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Coup de pouce européen pour Danijela Vignjevic

Céline Giustranti
13/12/2017
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Entre biologie et physique, ainsi se développe le sujet de recherche de Danijela Vignjevic. Et c’est là toute l’originalité de son approche pour comprendre le développement des cancers du côlon.

Danijela Vignjevic

L’ERC (ERC pour European Research Council), c’est en quelque sorte le Graal pour les chercheurs. Ce financement hautement compétitif du conseil européen de la Recherche se décline en différentes catégories pour récompenser aussi bien les jeunes chercheurs que les séniors. Après avoir bénéficié d’un tel financement en tant que jeune chercheuse en 2012 et avoir ainsi pu monter son équipe, Danijela Vignjevic, directrice de recherche Inserm se voit cette fois-ci attribuer de nouveau financement hautement compétitif mais en tant que chercheur confirmé, un ERC consolidator.

Danijela Vignjevic, entre biologie et physique

En 2004, quant à l’issue de son doctorat effectué à Chicago, le Pr Daniel Louvard, alors directeur du Centre de Recherche de l’Institut Curie, lui propose de développer son propre sujet de recherche au sein de son équipe, Danijela Vignjevic se jette avec enthousiasme dans l’aventure. Cette fantastique opportunité – comme elle la qualifie elle-même – va lui permettre de poursuivre les travaux entrepris pendant sa thèse sur la mobilité cellulaire dans des modèles in vitro sur des modèles animaux. Mais en rejoignant l’Institut Curie, Danijela Vignjevic pense aussi aux formidables possibilités offertes par la plateforme d’imagerie, l’une des plus performantes du monde de la recherche. Tout est réuni pour qu’elle puisse voir les cellules intestinales bouger et ainsi mieux comprendre leur fonctionnement, leur transformation tumorale et les méthodes utilisées pour envahir d’autres tissus pendant le développement tumoral.

En 2012, un premier financement de l’ERC dans la catégorie starting, va l’aider à l’heure où elle monte sa propre sa propre équipe de recherche. Elle acquiert ainsi un microscope bi-photonique, et s’ouvre alors la possibilité d’observer les cellules autrement et donc d’en savoir plus. En parallèle elle poursuit le développement de projets entre biologie cellulaire, cancérologie et physique.

En effet en utilisant des biopsies intestinales cultivées ex vivo et la microscopie bi-photonique, Danijela Vignjevic s’attèle à l’une des questions encore en suspens chez les spécialistes de la migration cellulaire, à savoir est-ce que les cellules intestinales migrent de façon active ou sont-elles passivement « poussées » sous la pression des divisions cellulaires.

Avec son équipe, elle met au point des cultures cellulaires in vitro en 3 dimensions, soit des conditions plus proches de la réalité physiologique que les habituelles cultures de cellules sur des lamelles plates. « Avec ces systèmes innovants et appropriés, nous espérons pouvoir tester, entre autres, les effets des composants du microenvironnement sur la mobilité des cellules cancéreuses » explique la jeune chef de l’équipe migration et invasion cellulaire. Un nouveau défi qui ne fait pas peur à cette jeune chercheuse à qui ce nouveau financement de l’ERC va permettre de passer un nouveau cap.

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