Portrait - Linda Haroun, data manager clinique

Anne Coppola
23/01/2019
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Au sein de l’équipe dirigée par Laetitia Chanas, Linda Haroun a pour principale mission de garantir la qualité des données des patients. Tout en posant son regard humain sur les data, elle est chargée de comprendre les besoins des utilisateurs et de les former aux nouveaux outils.
Linda Haroun

Après un master en santé publique, Linda Haroun devient attachée de recherche clinique à l’AP-HP. Puis elle rejoint, il y a deux ans, l’Institut Curie, dans le cadre du projet ESME (UNICANCER) pour travailler sur les bases de données. « L’attachée de recherche clinique est la personne garante de la qualité d’un projet, à toutes les étapes, résume-t-elle. Elle s’assure que la réglementation est bien respectée et elle est garante des bonnes pratiques cliniques. Il s’agit par exemple de vérifier que les effets indésirables sont bien déclarés. »

C’est donc naturellement qu’elle évolue vers un poste de data manager clinique, crée à l’Institut Curie en septembre 2018, au moment même où la nouvelle équipe des data est créée. Métier en miroir de celui d’attaché de recherche clinique, le data manager est le garant de la qualité des données extraites pour répondre aux besoins des chercheurs. « J’ai la chance de travailler dans une équipe qui allie beaucoup de compétences complémentaires. Je m’y sens bien, on communique beaucoup ! J’ai le sentiment d’être utile et j’aime penser que ma contribution, aussi modeste soit-elle, servira un jour à la recherche, donc aux patients. »

Au cœur des data. Ses missions ? Linda Haroun est responsable de la base Sein de l’Institut Curie, laquelle regroupe les données des sites de Paris et Saint-Cloud de 1959 à 2012. Après cette date, les chercheurs qui en font la demande, peuvent récupérer les données via les data manager. « Une partie de mon travail consiste à saisir les données afin de mettre à jour cette base, en fonction des projets de recherche, tout en garantissant la qualité des données délivrées. Je suis également chargée de créer de nouvelles bases de données cliniques, en plus de la base Sein. » Linda Haroun est alors présente tout au long du processus qui vise à structurer les données pour les rendre accessibles aux utilisateurs. Après une première étape permettant au porteur de vérifier sa faisabilité, le projet passe au CRI Data, comité qui valide et encadre l’utilisation en recherche des données de patients collectées lors des soins, afin d’être en conformité avec le RGPD. Une fois que les voyants sont au vert, la data manager détermine les besoins de l’utilisateur et le minimum de données nécessaires  pour ses recherches. Tout est notifié dans le logiciel REDCap (Research Electronic Data Capture) : la base est créée, les données prêtes à être exploitées. « Grâce à cet outil, on facilite la collection et le stockage de données de manière sécurisée. » Reste l’étape de formation des utilisateurs et leur accompagnement. « En 2019, Nous proposerons des formations à l’outil REDCAP aux chercheurs de Curie s’ils le souhaitent. Ils pourraient ainsi saisir et récupérer des données de façon sécurisée et éviter d’utiliser Excel. »

Conserver un regard sur les données. Linda Haroun travaille également sur ConSoRe, un logiciel qui récupère des données dans les dossiers médicaux des patients, de manière autonome et intelligente. Mais qui doit encore être contrôlé manuellement. « Nous continuons à travailler sur la fiabilité de l’outil en validant manuellement les données, via des contrôles aléatoires. De plus des algorithmes de machine Learning sont en cours de développement pour automatiser ce processus. Nous souhaitons l’utiliser pour alimenter les autres bases de données automatiquement, et ainsi pouvoir récupérer le maximum d’information présente dans les bases de données hospitalières. » L’idée est de générer des cohortes à partir d’informations récupérées en temps réel dans le dossier patient informatisé. Objectif ? Faire gagner du temps aux chercheurs et aux médecins. « Nous pouvons répondre plus rapidement à leurs besoins et traiter davantage de demandes. »