Christophe Le Tourneau

Trois questions à Christophe Le Tourneau, directeur du D3i

Emilie Gillet
02/09/2019
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Trois questions à Christophe Le Tourneau, directeur du Département d'Essais cliniques précoces et d'innovation à l'Institut Curie.

Les essais précoces sont-ils une part importante de l’activité de l’Institut Curie ?

Il y a une dizaine d’années, ils ne représentaient qu’une activité mineure à l’Institut Curie et quasi exclusivement dans le domaine du cancer du sein. Lorsque j’ai été recruté en 2009, c’était avec l’objectif de développer ce type d’essais cliniques et de diversifier les cancers concernés. En 2010, nous avons été l’une des premières équipes labellisées CLIP2 par l’INCa. L’année dernière, près de 200 essais cliniques précoces étaient ouverts à l’Institut Curie, portant sur des thérapies ciblées et l’immunothérapie, mais aussi sur des molécules agissant sur l’épigénétique ou sur d’autres molécules innovantes telles les nanoparticules.

Le D3i a même été créé en 2018 pour cela. De quoi s’agit-il ?

Au fil des années, nous avons développé une organisation et un savoir-faire pour mener à bien ce type d’essais. Il était logique de créer un département avec des équipes entièrement dédiées, une trentaine de personnes environ (médecins, infirmier(e)s, aides-soignant(e)s, secrétaires…) au sein de 2 unités d’investigation clinique (UIC) et 14 lits/ fauteuils à Paris et 6 à Saint-Cloud. Cela nous rend également plus visibles auprès des sociétés savantes et de nos partenaires pharmaceutiques.

Votre savoir-faire « moléculaire » participe aussi à favoriser ces essais ?

Oui, la caractérisation moléculaire des cancers est indispensable aujourd’hui car nombre de thérapies ciblées et d’immunothérapies sont développées sur cette base. Cette démarche a été initiée avec l’essai SHIVA01, que nous coordonnions. C’est désormais notre RCP* moléculaire qui a pris le relais en 2014 et qui ne pourrait se faire sans des interactions fortes avec les pathologistes, les radiologues interventionnels, les bio-informaticiens et les biologistes en particulier. Cette recherche d’altérations moléculaires nous permet d’orienter les patients au mieux vers les essais précoces les plus pertinents.

* RCP : réunion de concertation pluridisciplinaire, où les dossiers médicaux des patients sont discutés par différents médecins spécialisés (oncologues, radiologues, chirurgiens, anatomopathologistes…)