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« Devenir une référence du transfert de technologies en cancérologie… »

Cécile Campagne
22/09/2017
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… pour renforcer les interactions entre recherche et soins. Tel est le projet ambitieux porté par Amaury Martin, directeur de la valorisation et des partenariats industriels et de l'Institut Carnot Curie Cancer.
Amaury Martin

Quel est l’objectif du projet tout juste adopté par l’Institut Curie sur la valorisation de la recherche et les partenariats avec les entreprises innovantes ?

Amaury Martin : Il s’agit de faire de l’Institut Curie une référence du transfert(1) de technologies en cancérologie, qui intègre pleinement le continuum recherche fondamentale, translationnelle et clinique. Cette dynamique inédite a été impulsée dans le cadre du projet d’entreprise 2015-2020 MC21. Fidèle au modèle imaginé par Marie Curie en 1909, ce souffle nouveau vise à renforcer encore les interactions entre recherche et soins, et ce dans l’unique but de transformer au plus vite les résultats des recherches en applications médicales au bénéfice des patients.

 

Comment envisagez-vous de mener à bien ce challenge ?

AM : Nous allons optimiser l’identification, la promotion et la valorisation de l’ensemble des ressources scientifiques, technologiques et médicales de l’Institut Curie. Notre objectif est d’accompagner les chercheurs et les médecins en matière de protection, valorisation et commercialisation de leurs inventions. Nous souhaitons aussi renforcer le soutien pour la mise en place de collaborations avec les entreprises innovantes.

Deux priorités sont au cœur de ce nouveau plan d’action :

  • développer la détection précoce et la maturation des innovations
  • accélérer la dynamique d’identification et d’accompagnement de projets de start-ups issus des inventions des équipes de l’Institut Curie.

 

Quelle place occupe ce projet au sein de l’Institut Curie et de son environnement ?

AM : L’Institut Curie doit être moteur pour accompagner les évolutions que traverse actuellement la société, particulièrement dans la définition de la place à accorder à l’innovation. Le défi sera de trouver un juste équilibre entre une recherche ouverte répondant à des questions scientifiques fondamentales et de veiller au transfert des innovations associant au plus tôt des entreprises partenaires. Il faut bien sûr poser la condition d’un juste partage des revenus pour maintenir la capacité d’investissement de l’Institut. Pour cela, l’Institut Curie doit continuer de s’ouvrir sur l’écosystème d’innovation*.

 

Quels sont vos priorités dans les mois à venir ?

AM : Dans un premier temps, nous allons développer une offre complète dédiée à l’accompagnement, au financement et à l’hébergement de projets de création de start-ups issues de l’Institut Curie. Dès 2018, un programme d’accompagnement des porteurs de projets de start-ups, en interaction étroite avec les actions déjà en place au sein de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL), sera mis sur pied.

L’Institut Curie dispose d’atouts non négligeables dans ce domaine, de par son modèle intégré (recherche fondamentale, translationnelle et clinique) et son expertise : Il a par exemple accompagné DNA Therapeutics, une start-up ayant développé à partir de la technologie Dbait mise en point dans les laboratoires de Curie, la molécule siNDA racheté par Onxeo en 2016, et plus récemment soutenu la création de Stimunity qui valorise des travaux de recherche menés à l’Institut Curie en immunothérapie des cancers.

Le deuxième pilier est consacré au développement d’ici fin 2017 de deux programmes, l’un de détection (Sourcing), In’C2 initiative, et l’autre de maturation (Proof of Concept), Curie’Innov. Ils permettront de renforcer la sensibilisation et la formation des chercheurs/médecins aux enjeux de la protection de leurs innovations.

Un troisième axe visera à renforcer la protection sur des secteurs stratégiques pour l’Institut Curie tels que les données, la bio-informatique, les logiciels, les technologies médicales et plus généralement l’innovation à l’hôpital.

 

Qu’en est-il de votre stratégie vis-à-vis des partenariats industriels ?

AM : L’Institut Curie développe déjà de nombreux partenariats alliant les intérêts de la recherche à ceux des biotechs ou de l’industrie pharmaceutique. Cette spécificité, reconnue au travers de la labélisation Institut Carnot Curie Cancer va être développée. Dans ce cadre, une politique incitative interne sera mise en place d’ici à 2019.

 

Amaury Martin, PhD, a été nommé directeur de la valorisation et des partenariats industriels et directeur de l’Institut Carnot Curie-Cancer le 21 janvier 2016. Docteur en biologie de l’université de Lyon, il a travaillé pendant plusieurs années au sein d’un cabinet international de conseil en financement de l’innovation avant de rejoindre le Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes (CLARA) dont il était le secrétaire général depuis 2012.

La direction de la valorisation et des partenariats industriels qu’il dirige compte 11 personnes.

 

(1) Selon l’Association of University Technology Managers, Le transfert technologique est le processus désignant le transfert formel à l’industrie de découvertes résultant de la recherche universitaire ou privée dans le but de les commercialiser sous la forme de nouveaux produits et/ou services

* Cet écosystème comprend PSL Valo, les établissements du Cancéropôle d’Ile-de-France (Gustave Roussy, Institut Pasteur, AP-HP), les co-tutelles (Inserm, CNRS, universités), les Sociétés d’accélération de Transfert de Technologie (SATT) ou encore le réseau des Instituts.