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Olivier Lantz, lauréat d’un ERC Advanced Grant 2019

Sabine D'Andrea
15/06/2020
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Olivier Lantz, médecin et responsable de l’équipe Lymphocytes T CD4, lymphocytes innés et cancer à l’Institut Curie s’est vu attribuer l’un des 6 ERC Advanced Grant français en biologie pour l’année 2019.
olivier lantz

Ce financement européen prestigieux de 2,5 millions d’euros va lui permettre de poursuivre ses recherches sur les cellules MAIT qu’il a découvertes en 1999.

Les cellules MAIT pour Mucosal-Associated Invariant T Cells constituent une catégorie particulière de lymphocytes T au sein du système immunitaire. Ces globules blancs sont assez uniques dans le monde animal : ils existent uniquement chez les mammifères et sont très abondants chez l’homme. On les rencontre principalement dans les muqueuses intestinales et pulmonaires, mais on les retrouve aussi dans le sang où ils peuvent représenter jusqu’à 10% des lymphocytes T circulants.

Si on sait que les cellules MAIT sont activées en présence d’une bactérie, d’une levure ou dans des circonstances inflammatoires précises, leur rôle exact demeure inconnu. L’ERC attribué à Olivier Lantz vise à éclaircir ce point.

Ces cellules sont très conservées au cours de l’évolution. Cela suggère, pour l’organisme, une fonction importante. Le récepteur auquel elles se lient, MR1, a la particularité d’être identique chez tous les individus, quand d’autres molécules du même type varient énormément d’un individu à l’autre !

 explique Olivier Lantz.

Parmi les différentes fonctions envisagées, Olivier Lantz a choisi d’explorer les propriétés réparatrices de ces cellules dans les tissus. Après avoir montré auparavant que les cellules MAIT protègent contre certaines infections bactériennes, il propose d’étudier l’impact des cellules MAIT au cours de deux situations où les tissus subissent des destructions sans infection bactérienne importante :

  • La première consiste à caractériser l’implication des cellules MAIT dans le processus de cicatrisation de la peau après une agression physique. Des résultats déjà obtenus montrent que des plaies cutanées expérimentales cicatrisent plus lentement en l'absence de cellules MAIT. Un des buts du projet sera de préciser la nature des facteurs sécrétés par les cellules MAIT impliqués dans cet effet favorable. Une autre question sera le rôle éventuel dans cette protection des bactéries trouvées normalement dans la peau.
  • Un second pan de l’étude est consacré au rôle des cellules MAIT dans le poumon lors d’une infection d’origine virale, la grippe. Là aussi, des résultats déjà obtenus montrent que la grippe est plus grave en l'absence de cellules MAIT. La charge bactérienne dans le poumon étant faible, les cellules MAIT sont probablement activés par des facteurs solubles. Le projet étudiera comment les cellules MAIT sont activées et comment elles exercent leur action protectrice. 

Mes premiers travaux sur les cellules MAIT datent de 1993 ! Et il reste encore tant de choses à découvrir ! Cet ERC est une excellente nouvelle, se félicite Olivier Lantz. Il reconnait tout le travail effectué depuis des années sur ce sujet et nous permet, avec mon équipe, d’envisager la suite plus sereinement.

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