaux scientifiques se poursuivent au Centre de recherche de l’Institut Curie afin de mieux comprendre les mécanismes qui mènent les cellules des organes urogénitaux sur la voie de la cancérogenèse. L’équipe Oncologie moléculaire de l’unité Compartimentation et dynamique cellulaire (CNRS / Institut Curie) étudie les carcinomes de vessie avec pour objectif d’identifier des gènes impliqués, de comprendre leur rôle, d’étudier les mécanismes génétiques et épigénétiques en jeu et de caractériser les voies de signalisation qui leur sont associées.