Projet GIANT-NB : mieux comprendre le neuroblastome pour développer de nouvelles armes thérapeutiques

Anne Coppola
07/02/2019
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Ce projet, soutenu par la Fondation ARC et coordonnée par l’Institut Curie, vise à caractériser les mécanismes moléculaires, génétiques et immunologiques impliqués dans la progression tumorale du neuroblastome, l’un des cancers pédiatriques les plus fréquents.
Gudrun

Uriel Chantraine / Institut Curie

Le neuroblastome touche presque exclusivement de très jeunes enfants dont la moitié ont moins de deux ans lors du diagnostic. Avec environ 150 nouveaux cas par an en France, il s’agit du troisième cancer pédiatrique le plus fréquent après les leucémies et les cancers du cerveau.

Cette tumeur solide extra-crânienne, la plus fréquente chez l’enfant, est caractérisée par une hétérogénéité clinique importante, allant de la régression spontanée sans traitement, à la progression avec un risque fatal malgré tout traitement proposé. Les chances de survie à 5 ans varient ainsi de 40 % à plus de 95 %.

D’importants progrès ont été réalisés pour identifier des facteurs pronostiques cliniques, pathologiques et moléculaires au moment du diagnostic, permettant de définir des groupes de risque et d'adapter l'intensité du traitement de première ligne en fonction, avec une large gamme de thérapeutiques allant de l'observation attentive à la thérapie multimodale intensive. Néanmoins, dans les maladies à haut risque, la survie globale reste pauvre. Qui plus est, les mécanismes moléculaires précis liés à l’évolution clinique de cette maladie ne sont que très peu élucidés.

L’objectif du programme de recherche GIANT-NB est de comprendre pourquoi certaines formes échappent au traitement dans la perspective de développer de nouvelles approches thérapeutiques pour lutter efficacement contre chaque tumeur.

La compréhension des mécanismes de résistance et de la progression tumorale passe par l’analyse de l’ADN circulant, des fragments d’ADN issu de la tumeur primaire et présents dans le sang. Concrètement, l’idée est d’établir une sorte de carte d’identité génétique, moléculaire et éventuellement épigénétique des cellules cancéreuses résistantes et de comprendre comment celle-ci est modifiée au fil de l’évolution de la maladie. Puis, de déduire des profils génétiques, des scénarios possibles d’émergence de la résistance thérapeutique. Par ailleurs, l’impact du microenvironnement tumoral est largement établi dans le développement de nombreux types de cancer. Or, dans le neuroblastome, le rôle du microenvironnement tumoral reste très peu étudié. Les chercheurs s’appliqueront à étudier le profil immunologique, c’est-à-dire la capacité des cellules immunitaires à lutter contre les cellules cancéreuses.

La spécificité du projet réside dans son approche globale, intégrant à la fois les mécanismes moléculaires, génétiques et immunologiques. Il propose en outre un aspect original qui repose sur l'analyse d'échantillons d'un même patient en utilisant différentes technologies et approches.

Huit équipes de recherche de trois centres de lutte contre le cancer (Institut Curie à Paris, Centre Léon Bérard à Lyon et Gustave Roussy à Villejuif) et une équipe de l’AP-HP sont impliquées dans le projet GIANT, qui a débuté en 2018.

Le projet est coordonné par le Dr Gudrun Schleiermacher, pédiatre et chercheuse, directrice adjointe pour la recherche translationnelle du SIREO et soutenu par la Fondation ARC.

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