Actualité - Ouverture

Reconstruction mammaire : l’expertise de l’Institut Curie transposée aux antipodes

Emmanuelle Manck
20/09/2019
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Le 20 septembre 2019, une équipe de l’Institut Curie s’envolera vers la Nouvelle-Calédonie pour une mission de 10 jours dédiée à la reconstruction mammaire au Centre hospitalier territorial Gaston-Bourret de Nouméa.
Nouméa

Cette belle initiative est le fruit d’un partenariat historique avec le CHT de Nouméa, qui avait déjà consulté le service de chirurgie l’Institut Curie sur des cas de reconstruction mammaire, et d’une idée qui a fait son chemin. Au programme de ce déplacement : information, formation, interventions et lancement d’une collaboration sur la durée.

Le faible nombre de cas de cancers du sein en Nouvelle-Calédonie ne permet pas aux chirurgiens de Nouméa de développer des techniques de microchirurgie très pointues

explique le Pr Fabien Reyal, chef de service de chirurgie sénologique, gynécologique et reconstructrice.

Leur demande de collaboration est donc forte. De fil en aiguille, elle nous a amenés à leur proposer un projet de mission sur place pour les aider à prendre en charge les patientes.

Autour du Pr Fabien Reyal, l’‘équipe de choc’ qui se rend à Nouméa rassemble le Dr Jean-Guillaume Féron et le Dr Noémie Girard, respectivement praticien et assistant, tous deux spécialistes en chirurgie reconstructrice du sein, ainsi que Sarah Jemai, infirmière de bloc, Alexandra Roussel, infirmière anesthésiste et Quitterie Lanta, animatrice de l’ERI (Espace Rencontres et Informations) de l'Institut Curie.

Un agenda chargé et des perspectives de pérennisation du modèle

Le programme de cette première collaboration de l’Institut Curie avec Nouméa sera intensif :  

Nous n’allons pas beaucoup voir le jour là-bas puisque nous allons réaliser plusieurs reconstructions par microchirurgie et une cinquantaine de consultations patient, en plus de conférences auprès de médecins locaux et du grand public

déclare le Pr Reyal

Nous allons également organiser un projet d’espace patient avec le CHT sur un modèle semblable à celui de l’ERI de l’Institut Curie, nous entretenir avec des patientes et tester une application que nous avons développée pour les aider à s’informer sur la reconstruction. Enfin, nous allons rencontrer la direction du CHT et les responsables de l’ARS locale pour pérenniser la collaboration.

Et en effet, comme dans toutes les zones du monde où les moyens de développer ces prises en charge manquent et où l’organisation du séjour des patients en France se révèle difficile, la réplication de ce modèle de mission comblerait de nombreuses attentes. Pour l’Institut Curie, le bénéfice serait également important : « Le projet rassemble des corps de métier du bloc, de la pharmacie, des ressources d’information et de l’administration qui n’échangent pas toujours entre eux et leur donne l’occasion d’agir ensemble sur un projet à la fois humain et matériel », déclare le Pr Reyal.

C’est aussi stimulant pour les équipes du bloc opératoire de découvrir d’autres environnements de travail et de s’y adapter pour y transposer ses connaissances, qui plus est dans la perspective de renouveler l’expérience sur ce même lieu ou sur tout autre territoire externe qui en aurait besoin.

La situation en Nouvelle-Calédonie

En Nouvelle-Calédonie, on dénombre chaque année :

  • 150 cancers du sein,
  • 50 mastectomies,
  • 20 à 25 reconstructions mammaires

« Les patientes qui ont subi une mastectomie rencontrent un souci d’esthétique et de reconnaissance de leur corps, mais pour autant le cap de la reconstruction est difficile à passer, a fortiori quand il implique un départ pour la métropole. » explique Erick Camus, Chef de service Gynécologie au CHT Sur le territoire, seules les reconstructions par implant mammaire, parfois associées à un lipomodelage, peuvent être réalisées.