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Déficits immunitaires primaires : l’Institut Curie est partenaire du projet ATRACTion

Corentin Mathé--Deletang
12/07/2019
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L’institut Curie se réjouit d’intégrer le consortium du projet scientifique ATRACTion, lauréat d’un appel à projet du programme Investissement d’Avenir. À l’heure d’une prise en charge complexe des déficits immunitaires avec auto-immunité ou inflammation, le projet vise à améliorer les diagnostics et les soins liés à ces pathologies.
Josh Waterfall

Chef de l’équipe Génomique fonctionnelle et intégrative du cancer

Ils seront 10 ! 10 partenaires académiques ou industriels à travailler conjointement sur le projet ATRACTion porté par Frédéric Rieux-Laucat, à l’Institut Imagine. AP-HP, Inra, CEA, Institut Curie, Institut Pasteur ou encore Inserm, ces acteurs coopéreront dans le cadre d’études multiples sur les déficits immunitaires primaires. Dénombrées à près de 350, ces défaillances du système immunitaire, système protecteur de notre organisme, sont à l’origine liées à des erreurs génétiques. Leurs symptômes extrêmement variés et le manque de connaissances scientifiques à ce jour mène à une errance diagnostique et thérapeutique importante : thérapies lourdes et longues, effets secondaires non négligeables, efficacité réduite au cours du temps etc.

C’est là que le projet ATRACTion tire son épingle du jeu. S’appuyant notamment sur l’utilisation de l’intelligence artificielle et sur l’analyse sur cellule unique, l’équipe compte explorer un vaste ensemble de banques de données mis à sa disposition. Avec l’espoir, à terme, d’une prise en charge clinique personnalisée, reposant sur de nouvelles molécules ou sur le repositionnement de molécules déjà utilisées dans d’autres pathologies.

A l’Institut Curie, c’est Joshua Waterfall, responsable d’équipe dans le département de recherche translationnelle de l’institut Curie et expert en génomique intégrative du cancer qui sera le référent du projet ATRACTion. Conjointement affilié avec le département de la Recherche Translationnelle et l’unité U830 de l’Inserm, sa contribution se traduira par une approche informatique visant à coordonner les essais de profilage de l’ARN unicellulaire et de la chromatine (ie scRNAseq and scATACseq).

“Ce projet joue un rôle crucial dans la compréhension des mécanismes du cancer pour deux raisons, résume Joshu Waterfall. Premièrement, quelques-uns de ces patients ont un risque important de développer certaines formes de cancer dues à leur déficit immunitaire primaire. Deuxièmement, mon groupe utilise ces mêmes techniques pour étudier la réponse immunitaire aux tumeurs solides. Je m’attends donc à ce que beaucoup de populations immunitaires identifiées, et certainement beaucoup d’outils de calcul que nous allons développer, soient applicables à l’immunologie tumorale en général.”