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Puja Singh : les microtubules comme fil conducteur

Céline Giustranti
15/06/2016
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Pour la deuxième année consécutive, la subvention du comité de l’Essonne de la Ligue contre le cancer, attribuée en hommage à un ancien chercheur de l’Institut Curie Georges Calothy, a été remise à une jeune post-doctorante du site d’Orsay de l’Institut. Cette année, c’est Puja Singh qui va ainsi pouvoir poursuivre ses recherches.
Les microtubules

Les microtubules guident la jeune chercheuse Puja Singh. Rien d’étonnant à cela puisque ces structures constituées d’un assemblage de protéines sont souvent décrites comme les rails de la cellule. Elles forment un maillage dans la cellule qui dicte sa forme et sert au transport de nombreuses vésicules, molécules et mêmes des chromosomes pendant la division de la cellule. C’est à cette étape que la jeune chercheuse avait consacrée son doctorat effectué dans l’équipe de Tapas K. Manna à l'Indian Institute of Science Education and Research (IISER) de Thiruvananthapuram (Inde). Elle y a creusé avec succès les mécanismes moléculaires qui régulent les liens entre les microtubules et leur centre organisateur, le centrosome.

Le mécano des microtubules

En 2016, grâce à une subvention du comité de l’Essonne de la Ligue contre le cancer, elle a rejoint l’équipe Régulation de la dynamique des microtubules et de leurs fonctions (CNRS/Institut Curie) dirigée par Carsten Janke. Dans ce nouvel environnement, elle va se consacrer à élucider comment l’assemblage et la stabilisation des microtubules sont contrôlés tout au long de la vie de la cellule. Ces longues fibres sont faites d’une succession de protéines qui s’appellent "tubuline". Apres leur assemblage, les constituants de base des microtubules peuvent être modifiés chimiquement, et de cette façon, devenir spécialisés pour certains fonctionnes dans la cellule. Sous le contrôle de plusieurs enzymes, les tubulines se voient doter de chaînes latérales d’acides glutamiques, c’est la polyglutamylation qui, comme tout mécanisme cellulaire, peut se dérégler. "Au cours de ce post-doc, mes recherches vont se focaliser sur le rôle de la polyglutamylation au cours du cycle cellulaire, explique Puja Singh. Car il ne faut jamais perdre de vue que le cancer survient suite à un désordre cellulaire. Des erreurs de polyglutamylation pourraient donc entrer dans le jeu de la cancérogenèse." Mais si les microtubules fascinent tant les chercheurs, c’est aussi parce qu’ils sont une cible privilégiée des chimiothérapies. Bien que l’on fête en 2016 les 50 ans de leur découverte, les rails de la cellule ont encore une longue vie d’étude et de recherche devant eux.

En savoir plus

Désormais, une subvention en hommage à Georges Calothy sera attribuée chaque année par le comité de l’Essonne de la Ligue contre le cancer à un jeune chercheur effectuant son post-doctorat dans le domaine de la cancérologie. Directeur de recherche émérite au CNRS, Georges Calothy a été chercheur à l’Institut de 1973 jusqu’à sa mort en 2011. Il a mené des travaux de recherche pionniers sur les mécanismes d'action des rétrovirus oncogènes et a longtemps été président du conseil scientifique du comité de l'Essonne de la Ligue Contre le Cancer.