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Après 20 ans d’interface physique biologie, l’avenir se profile…

Mathilde Regnault
09/11/2016
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A l’occasion des 20 ans du laboratoire Physico-chimie Curie, son directeur, Maxime Dahan, envisage les enjeux à venir et des perspectives pour ce qui fut un pilier de l’interface entre physique et biologie, désormais considérée comme essentielle pour mieux comprendre le vivant.
Recherche dans le laboratoire de Sebastian Amigorena

Recherche dans le laboratoire de Sebastian Amigorena, porteur du projet Centre d’immunothérapie de l’Institut Curie, dans le cadre du projet d’établissement 2015-2020.

En 1996, l’unité Physico-chimie Curie (Institut Curie/CNRS/UPMC) est née de la conviction que la collaboration entre physiciens et biologistes peut aboutir à de nouveaux concepts en biologie. Si, aujourd’hui, nul ne remet en question son apport à la compréhension du vivant, le Pr Daniel Louvard, ancien directeur du Centre de Recherche, à l’initiative de cette interface avec le physicien théoricien, Jacques Prost, et le biologiste, Michel Bornens, rappelle qu'"il a fallu batailler pour faire accepter ce concept qui permet d’explorer des domaines nouveaux et prometteurs".

20 ans : l’âge de la maturité

"Depuis les succès se sont succédé et les domaines ayant bénéficié de ce double regard sont nombreux : migration cellulaire, fonctionnement des membranes, adhésion cellulaire, processus hors d'équilibre dans la cellule, contraintes biomécaniques…", explique l’actuel directeur de cette unité, Maxime Dahan, qui a succédé en 2013 à Jean-François Joanny, aujourd’hui directeur de l’ESPCI Paris Tech. A cela s’ajoutent les nombreux développements technologiques aujourd’hui utilisés en routine pour observer la cellule, manipuler son comportement, mesurer les forces mises en jeu... Autant d’avancées qui permettent désormais de mieux comprendre le fonctionnement de la cellule dans son environnement. En 20 ans, de nombreux pans de la biologie ont pu être éclairés d’un jour nouveau (cf. liste des dernières actualités de l’unité ci-dessous).

L’avenir se construit dès aujourd’hui

De nouvelles étapes vont maintenant être franchies, notamment grâce au recrutement de nouvelles équipes. Arrivée il y un peu plus d’un an, Leïla Perié dont les recherches sont à l’interface de l’immunologie, de la physique et des mathématiques, étudie la genèse des différents types de cellules impliquées dans l’hématopoïèse. Quant à Antoine Coulon, qui va prochainement démarrer son équipe conjointement entre l’unité de Physico-chimie et celle de Dynamique du noyau dirigée par Angéla Taddei, il s’intéresse aux problèmes des fluctuations spatiales et temporelles dans l’expression génique.

Au cours de ces 20 années, plus de 215 jeunes chercheurs ont effectué leur thèse ou leur post-doctorat dans l’unité et œuvrent désormais dans d’autres institutions, en France ou à l’étranger, pour promouvoir cette interdisciplinarité. De nombreux liens se sont tissés avec des chercheurs de l’Institut Curie ou d’autres institutions en France et à l’international, ce qui donne encore une dimension et des perspectives supplémentaires à cette interface.

Et demain ?

Si ce rapprochement a permis de repenser de nombreux aspects des propriétés de la cellule, il commence maintenant à faire des émules en médecine. Le 10 novembre 2016, lors d’une journée faisant le point sur le chemin parcouru par ce laboratoire, des chercheurs de l’unité ont fait la démonstration d’outils de réalité virtuelle  pour l’exploration 3D des cellules ou de tissus. Ces techniques de visualisation ne laissent pas indifférents les médecins et de premiers liens se tissent avec l’Ensemble Hospitalier. "Tout comme l’Institut Curie fut précurseur du rapprochement entre physique et biologie, aujourd’hui nous sommes en train d’établir les bases d’une interaction physique clinique qui, sans nul doute, apportera une nouvelle vision du cancer ainsi que des réponses totalement nouvelles à sa prise en charge", conclut Maxime Dahan.